jeudi 19 mai 2022
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Céline Caron-Dagioni : « Je suis pour l’équilibre »

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Céline Caron-Dagioni, conseillère-ministre pour l’équipement, l’environnement et l’urbanisme depuis le 1er septembre 2021, a longuement reçu Monaco Hebdo. Elle se raconte, et évoque sa vision, sa méthode de travail, ainsi que ses dossiers prioritaires. Interview.

Votre parcours ?

Après mon bac, j’ai fait mes études à l’extérieur de la principauté. J’ai ressenti le besoin de sortir de Monaco pour découvrir le monde. Pour commencer, je ne suis pas partie trop loin, puisque je suis allée à Aix-en-Provence. Mais c’était déjà l’aventure. Ensuite, j’ai enchaîné, et je suis arrivée en Grande-Bretagne. J’ai obtenu un DESS de commerce international, donc j’ai principalement bénéficié d’une formation économique. Un mois après la fin de mes études, en 1996, le hasard a fait que j’ai rapidement trouvé du travail en principauté, chez Mecaplast, une entreprise qui travaille à l’international. Ça a été une très belle rencontre avec Charles Manni et sa famille.

Pourquoi avoir rejoint le service public ?

Mon envie de travailler pour le service public, et pour mon, pays était quelque chose de profondément ancré en moi. Quand on est expatrié, on prend mieux conscience de la richesse de Monaco, de ce micro-État qui rayonne à l’international. J’ai eu envie de contribuer à cela, avec en parallèle l’envie de rester dans le monde économique. Début 2 000, après quatre ans chez Mecaplast, je pensais quitter la principauté, et poursuivre ma carrière à l’étranger. Et puis, par le hasard d’une rencontre, j’ai pu commencer mon aventure dans l’administration. D’abord à la direction de l’expansion économique. Même si ce passage a été assez bref, cela m’a permis de comprendre comment fonctionnaient les différentes activités économiques.

« Mon envie de travailler pour le service public, et pour mon pays, était quelque chose de profondément ancré en moi. Quand on est expatrié, on prend mieux conscience de la richesse de Monaco, de ce micro-état qui rayonne à l’international. J’ai eu envie de contribuer à cela »

Et ensuite ?

Très rapidement, je suis partie à la direction des services fiscaux, où je suis restée 6 ou 7 ans. C’est une direction très technique, très enrichissante, au cœur de l’une des composantes du budget de la principauté. Franck Biancheri était alors conseiller-ministre pour les finances et l’économie de 2000 à 2006. Il connaissait mon parcours, et j’ai poursuivi plus tard avec lui au département des relations extérieures, lorsqu’il en a pris la direction. Là, j’ai continué à travailler en fiscalité internationale. À l’époque, Monaco signait les accords de non-double imposition. Des affaires économiques internationales étaient à cheval entre le département des finances et des relations extérieures. Je suis restée environ un an. Et puis, il y a eu des mouvements dans la composition du gouvernement.

Que s’est-il passé ?

L’opportunité de rejoindre le département des affaires sociales s’est présentée en 2010. J’avais vu l’économie internationale, et l’économie en interne, avec la création d’entreprises et la fiscalité. Il me manquait une clé, qui était le social, avec le droit du travail et la gestion sociale d’une entreprise, vue du côté de l’administration. J’ai géré cela sous l’égide de Stéphane Valeri, qui était conseiller-ministre pour les affaires sociales et la santé. Dialogue social, plans sociaux, gestion du conseil d’administration du centre hospitalier princesse Grace (CHPG) en partenariat avec la direction de l’hôpital, la reprise de l’IM2S dont j’ai été nommée présidente-déléguée pour redresser cette clinique… Les missions ont été variées, et j’ai pu mettre à profit l’ensemble de mes compétences économiques pour l’intérêt collectif, et pas pour l’intérêt particulier d’une entreprise. Pour moi, cela a beaucoup de sens. Me mettre au service de mon État et de la collectivité, c’est important pour moi.

Céline Caron-Dagioni conseillère-ministre pour l’équipement, l’environnement et l’urbanisme à Monaco
© Iulian Giurca / Monaco Hebdo

Vous avez changé de poste ensuite ?

En 2018, j’ai été détachée auprès de l’institut océanographique pendant trois ans. J’ai occupé les fonctions de secrétaire générale. Là, j’ai retrouvé le mélange du privé-public, puisque c’est une institution privée, mais pas complètement. Et c’est aussi très politique. Ensuite, en septembre 2021, j’ai été appelée à prendre le fauteuil de conseiller-ministre pour l’équipement, l’environnement et l’urbanisme.

Comment s’est déroulée votre prise de fonction ?

Cette prise de fonction a été une révolution émotionnelle. C’est une responsabilité importante. Les gens vous regardent beaucoup. Il a d’abord fallu que je me familiarise avec ce nouvel environnement. Les premiers temps, comme vous le savez, j’ai refusé beaucoup d’interviews. Parce que, pour moi, ce n’était pas le moment. Ma priorité, c’était d’aller au contact des équipes, d’observer, d’écouter et de dialoguer. Le département que je pilote aujourd’hui regroupe 800 personnes, avec des métiers et des profils complètement différents. Et donc des matières qu’il fallait que j’apprécie et que je touche du doigt. Ensuite, j’ai multiplié les réunions avec les chefs de services, pour comprendre leurs problématiques. Je suis quelqu’un qui travaille énormément en équipe, donc j’avais besoin qu’ils me ressentent et que je les ressente aussi dans leurs différentes fonctionnalités et personnalités.

« En 2018, j’ai été détachée auprès de l’institut océanographique pendant trois ans. J’ai occupé les fonctions de secrétaire générale. Là, j’ai retrouvé le mélange du privé-public, puisque c’est une institution privée, mais pas complètement. Et c’est aussi très politique »

Quelles ont été vos premières décisions ?

On a toujours le sentiment que, lorsqu’une nouvelle personne arrive, d’un coup de baguette magique tout change. Moi, je suis plutôt dans une continuité. Ma chance, c’est que je connais très bien mon prédécesseur, Marie-Pierre Gramaglia, dont je suis très proche. Nous sommes au service du souverain. Donc les décisions sont les siennes. Nous, nous sommes là pour les mettre en œuvre du mieux qu’on peut. Je n’ai donc pas le sentiment de devoir casser la machine et refaire autre chose.

Comment décririez-vous votre méthode de travail ?

J’accompagne des projets lancés avant moi, je diagnostique les problèmes rencontrés par les équipes. Et j’apporte ma lecture et ma manière de faire pour adapter et réorienter, si nécessaire.

Les élus du Conseil national ont déploré un manque de dialogue en séance publique, en décembre 2021, notamment sur l’avancée des chantiers : de quelle façon travaillez-vous avec les conseillers nationaux ?

Les séances publiques sont toujours un moment privilégié entre les deux institutions que sont le Conseil national et le gouvernement. Chacun a son rôle et il est légitime que l’on ait des débats qui sont contradictoires. Les questions en public ne me dérangent pas, même les plus dérangeantes. Au-delà des séances publiques, il y a un grand nombre de séances privées qui se déroulent avec les élus du Conseil national. Et au-delà des séances privées qui précédent toujours les séances publiques, il y a des commissions d’études plénières sur des sujets spécifiques. Donc je m’attache à essayer d’apporter, avec la plus grande transparence, les réponses aux questions posées par les conseillers nationaux. Parfois, ils n’obtiennent peut-être pas les réponses qu’ils attendent. Mais pour moi, les échanges doivent être francs, courtois et respectueux des deux institutions. Le gouvernement a besoin du Conseil national, et le Conseil national a besoin du gouvernement, parce que c’est ainsi que fonctionnent nos institutions et notre État. Par expérience, ce sont souvent les débats les plus contradictoires qui débouchent sur les solutions les plus équilibrées, qui ne sont jamais remises en question plus tard.

Céline Caron-Dagioni conseillère-ministre pour l’équipement, l’environnement et l’urbanisme à Monaco
« Chaque chantier est un défi. Un défi pour parvenir à respecter l’ensemble de ce que le bâtiment doit représenter. Un défi aussi parce qu’il présuppose le Monaco de demain. Chaque nouveau bâtiment contribue à redessiner notre urbanité et le visage de la principauté dans quelques années. » Céline Caron-Dagioni. Conseillère-ministre pour l’équipement, l’environnement et l’urbanisme. © Iulian Giurca / Monaco Hebdo

Où en est le plan national pour le logement des Monégasques, lancé le 11 mars 2019 par le prince Albert II, et qui prévoyait la construction de 1 363 logements entre 2019 et 2033 ?

Cet engagement pris par le prince Albert II est un engagement sur lequel l’ensemble du gouvernement est mobilisé, avec en tout premier lieu, le ministre d’État, qui pilote particulièrement cette question. Aujourd’hui, nous avons des réunions de travail avec le Conseil national, au cours desquelles nous devons partager des options sur des opérations. Il y a des plus et des moins, mais tout ça fait l’objet d’un arbitrage, avec pour objectif la recherche d’un consensus, pour respecter les délais de livraison de ces appartements. Ces questions sont difficiles. À Monaco, le foncier est très rare. Faire une opération provoque des nuisances par ailleurs, donc c’est toujours un jeu d’équilibriste. Cet équilibre est fragile, donc chaque décision doit être bien mesurée, afin de prendre en considération toutes les contraintes liées à chaque chantier.

D’ici la fin 2023, près de 600 logements neufs devraient être proposés aux foyers monégasques [à ce sujet, voir notre encadré « Logements domaniaux 2021-2024 : ce qui a été livré, ce qu’il reste à construire », par ailleurs — NDLR] : ce sera bien le cas ?

Nous avons l’opération Testimonio II qui sera terminée en fin d’année 2022. Puis, nous aurons la livraison de Testimonio II bis, la surélévation des Mélèzes, le palais Honoria au boulevard de Belgique, la Villa Carmella, et le Grand Ida. Il s’agit de grosses opérations qui seront bouclées dans un délai assez court. Donc je ne suis pas inquiète sur notre capacité à répondre à ces attentes, et aux directives insufflées par le prince Albert II.

« Le département que je pilote aujourd’hui regroupe 800 personnes, avec des métiers et des profils complètement différents. Et donc des matières qu’il fallait que j’apprécie et que je touche du doigt. Ensuite, j’ai multiplié les réunions avec les chefs de services, pour comprendre leurs problématiques »

Quels sont les chantiers qui posent problème et pourquoi ?

Il est réducteur de résumer les chantiers aux problèmes qu’ils peuvent parfois poser. Construire dans un milieu ultra-urbain comme le nôtre est un problème en soi. Chaque chantier a ses spécificités. De plus, un chantier peut parfois être en interaction avec un autre chantier situé à proximité. Je n’aime pas trop voir les chantiers comme étant un problème. Pour moi, chaque chantier est un défi. Un défi pour parvenir à respecter l’ensemble de ce que le bâtiment doit représenter. Un défi aussi, parce qu’il présuppose le Monaco de demain. Chaque nouveau bâtiment contribue à redessiner notre urbanité et le visage de la principauté dans quelques années.

À ce jour [cette interview a été réalisée le 31 mars 2022 — NDLR], le calendrier et les coûts envisagés sont respectés ?

Cette question est inhérente à notre capacité à tenir des programmes. Aujourd’hui, quand on dit « une opération a pris du retard », on oublie de dire qu’en cours de route on a changé le contenu de cette opération. C’est un grand classique. Donc, notre challenge à tous, c’est de bien réfléchir au programme que l’on veut, pour ne pas avoir à le modifier drastiquement. Sinon on prend du retard et on augmente le coût. Aujourd’hui, nous n’avons pas de gros soucis. En revanche, les principaux enjeux consistent à tenir les délais sur de nombreux chantiers. Notamment pour le nouveau centre hospitalier princesse Grace (CHPG), l’îlot Pasteur, l’îlot Charles III… Ces gros chantiers vont conditionner les autres opérations que l’on va mettre au-dessus. Par exemple, pour l’îlot Charles III, on va dévoyer et refaire des routes. Pour le futur CHPG, avant de lancer les travaux, on a dû déplacer une route dans un environnement où il fallait maintenir les voies de circulation permettant d’accéder à cet hôpital.

Le lancement de la construction d’un immeuble destiné aux enfants du pays sur le terrain de la Villa Lucioles devrait également être entamé en 2022 : où en est-on ?

Le site a été choisi. Nous sommes en train d’affiner le programme pour pouvoir ensuite lancer la consultation. C’est un projet important, que le gouvernement souhaite mener à bien. On ne peut pas encore dire avec précision quand ce chantier débutera. Mais on est dans la phase de lancement de ce projet, dans le courant de l’année 2022.

En dehors du plan pour le logement, quelle est la politique du gouvernement pour l’équipement ?

Pour les équipements publics, la priorité c’est de construire le Monaco de demain. Qu’avons-nous besoin pour demain, pour notre société, pour notre attractivité ? Le futur CHPG est important pour l’attractivité médicale de la principauté et Monaco devait se doter d’un nouvel outil pour augmenter encore son rayonnement sur ce sujet. Le futur collège est aussi un outil très attendu, tout comme les logements domaniaux réservés aux Monégasques, et les appartements pour les résidents étrangers qui désireraient s’installer en principauté. On parle souvent des équipements publics, mais je passe une bonne partie de mon temps à discuter avec des promoteurs privés. Ces derniers partagent le souci de leur clientèle. Les clients expriment des besoins, ce qui donne lieu à une architecture particulière, et cela contribue à reconfigurer le bâti, pour répondre à l’offre qui est attendue à l’international. Et cela doit contribuer à l’attractivité de Monaco et aux recettes de l’État. Il faut parvenir à équilibrer ces besoins privés et publics.

« On a toujours le sentiment que, lorsqu’une nouvelle personne arrive, d’un coup de baguette magique tout change. Moi, je suis plutôt dans une continuité. Ma chance, c’est que je connais très bien mon prédécesseur, Marie-Pierre Gramaglia, dont je suis très proche »

C’est complexe ?

Depuis ma prise de fonction, le 1er septembre 2021, je porte une attention très particulière sur l’îlot Pasteur et l’îlot Charles III qui se trouvent à l’entrée de ville. L’îlot Charles III dispose de beaucoup de fonctionnalités installées dans ces tréfonds. C’est presqu’une usine à lui tout seul, avant même de poser les tours au-dessus. En même temps, comme il est situé à l’une des entrées de Monaco, c’est un signe fort. Il faut donc urbaniser le plus harmonieusement possible toutes ces fonctionnalités dont nous avons besoin, dans un environnement urbain agréable, qui fait que, lorsqu’on arrive à Monaco on se dise : « C’est beau ! ».

Quelles sont les fonctionnalités que l’on retrouvera dans cet îlot Charles III ?

À l’intérieur de l’îlot Charles III, on trouve une partie des traitements de la récupération de la chaleur de la future tour de traitement des déchets. Mais aussi une partie du séchage des boues qui viennent du traitement des eaux. Il y a également un centre de tri et de réception logistique, qui permettra d’avoir moins de camions dans les rues de Monaco. C’est quelque chose que nous testons déjà avec Evos, à plus petite échelle. Il y aura aussi une station d’accueil d’un futur transport en commun « propre ». Que ce soit un métro, ou un funiculaire, cela a été anticipé. Enfin, des locaux pour des opérateurs privés comme l’usine de ciment, qui reçoit des pierres pour approvisionner ses silos, sont également prévus. Cela fait beaucoup de fonctionnalités, concentrées dans un environnement très restreint, contraint par toutes les voies d’entrée à Monaco, que nous devons préserver au mieux.

Où en est le chantier de l’extension en mer ?

Pour la livraison, il faudrait demander au promoteur. Quant à l’état d’avancement, ça avance à bon train. Je ne suis pas inquiète. On voit au quotidien les avancées de ce grand chantier.

Après plusieurs retards, le chantier du Larvotto sera-t-il livré à temps pour l’été 2022 ?

En cours de projet, on a décidé de livrer plus tôt un plus grand nombre de locaux au sein de ce complexe de la plage du Larvotto. Ce n’était pas prévu. Cela a obligé à revoir l’organisation de ce chantier. Maintenant, on continue les travaux et ça avance selon le rythme prévu. En toute logique, la livraison de la fontaine de Guy Lartigue devrait avoir lieu en juin 2022. Mais ce n’est pas parce qu’on livre un chantier, que l’on enlève la main que l’on a dessus. Une passation doit être faite avec l’administration des domaines, un accompagnement, et un travail d’équipe à faire entre les travaux publics, les domaines, le département des finances, et moi-même. L’objectif est que ce chantier soit livré avant le début de la saison estivale, donc fin mai, début juin 2022.

Quelle politique mettre en place pour gérer au mieux les délais et les budgets des chantiers, alors que les élus du Conseil national militent depuis des mois pour mettre en place des opérations en contrat de promotion immobilière, afin de livrer selon le calendrier prévu ?

Le contrat de promotion immobilière est un procédé parmi d’autres. Il permet certaines latitudes. Notamment de ne pas appliquer les différentes procédures administratives de consultation, tout en laissant à l’entreprise attributaire de ce contrat de promotion immobilière le choix des entreprises et de veiller à la réalisation des travaux. Mais d’autres procédés existent. Il y a aussi la méthode du « tout corps d’État ». Cela fonctionne aussi avec une entreprise unique, mais avec une répartition des rôles qui est différente. Quand la construction est financée par des fonds publics, et sur des terrains publics, il faut s’interroger sur la méthode et sur le rôle de l’État. Le rôle de l’État comme garant de la consultation, et des discussions avec la chambre patronale du bâtiment, et les entreprises. Je ne suis pas dogmatique, ni anti ou pro contrat de promotion immobilière. Je suis pour l’équilibre. On doit choisir la meilleure des options en fonction des situations et des chantiers. Pour moi, la réponse unique n’est pas une réponse. Il faut d’abord prendre en compte l’intérêt de l’État, respecter l’équation coût-budget-délais-intérêt de l’État. Ensuite, il faut choisir selon le contexte, l’envergure et l’urgence de l’opération, ainsi que le travail préalable qui aura pu être fait sur certaines opérations.

« La clé importante de ce projet Symbiose, c’est le pré-tri des déchets plastiques au sein de l’usine, pour être sûr qu’ils n’émettent pas de gaz à effet de serre. Une nouvelle filière va donc être créée autour du traitement des plastiques. Comme cette future usine de traitement des déchets sera sur l’îlot Charles III, donc en entrée de ville, elle devra aussi s’accompagner d’un geste architectural fort. Il n’est pas question d’avoir une tour industrielle à l’entrée de Monaco. » Céline Caron-Dagioni. Conseillère-ministre pour l’équipement, l’environnement et l’urbanisme. © Photo Direction de la Communication

Pourquoi le projet de la future usine d’incinération a pris autant de temps à émerger ?

Construire une usine de traitement des déchets, c’est une tâche énorme. Beaucoup d’arbitrages ont dû être faits : quelle pollution, quelle technologie, faut-il construire à Monaco ou ailleurs… La principauté a toujours géré ses déchets ménagers. C’est aussi une question de souveraineté que d’avoir son propre outil, et de continuer à le faire. Le gouvernement souhaitait conserver cette maîtrise du traitement des déchets ménagers, en concertation avec les collectivités françaises qui entourent Monaco, car il y a des déchets particuliers que nous ne traitons pas. Il y avait le souci d’avoir un outil qui s’inscrive le plus possible dans le développement durable. Donc il est injuste de voir ces périodes comme des périodes d’errements, parce qu’elles ont permis de se poser les bonnes questions, entre les différentes priorités. Et d’éliminer des solutions qui ne paraissaient pas assez solides.

Un appel d’offres a été lancé en 2019, et il a été infructueux, car les trois entreprises en compétition n’ont pas présenté de projets suffisamment convaincants ?

L’appel d’offres a été infructueux, car, lorsqu’il a fallu concrétiser les offres de ces trois entreprises, on s’est aperçu qu’elles n’étaient pas assez fiables. Il faut donc être courageux, et se dire que si ça ne paraît pas solide, il vaut mieux faire un pas en arrière, et se poser les bonnes questions. C’est dans ce contexte qu’un groupe de travail a été créé avec la Société monégasque d’assainissement (SMA). L’objectif était de notamment se questionner sur le meilleur procédé de traitement des déchets. Finalement, ce groupe de travail a permis d’aboutir à l’émergence d’un procédé industriel qui nous a convaincu, et qui a abouti à ce projet que nous avons baptisé « Symbiose ».

Qu’est-ce qui est central dans ce projet Symbiose ?

La clé importante de ce projet Symbiose, c’est le pré-tri des déchets plastiques au sein de l’usine, pour être sûr qu’ils n’émettent pas de gaz à effet de serre. Une nouvelle filière va donc être créée autour du traitement des plastiques. Comme cette future usine de traitement des déchets sera sur l’îlot Charles III, donc en entrée de ville, elle devra aussi s’accompagner d’un geste architectural fort. Il n’est pas question d’avoir une tour industrielle à l’entrée de Monaco. Il faudra montrer quelque chose qui soit suffisamment emblématique. Donc, tout l’enjeu sera de marier le procédé industriel avec le caractère architecture.

« Je m’attache à essayer d’apporter, avec la plus grande transparence, les réponses aux questions posées par les conseillers nationaux. Parfois, ils n’obtiennent peut-être pas les réponses qu’ils attendent. Mais pour moi, les échanges doivent être francs, courtois et respectueux des deux institutions »

Où en est ce dossier ?

Pour l’instant, on œuvre avec le groupe de travail de la SMA, qui inclut aussi des techniciens de mon département. On agrège des équipes et des profils complémentaires, ainsi que des bureaux d’études, avec pour objectif d’obtenir une offre engageante et de pouvoir lancer un concours d’architectes le plus rapidement possible.

Quels déchets seront traités dans la future usine ?

Les mêmes types de déchets qu’actuellement : les ordures ménagères, bien sûr, mais aussi toutes les boues d’assainissement de Monaco, au lieu de seulement la moitié à ce jour. Une déchetterie sera aussi créée. Et cette usine permettra également de trier et d’extraire les plastiques et les résiduels pour qu’ils ne partent pas à l’incinération. Mais cela ne supprimera pas le tri fait en amont, chez les particuliers. C’est l’ensemble de ces actions qui permettront d’arriver à réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

Pour moins polluer, la technique de combustion utilisée par cette usine d’incinération sera différente ?

La combustion est faite avec de la gazéification en amont, ce qui permet de limiter les fumées et de maîtriser leur contenu. Un suivi de contrôle environnemental et sanitaire sera réalisé, et nous en rendrons compte à la population.

Que traite cette usine d’incinération aujourd’hui ?

Au total, cette usine traite environ 55 000 tonnes de déchets, sur lesquels 16 000 tonnes proviennent des communes de la Communauté d’agglomération de la Riviera française (CARF). Sur les 39 000 tonnes générées par la principauté, il y a 24 000 tonnes d’ordures ménagères, 9 000 tonnes de déchets apportés par des professionnels et des particuliers, 1 600 tonnes de collecte de pneumatiques, 4 400 tonnes de boues d’assainissement issues de l’usine de traitement des eaux résiduaires de Monaco. Mais le procédé de traitement sera donc différent de ce qu’il est aujourd’hui. Ce qui nous permettra de diminuer énormément les émissions de gaz à effet de serre. Car l’objectif fixé par le prince Albert II, c’est une baisse de 55 % d’ici 2030 et la neutralité d’ici 2050.

En attendant, l’usine actuelle est obsolète et son entretien nécessite l’injection de 42 millions pour la période 2018-2030 ?

Tout à fait. Il s’agit d’un projet très complexe, qui nécessite du temps. Donc, dans l’intervalle, l’ancienne usine est remise à niveau, pour continuer à fonctionner sans risque.

« Je passe une bonne partie de mon temps à discuter avec des promoteurs privés. Ces derniers partagent le souci de leur clientèle. Les clients expriment des besoins, ce qui donne lieu à une architecture particulière, et cela contribue à reconfigurer le bâti, pour répondre à l’offre qui est attendue à l’international »

Cette usine rejette beaucoup de gaz à effet de serre aujourd’hui ?

En termes de gaz à effet de serre, cette nouvelle usine permettra de rabaisser encore nos émissions. Cet outil est une clé vraiment très importante de notre politique de réduction des gaz à effet de serre. Il faut donc que les composantes des fumées émises soient réduites. D’où le tri des plastiques.

Certains élus, et notamment le conseiller national Union monégasque (UM) Jean-Louis Grinda (2), se sont inquiétés des rejets polluants de l’usine d’incinération : quels sont les risques ?

Nous injectons des dizaines de millions d’euros dans l’usine actuelle pour qu’elle puisse fonctionner jusqu’en 2030. Elle ne présente aucun danger. Lors d’une commission spéciale avec le Conseil national, dédiée à la présentation du projet Symbiose, nous avons expliqué que l’objectif est de surveiller, très précisément, les rejets de cette usine et d’en rendre compte publiquement auprès de la population. Cela permettra à chacun de s’approprier ces données techniques et d’être rassuré. C’est un enjeu sanitaire et de santé publique. Conserver une usine de traitement des déchets sur le territoire monégasque pour protéger notre souveraineté ne peut pas être fait au détriment de la santé de nos résidents.

Comment parvenir à concilier ce qui semble inconciliable, c’est-à-dire les chantiers et la qualité de vie ?

On attend parfois de nous la réalisation de chantiers vite faits, bien faits, sans nuisances et sans couper les routes. J’essaie de satisfaire le plus grand nombre d’objectifs possible. On s’est doté d’un cadre concernant la qualité de vie. Avec notamment une limite sonore sur les chantiers à 85 décibels. En cas de dépassement, le chantier est arrêté. Même si les chantiers durent moins de six mois, ils sont soumis aux mêmes règles, aucune exception n’est possible. Des plages horaires doivent aussi être respectées. Avant 8h30, et entre 12h30 et 14 heures, certains travaux particulièrement bruyants sont interdits. Un dôme acoustique a été posé sur le chantier de l’hôpital. Cela permet de réduire les poussières et le bruit. Mais cela pose aussi la question de la santé des ouvriers qui se trouvent sous le dôme, où l’environnement plus confiné demeure sous contrôle. Il y a toujours un jeu d’équilibre à respecter. Et puis, il y a de plus en plus d’innovation dans le secteur du BTP. La commission innovation regroupe les opérateurs privés et certains de mes collaborateurs pour identifier des engins électriques, ou d’autres technologies, qui permettent de limiter la pollution et le bruit. Ce marché va se développer dans les années à venir. Je constate en tout cas que l’ensemble des opérateurs publics et privés se sent concerné par cette problématique.

L’État monégasque injecte plusieurs millions d’euros chaque année pour assurer la desserte de la principauté par des TER : malgré cela, la SNCF augmente ses tarifs, et donc venir travailler à Monaco coûte encore un peu plus cher ?

Je ne peux pas juger de l’augmentation des tarifs par la SNCF. L’État monégasque a injecté 4 millions d’euros en 2020, 8,1 millions d’euros en 2021, et injectera 9,7 millions d’euros en 2022 pour accompagner la région sud Provence-Alpes-Côte d’azur (PACA) dans le financement de la desserte TER de Monaco. En principauté, le train est une clé très importante pour la mobilité de nos salariés français et italiens, pour la mobilité de nos touristes, et pour l’impact de nos gaz à effet de serre, et, plus généralement, pour l’accessibilité de Monaco. Je comprends l’agacement des usagers de la SNCF. Mais tout cela est très coûteux. La principauté apporte d’ailleurs sa contribution. Mais il faut prendre en compte la sécurité dans les tunnels ou du matériel roulant, qui est un investissement nécessaire. Donc, malgré la hausse des tarifs, j’incite les gens à continuer d’utiliser les transports en commun.

« Aujourd’hui, quand on dit « une opération a pris du retard », on oublie de dire qu’en cours de route on a changé le contenu de cette opération. C’est un grand classique »

Cette hausse des tarifs s’explique par d’autres projets ?

Cette augmentation des tarifs est aussi liée à de très gros investissements liés à la ligne nouvelle Provence Côte d’Azur (LN PCA), un projet de nouvelle ligne ferroviaire française destiné à relier Marseille à Nice. Ce projet représente 3,5 milliards d’euros. Monaco y apportera son concours financier, tout comme les collectivités territoriales françaises. Cela permettra d’augmenter significativement le réseau TER, la fréquence et la fiabilité des fréquences grâce au déploiement du European Rail Traffic Management System (ERTMS) [Système européen de gestion du trafic ferroviaire — NDLR], une initiative européenne qui a pour objectif d’harmoniser la signalisation ferroviaire en Europe, et d’augmenter ainsi les fréquences des trains. Donc, cette hausse des tarifs est à mettre en perspective avec ce programme de très fort investissement.

Votre prédécesseur, Marie-Pierre Gramaglia, avait évoqué des études concernant une ligne de métro entre Nice et Monaco, permettant de relier Nice Riquier et l’îlot Charles III : où en est ce dossier  ?

Il n’y a pas de projet de métro entre Nice et Monaco. Il y a des propositions, avec, en plus du train, la création de parkings de dissuasion aux entrées de Monaco. Cela suppose une ligne particulière qui déplace les salariés avec un transport propre. Donc cela peut être un métro, un tram… Plusieurs options existent. Rien n’est encore arrêté. Tout est à l’étude. Le gouvernement vérifie le maillage nécessaire entre les parkings de dissuasion, qui nécessitent des accords avec la France, puisque nous sommes en dehors de la principauté, et le maillage offert par les parkings situés à Monaco, en entrée de ville.

« Construire une usine de traitement des déchets, c’est une tâche énorme. Beaucoup d’arbitrages ont dû être faits : quelle pollution, quelle technologie, faut-il construire à Monaco ou ailleurs… […] Donc il est injuste de voir ces périodes comme des périodes d’errements, parce qu’elles ont permis de se poser les bonnes questions, entre les différentes priorités. Et d’éliminer des solutions qui ne paraissaient pas assez solides »

Un jour, Monaco supprimera l’entrée des véhicules sur son territoire ?

Même si certains en rêvent, je pense qu’on ne pourra pas interdire l’entrée des véhicules dans Monaco. Il faut arriver à réguler cette circulation, en canalisant ces véhicules sur des parkings externes ou d’entrée de ville, pour permettre aux gens de prendre ensuite les transports en commun, et ainsi désengorger le réseau intra-urbain de la principauté. C’est l’ensemble de ce maillage de flux de circulation qu’il faut considérer. Il ne faut pas réduire les mesures à une seule ligne de métro.

Où en est le projet de navette maritime entre Nice et Monaco ?

Le projet de navette maritime Nice-Monaco a été abordé à l’occasion de la dernière commission transfrontalière avec les communes voisines, la métropole Nice Côte d’Azur (NCA), la CARF, le préfet, le gouvernement monégasque et l’ambassadeur de France. C’est un projet qui est déployé à Nice, sous l’égide de la métropole NCA, même si la principauté y participera. Ce dossier est encore à l’état de conception et de réflexion. La desserte de Menton n’était pas évoquée dans ce projet porté par la métropole NCA. Mais la question s’est posée. Monaco est à l’écoute et participera, lorsque les projets émergeront. Pour l’instant, aucune date n’a été fixée.

Céline Caron-Dagioni conseillère-ministre pour l’équipement, l’environnement et l’urbanisme à Monaco
© Iulian Giurca / Monaco Hebdo

Il y a eu un appel d’offres jugé infructueux concernant cette navette maritime ?

Un premier appel d’offres a été jugé infructueux. Un groupe de travail mixte auquel participent mes équipes traite de ce sujet. Certaines technologies et certaines configurations ont ainsi été auditées. Ce projet consiste aussi à proposer une navette « décarbonée », ce qui suppose des technologies suffisamment avancées pour être fiables. Pour cela, espérer un lancement de cette navette en 2022 ou 2023 semble un peu tôt, si l’on considère des navettes maritimes qui fonctionneraient à l’hydrogène. Pour le moment, les bateaux de ce type ne sont pas encore disponibles.

Pourquoi la Compagnie des autobus de Monaco (CAM) a-t-elle misé sur des bus électriques, plutôt que sur des bus à hydrogène ?

D’abord parce que l’électromobilité est une technologie plus aboutie aujourd’hui que l’hydrogène. De plus, l’hydrogène suppose aussi de stocker les bus à l’air libre et en principauté, il est compliqué de trouver la place nécessaire. Il faut aussi savoir que pour produire de l’hydrogène, il faut aussi consommer beaucoup d’électricité. Il n’y a donc pas de solution idéale. Avant de déployer des bus électriques, de nombreux tests ont été effectués, car le territoire monégasque est fait de grandes montées, ce qui occasionne une forte consommation. Du coup, c’est l’électromobilité qui a été choisie.

« Entre Nice et Monaco, il y a des propositions, avec, en plus du train, la création de parkings de dissuasion aux entrées de Monaco. Cela suppose une ligne particulière qui déplace les salariés avec un transport propre. Donc cela peut être un métro, un tram… Plusieurs options existent. Rien n’est encore arrêté »

Réclamée depuis des mois par les élus du Conseil national, la gratuité des bus est-elle une bonne ou une mauvaise idée ?

On ne peut pas répondre à cette question tant que l’on n’a pas testé la gratuité des bus. Du coup, avec le Conseil national, il a été décidé de faire un test de gratuité du 1er octobre au 24 novembre 2022. En amont de ce test, nous allons discuter avec les conseillers nationaux pour définir des critères objectifs qui nous permettront de dire à l’issue de ce test si cette gratuité a été efficace ou non.

Où en est le projet de création de liaisons mécanisées ?

Le projet de téléphérique est pour l’instant suspendu. Les études sont faites, mais je n’ai pas de date de démarrage à vous communiquer. D’une manière plus générale, les liaisons mécanisées, et le maillage piéton du territoire monégasque, est une problématique bien plus importante que le seul téléphérique. Améliorer le parcours du piéton, ça concoure aussi à améliorer la mobilité. L’entrée de ville du Jardin Exotique et le parking Evos, comporte aussi une liaison mécanisée qui va redescendre grâce à la galerie des Salines, pour arriver jusqu’à l’hôpital. Ensuite, une autre liaison ira jusqu’au cimetière. Puis, demain, une passerelle emmènera sur l’îlot Charles III. Là, on s’interroge sur la création d’une liaison mécanique qui irait jusqu’à Fontvieille. Donc pour chacun de nos chantiers, on pense toujours au maillage qui permet, à pied et en liaison mécanique, d’assurer la fluidité du parcours du piéton.

« Même si certains en rêvent, je pense qu’on ne pourra pas interdire l’entrée des véhicules dans Monaco. Il faut arriver à réguler cette circulation, en canalisant ces véhicules sur des parkings externes ou d’entrée de ville, pour permettre aux gens de prendre ensuite les transports en commun, et ainsi désengorger le réseau intra-urbain de la principauté »

Quel est le bilan de l’application Urban Report Monaco, destinée à améliorer la communication autour des chantiers de la principauté ?

Urban Report a été lancé en 2020, avec pour objectif d’être dans un dialogue avec les usagers, qui peuvent nous rapporter ce qu’ils ont eux-mêmes constaté. C’est très intéressant, car les résidents nous font parfois remonter des informations que l’on ne voit peut-être pas. Sur les chantiers, Urban Report représente environ 30 % des signalements. Nos services répondent, en général, à 80 % des requêtes en moins de 48 heures. Les 20 % restants nécessitent souvent une investigation plus poussée. Cela permet de créer du lien entre les résidents et les services de l’État.

Quels sont les chiffres de fréquentation des sites Internet Infochantiers.mc et YourMonaco.mc ?

Infochantiers.mc et YourMonaco.mc ont aussi été lancés en 2020. En deux ans, Yourmonaco.mc a réalisé près de 250 000 vues, et 70 000 personnes l’ont utilisé au moins une fois. Le temps de visite moyen par usager est d’un peu plus de 5 minutes. En février 2022, ce site a totalisé près de 10 500 vues. Sur Twitter, Infochantiers et YourMonaco comptaient moins de 500 abonnés. En peu de temps, YourMonaco a acquis environ 1 100 abonnés. Les usagers sont satisfaits, donc il faut que nous renforcions encore ces comptes Twitter et nos sites Internet d’informations.

Logements domaniaux 2021-2024 : Ce qui a été livré, ce qu’il reste à construire

En 2021

• Livraison des 16 appartements dans la surélévation des Jardins d’Apolline, Bloc A en début d’année

• Livraison des 14 appartements de l’opération Picapeira au premier trimestre

En 2022

• Livraison des 25 appartements de l’opération Carmelha au troisième trimestre

• Livraison de 181 logements dans l’immeuble Testimonio II au quatrième trimestre

• Livraison de 14 appartements dans la surélévation de l’immeuble « Les Mélèzes » pour la fin du troisième trimestre ou le début du quatrième trimestre

En 2023

• Livraison de 65 logements au Palais Honoria, en fin du premier trimestre

• Livraison de 167 logements dans l’immeuble Testimonio II Bis, au deuxième trimestre

• Livraison de 47 appartements dans le bâtiment A du projet Grand Ida en septembre

• Livraison de 62 appartements dans le bâtiment B du projet Grand Ida en décembre

En 2024

• Livraison de 51 logements domaniaux dans le bâtiment C du projet Grand Ida, qui comportera également 55 dations pour les copropriétaires, au premier trimestre.

1. Le 15 décembre 2020, à l’occasion d’une séance publique consacrée à l’étude du budget primitif 2021 devant les élus du Conseil national, l’ex-conseillère-ministre pour l’équipement, l’environnement et l’urbanisme, Marie-Pierre Gramaglia, a expliqué pourquoi l’appel d’offres pour l’usine d’incinération avait été déclaré infructueux par le gouvernement monégasque : « On avait retenu trois entreprises. Une Japonaise, très prometteuse, qui s’est malheureusement désistée à cause de la Covid-19. La deuxième entreprise était une sorte de brique technologique qu’on pouvait mettre en supplément d’un système de traitement des déchets mais qui ne suffisait pas, à elle-même, à assurer le traitement des déchets. Enfin, le dossier de la dernière entreprise ne nous a pas paru complet et suffisant au fur et à mesure des discussions avec elle ».

2. En octobre 2017, lors d’une séance publique au Conseil national, l’élu Union Monégasque (UM), Jean-Louis Grinda a rappelé que « l’usine d’incinération pèse pour 1/3 des émissions de CO2, avec la circulation et le bâti pour les deux autres tiers. Nous devrons travailler sur ces trois sujets en même temps, afin de respecter les accords de Paris que Monaco a signé ».

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Monaco Hebdo