samedi 28 janvier 2023
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Élection nationale 2023 — Union Nationale Monégasque : entre alliances et absences surprises

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C’est le premier mouvement en vue de l’élection nationale du 5 février 2023. Brigitte Boccone-Pagès, présidente du Conseil national, a présenté sa liste Union Nationale Monégasque.

Exit Priorité Monaco (Primo !). Le parti de la majorité créé par Stéphane Valeri en 2017 change de nom et devient l’Union Nationale Monégasque (UNM). La présidente du Conseil national, Brigitte Boccone-Pagès, candidate à sa succession, a présenté lundi 17 octobre 2022 à la presse l’UNM. C’est avec cette équipe qu’elle fera campagne jusqu’à l’élection du 5 février 2023, aux côtés de 23 colistières et colistiers, dont 12 sont des élus Primo ! sortants [lire notre encadré — NDLR]. La sémantique choisie pour cette force politique est à l’image du contexte dans lequel cette campagne évolue. Pas de « parti », mais une « union », qui renvoie au rassemblement et au collectif, davantage qu’au combat et à la scission.

La sémantique choisie pour cette force politique est à l’image du contexte dans lequel cette campagne évolue. Pas de «parti», mais une «union», qui renvoie au rassemblement et au collectif, davantage qu’au combat et à la scission

Alors que Monaco Hebdo bouclait ce numéro, le 18 octobre 2022, aucune liste concurrente ne s’était présentée, malgré quelques rumeurs. Seul Daniel Boeri a fait un pas en avant, sans toutefois présenter officiellement une liste d’un minimum de 13 personnes, condition sine qua non pour partir à la conquête de l’hémicycle. Cet ancien élu Primo !, membre de la majorité pendant plus de quatre ans, avant de démissionner en juillet 2022 par divergence d’opinion selon lui, a lancé le groupe des Non-inscrits monégasques (NIM), un groupe de réflexion politique. Mis à part lui, personne d’autre personne d’autre n’a avancé ses pions dans cette campagne. Si projet clair, cohérent et fédérateur il devait alors y avoir aujourd’hui pour incarner l’opposition, celui-ci se fait encore bien discret. Du coup, pour le moment, c’est un véritable boulevard qui semble s’offrir à Brigitte Boccone-Pagès et à son UNM. Au vu de la liste présentée, les oppositions et dissonances d’hier semblent assagies, pour ne pas dire endormies, derrière une équipe qui se sent « solide », comme l’affirme la tête de liste.

Pour le moment, c’est un véritable boulevard qui semble s’offrir à Brigitte Boccone-Pagès et à son UNM. Au vu de la liste présentée, les oppositions et dissonances d’hier semblent assagies, pour ne pas dire endormies, derrière une équipe qui se sent « solide », comme l’affirme la tête de liste

Des ralliements

Le temps a fait son œuvre pour la « famille Valeri », dont Brigitte Boccone-Pagès a officiellement repris le flambeau le 6 octobre 2022 après la nomination de Stéphane Valeri, son prédécesseur, à la tête de la Société des Bains de Mer (SBM). Hier opposants directs à Primo !, Jean-Louis Grinda (Union Monégasque) et Béatrice Fresko-Rolfo (Horizon Monaco), s’affichent désormais au coude-à-coude avec la nouvelle présidente du Conseil national dans cette campagne, convaincus par son projet : « En février prochain, nous voulons que les grands choix appartiennent aux Monégasques, non entre une équipe et une autre équipe interchangeable, mais avec une équipe solide, unie, qui aura fait la synthèse des idées et propositions que la campagne mettra à jour », assure la tête de liste de l’UNM. Un projet capable d’être cohérent, malgré les sensibilités hier discordantes ? « Oui, trois fois oui », répond la présidente du Conseil national. Trois, comme la voix de la majorité, et celles d’Union Monégasque (UM) et d’Horizon Monaco (HM) réunies, et désormais digérées. « Tu as montré une ouverture d’esprit dans toutes les discussions que nous avons eues. Nous pouvons faire un beau programme avec beaucoup d’idées, je suis heureuse de rejoindre une liste qui rassemble et non plus qui divise. Cette agrégation va permettre de présenter un beau projet dans l’intérêt des Monégasques, et c’est ce qui m’importe, a déclaré Béatrice Fresko-Rolfo lors de la présentation de liste. Je vais continuer à porter mes convictions et mes idées, pour ceux qui m’ont fait confiance en 2018. Mais je vais, en même temps, échanger avec tous les colistiers, et j’ai hâte de travailler avec eux sur le programme. »

« Je vais continuer à porter mes convictions et mes idées, pour ceux qui m’ont fait confiance en 2018. Mais je vais, en même temps, échanger avec tous les colistiers, et j’ai hâte de travailler avec eux sur le programme »

Béatrice Fresko-Rolfo. Candidate UNM

À ses côtés, Béatrice Fresko-Rolfo n’avancera pas seule, puisqu’elle est accompagnée par Jade Aureglia et Mathilde Le Clerc, candidates malheureuses de la liste HM, lors des élections de 2018. Elles font désormais partie de la liste des 24 candidats de l’UNM. Jean-Louis Grinda fait de même avec Christophe Brico et Bernard Pasquier, candidats sur la liste UM en 2018, mais sans succès. L’avocate Christine Pasquier-Ciulla, créatrice en 2003 du Parti Monégasque (PM), un groupe politique qui s’est uni à une autre formation politique dirigée par Laurent Nouvion, Valeurs & Enjeux, en 2007, est aussi sur la liste de l’UNM. Après avoir été élue au Conseil national pendant dix ans, elle avait décidé en novembre 2007 de ne pas se présenter pour un troisième mandat. « Comment voulez-vous qu’on ne suive pas une femme pareille ? », a ainsi déclaré Jean-Louis Grinda, non sans humour. « On a bien pu constater lors de ce mandat que l’union a fait la force, notamment dans les commissions liées au développement de la crise Covid. Et que notre parole était beaucoup plus efficace. Cette union n’est pas là pour faire joli. Nous avons des opinions parfois différentes sur des sujets, mais nous avons des éléments qui nous rassemblent, et qui font passer au premier plan des éléments de bien-être de ce pays, de sa population, de ses résidents, qu’ils soient d’ailleurs Monégasques, ou pas. Et nous ne pensons qu’à l’intérêt général. Donc, éloignons-nous des postures inutiles et clivantes, rassemblons-nous pour un beau projet. Derrière vous, chère présidente, nous serons unis, et je m’y engage. » Cette union se fera cependant sans certains élus de la majorité Primo !. L’absence de certains a étonné.

« Nous avons des opinions parfois différentes sur des sujets, mais nous avons des éléments qui nous rassemblent, et qui font passer au premier plan des éléments de bien-être de ce pays »

Jean-Louis Grinda. Candidat UNM

Un absent surprise

Parmi les élus de la majorité actuelle, Michèle Dittlot, vice-présidente de la commission de la culture et du patrimoine, ne poursuit pas l’aventure politique. Pierre Van Klaveren, qui avait démissionné de son poste d’administrateur principal à la direction de l’expansion économique en septembre 2022, comme annoncé au journal officiel du 14 octobre 2022, ne rempilera pas non plus avec le groupe majoritaire. Même chose pour Pierre Bardy et Jean-Charles Emmerich, porteur de deux projets de loi pendant cette mandature 2018-2023, l’un sur la technologie Blockchain, l’autre sur la réforme du Code pénal et du code de procédure pénale. Autre absent de la liste, plus surprenant cette fois : Marc Mourou. L’élu de 36 ans, qui venait de succéder à Christophe Robino à la présidence de la commission des intérêts sociaux et des affaires diverses, après que ce dernier ait rejoint le gouvernement monégasque au poste de conseiller-ministre pour la santé et les affaires sociales le 13 avril 2022, ne fait pas partie des 24 candidats de l’UNM. Également président de la commission de l’éducation, de la jeunesse et des sports précédemment, les différentes prises de responsabilité de Marc Mourou pouvaient laisser croire en un avenir politique immédiat, surtout que cet élu avait recueilli 2 771 suffrages en 2018 et qu’il figurait parmi les élus les plus populaires de la liste Primo !. Il s’est classé en troisième position, derrière Stéphane Valeri et Christophe Robino. Finalement, cette campagne n’est donc pas aussi linéaire qu’elle le semblait. L’avenir réservera-t-il d’autres surprises ?

Union Nationale Monégasque
Les 24 candidats pour l’élection nationale du 5 février 2023 14 élus sortants (1):

Brigitte Boccone-Pagès (tête de liste)
63 ans, retraitée de l’enseignement, présidente du Conseil national
Karen Aliprendi,
36 ans, entrepreneuse, conseillère nationale
Nathalie Amoratti-Blanc,
58 ans, attachée de direction à la résidence A Quietüdine, conseillère nationale et présidente de la commission des droits de la femme et de la famille
Corine Bertani,
63 ans, directrice d’agence de voyages, conseillère nationale
Thomas Brezzo,
43 ans, avocat, président de la commission de législation au Conseil national
Béatrice Fresko-Rolfo,
53 ans, présidente d’association et conseillère nationale
Marie-Noëlle Gibelli,
65 ans, retraitée directeur des soins du centre hospitalier princesse Grace (CHPG), et conseillère nationale
Jean-Louis Grinda,
62 ans, directeur de l’opéra de Monte-Carlo, metteur en scène et directeur de festivals, conseiller national et président de la commission pour le suivi du fonds de réserve constitutionnel et la modernisation des comptes publics
Marine Grisoul,
34 ans, diététicienne nutritionniste, conseillère nationale et présidente de la commission de l’éducation, de la jeunesse et des sports
Franck Julien,
58 ans, consultant, conseiller national et président de la commission pour le développement du numérique
Franck Lobono,
54 ans, chef d’entreprise, conseiller national et président de la commission du logement
Fabrice Notari,
64 ans, architecte, conseiller national et président de la commission pour le suivi de la négociation avec l’Union européenne (UE)
Guillaume Rose,
53 ans, directeur général exécutif du Monaco Economic Board (MEB), conseiller national, et président de la commission environnement et qualité de vie
Balthazar Seydoux,
51 ans, dirigeant d’un cabinet de recrutement, vice-président du Conseil national et président de la commission des finances et de l’économie nationale
1) Par rapport à l’élection nationale du 11 février 2018.

10 nouveaux candidats (1) :

Jade Aureglia,
37 ans, cheffe de projet
Maryse Battaglia,
65 ans, chargée des affaires sociales au cabinet de la présidente du Conseil national
Régis Bergonzi,
45 ans, avocat-défenseur
Christophe Brico,
43 ans, chargé des affaires économiques au Conseil national
Nicolas Croesi,
41 ans, agent immobilier
Mathilde Le Clerc,
31 ans, coordinatrice du groupe politique au Conseil national
Roland Mouflard,
37 ans, chef d’entreprise
Mikaël Palmaro,
42 ans, employé de jeux à la Société des Bains de Mer (SBM)
Bernard Pasquier (doyen),
68 ans, administrateur de sociétés
Christine Pasquier-Ciulla,
58 ans, avocat-défenseur
1) Par rapport à l’élection nationale du 11 février 2018.

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