mercredi 22 avril 2026
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Horizon Monaco veut « commencer la reconquête »

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La réunion publique d’Horizon Monaco à la Condamine, jeudi dernier, a été marquée par le déplacement d’un huissier mandaté par le leader de la liste Union Monégasque.

La stupéfaction a été totale, jeudi dernier à la salle des Variétés, au meeting d’Horizon Monaco. « J’ai quelque chose à vous annoncer qui ne s’est jamais produit dans l’histoire politique de Monaco », a lancé Laurent Nouvion en préambule de la réunion. Jean-François Robillon, la tête de liste adverse Union Monégasque, avait dépêché dans la salle un huissier de justice accompagné d’une sténotypiste afin de consigner les déclarations du chef de file d’Horizon Monaco et de ses co-listiers. Parmi les motifs invoqués figuraient « les révélations explosives » promises lors du meeting et les propos de candidats HM le mettant en cause dans l’affaire du Petit Niçois (lire par ailleurs). Le leader d’UM avait formulé le matin même une demande auprès de la présidente du tribunal de première instance, qui l’avait débouté en raison du caractère public de la réunion. « Nos adversaires en sont là. Ils ont dépassé les bornes. On parle avec nos tripes, notre cœur et personne ne nous en empêchera », a ajouté Laurent Nouvion. L’ambiance de la campagne s’est donc encore tendue davantage. A la tribune, les candidats ont évoqué deux sujets : leur programme et le bilan de la majorité sortante.

Exonération de charges
Caroline Rougaignon-Vernon a égrené deux-trois propositions d’ordre économique comme le passeport nouvelle entreprise ou encore l’exonération de charges pendant cinq ans de ces nouvelles entreprises pour l’emploi des Monégasques. Christian Barilaro a décrit un programme d’Horizon Monaco « raisonnable et quantifiable ». Le candidat s’est penché sur le domaine scolaire et appelé à « étudier les meilleures solutions » pour « éviter la surcharge des classes ». Il a cité en exemple l’école de la Condamine, qui pourra « difficilement absorber à elle seule » le flux de nouveaux élèves qu’amènera la livraison des futurs immeubles domaniaux dans le quartier. Sophie Lavagna a, elle, évoqué la « prétendue action » de la majorité sortante et le « retard législatif » pris durant la dernière mandature. « Pourquoi le projet sur l’organisation et l’administration judiciaire, déposé depuis 2004, n’a-t-il pas été voté ? Si nous sommes élus, nous le voterons au plus tard en juin 2013 », a-t-elle affirmé en citant également les projets de loi sur la réforme de la garde à vue et la prescription civile.

La saynète de l’UP
Jacques Rit s’est attaqué au dossier du futur hôpital, qui sera construit sur l’emplacement de l’actuel CHPG. « Avec une durée de gestation dix fois supérieure à celle d’une éléphante, et la fausse couche du projet Vasconi, l’hôpital du futur va-t-il encore rester longtemps dans le domaine de la science-fiction ? Nous ne le considérons d’ailleurs plus comme un simple projet, il est, pour nous, un véritable défi. Tout occupé qu’il était par son itinérance de l’est à l’ouest de la Principauté, le nouvel hôpital ne s’est aperçu de rien. Mais, lorsque, redevenu raisonnable, il a voulu réintégrer son habitat naturel, le coucou Tamaris occupait déjà le nid, fier symbole du jusqu’au-boutisme dogmatique de la majorité actuelle. Il lui faudra donc se contenter des terrains plus à l’est, géologiquement moins favorables », a-t-il déclaré.
Le « furoncle » Tamaris, selon les termes de Laurent Nouvion, a aussi été brocardé par le duo UP, Jean-Michel Cucchi et Anne Poyard-Vatrican lors d’une saynète reprenant de multiples thèmes dont le logement. « Ils auraient mené une politique ambitieuse de construction de logements. Incroyable, ils ne manquent pas de toupet. Tous les immeubles domaniaux qui sont sortis de terre depuis 2010 ont été voulus et programmés par l’UP avant 2009 », a ironisé l’élue, qui s’est aussi adressée à l’huissier envoyé par l’UM : « Vous pouvez noter. Tout est vrai. » La liste HM propose la construction de 150 logements par an après 2014.

« Je n’ai pas de double discours »
Christophe Spiliotis-Saquet, dressant son bilan de la majorité (« traîtrise, bassesses, mensonges »), a invité les électeurs à « réveiller l’esprit de Malizia » et a parlé priorité nationale. (L’élu s’est appuyé entre autres sur une annexe du journal officiel du 18 janvier visant à lutter contre la discrimination dans le domaine de l’enseignement. Selon lui, cette convention laisserait « une porte grande ouverte à tous les étrangers » pour obtenir les mêmes droits que les Monégasques.) Le chef de file d’Horizon Monaco a clôturé la soirée par un discours très offensif. « Sanctionnez-les ! » a martelé Laurent Nouvion à plusieurs reprises, fustigeant la « médiocrité » de la majorité sortante. « Il faut commencer la reconquête de l’esprit du conseil national, celui de l’intérêt supérieur du pays, celui qui est ce pourquoi nous nous battons. Il faut remettre de l’ordre dans cette maison », a tonné le leader d’Horizon Monaco, qui a promis « un mandat au strict service des Monégasques ». « Sans complaisance, sans petits avantages, ni petits services ici et là », précise-t-il. Et Laurent Nouvion d’adresser une pique à son rival : « Moi, je n’ai pas de double discours. Ceux qui me connaissent bien le savent. […] On ne conquiert pas en fuyant ses responsabilités, en sortant l’excuse permanente et bien pratique du « malentendu ». […] Mais non monsieur le président, on a très bien compris, nous. Le malentendu, c’est vous ! »

“Trop, c’est trop”
« C’est avec beaucoup de gravité que l’Union Monégasque a pris la décision de mandater un huissier au meeting d’Horizon Monaco du 24 janvier. Trop, c’est trop », explique la liste de Robillon, dans un communiqué. Avant de fustiger l’attitude de leurs adversaires : « Les candidats Horizon Monaco se sont enfermés dans une spirale destructrice de diffamations. C’est une très mauvaise chose pour Monaco et nos compatriotes. Le combat de bas étage où, depuis des mois, ils veulent nous entraîner, n’est pas notre combat. Nous avons immédiatement et fermement condamné la méthode de la presse tabloïde utilisée par le Petit Niçois. Malgré cela, nos opposants persistent à nous incriminer en nous associant à cette affaire, nous contraignant à réagir. Ce débat ne concerne que la vie privée de M. Nouvion et de lui-seul. Si au-delà de l’atteinte à la vie privée, il estime que les faits graves au regard des règles du droit monégasque, qui auraient été révélés par l’article de ce journal, ne sont que mensonges et diffamations, il lui appartient d’utiliser tous les moyens judiciaires à sa disposition, chose qu’il s’est pour l’instant abstenu de faire à notre connaissance. Mais nous ne tolèrerons pas d’être tenus en otages de ce débat et encore moins d’être désignés comme coupables. »
Le Petit Niçois condamné
Les Editions d’Azur, société éditrice de l’hebdomadaire Le Petit Niçois, ont été condamnées le 25 janvier par le tribunal de grande instance de Nice, après avoir publié dans sa publication du 17 au 23 janvier des éléments relatifs à la vie privée de Laurent Nouvion, sous couvert d’une « enquête » ayant pour toile de fond les élections nationales. Outre l’interdiction de diffusion et de vente de la dite publication, les Editions d’Azur devront remettre les documents confidentiels divulgués et publiés dans l’« enquête » du Petit Niçois sous astreinte de 800 euros par jour de retard. Elles devront également dédommager le leader d’Horizon Monaco à hauteur de 4 000 euros. Enfin, les Editions d’Azur devront payer 1 200 euros aux dépens de Laurent Nouvion.
L’hebdomadaire a été largement évoqué lors du meeting à la salle des Variétés. Jacques Rit a qualifié les auteurs de l’article d’« échotiers glauques » et de « spadassins de la pige ». « Quand il étale ses lignes dans l’écrin fétide de ces quatre pages, un homme politique, qui croit grandir en se hissant sur les épaules du Petit Niçois, devient en fait minuscule », a-t-il ajouté, faisant référence à l’interview de Jean-François Robillon dans la publication. « Il est quand même difficile de ne pas voir derrière tout ceci la grosse patte de Jean-François Robillon ou de certains membres de son entourage. Il s’en défend par un communiqué très « larmes de crocodile », exercice obligé que l’UM reprend en des termes très voisins », a indiqué Jean-Charles Allavena. Christophe Spiliotis-Saquet a, lui, déploré de « ne pas avoir vu un communiqué du ministre sur ce sujet alors que ce même ministre s’est indigné par deux fois pour des tâches de vin sur la chemise de Jean-Charles Gardetto », dénonçant « deux poids, deux mesures ».

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