jeudi 19 mai 2022
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Nicolas Croesi : « L’anonymat que permet Internet peut donner lieu à certaines dérives »

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Nicolas Croesi, cinquième adjoint délégué à la communication pour la mairie de Monaco, estime que si la principauté est moins touchée que d’autres pays, elle n’est pas totalement à l’abri de campagnes de désinformation ou de déstabilisation. Interview.

Comment jugez-vous le poids et l’influence d’Internet et des réseaux sociaux dans les élections qui se déroulent à Monaco ?

À Monaco, comme partout dans le monde, Internet est devenu depuis plusieurs années, et de façon croissante, un média à part entière qui joue un rôle considérable dans la diffusion d’informations et le relais d’opinions. Outre les titres de presse classiques qui sont présents en ligne, les réseaux sociaux sont, bien sûr, une caisse de résonance singulière. Ils permettent aux candidats, à leurs soutiens, à leurs opposants, bref à tout un chacun, de diffuser des messages et d’exprimer leurs opinions. En période électorale, Internet est un outil de poids, car on touche directement les électeurs au plus proche, sur leur smartphone ou leur ordinateur, à tout moment, et à grande échelle. Indéniablement, Internet est un canal majeur dans une campagne électorale.

Sur Internet et les réseaux sociaux, quels sont les plus gros dangers qui guettent Monaco et ses institutions ?

L’anonymat que permet Internet, notamment sur les réseaux sociaux, peut malheureusement donner lieu à certaines dérives, de la diffusion de fausses informations aux propos injurieux, au dénigrement, et à la diffamation. Monaco n’échappe pas à cela, peut-être de façon plus mesurée cependant.

« Hors période électorale, la mairie a déjà rencontré ce problème à plusieurs reprises, avec de faux comptes du maire, créés plutôt dans un but frauduleux que de manipulation de l’information »

Aujourd’hui, comment Monaco se protège-t-il des faux comptes qui polluent parfois le débat public sur les réseaux sociaux, en diffusant massivement de fausses informations pour influencer une élection ou manipuler l’information ?

Compte tenu de la taille assez réduite de notre communauté, il me semble plus difficile de manipuler l’opinion au point de fausser une élection à Monaco, ces manœuvres n’étant pas réalisées à une échelle « industrielle » et organisées. Même si, bien sûr, la rumeur peut toujours instiller le doute. Ici, l’accès à l’information officielle est plus direct, car les circuits sont plus courts dans un petit État comme le nôtre. Et je pense que cela permet de détecter plus facilement les fausses informations. Cependant, nous pouvons, bien sûr, être confrontés à de faux comptes.

Un exemple ?

Hors période électorale, la mairie a déjà rencontré ce problème à plusieurs reprises, avec de faux comptes du maire, créés plutôt dans un but frauduleux que de manipulation de l’information. Il faut avouer que les administrateurs des réseaux sociaux sont assez longs à réagir, suite à un signalement, et qu’il est assez fastidieux de faire supprimer ces faux comptes. Mais nous avons pu compter sur l’appui des autorités, comme la sûreté publique. Malheureusement, il est quasiment impossible de faire supprimer des faux comptes anonymes qui n’usurpent l’identité de personnes.

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