La réunion publique d’Horizon Monaco à la Condamine, jeudi dernier, a été marquée par le déplacement d’un huissier mandaté par le leader de la liste Union Monégasque.
La stupéfaction a été totale, jeudi dernier à la salle des Variétés, au meeting d’Horizon Monaco. « J’ai quelque chose à vous annoncer qui ne s’est jamais produit dans l’histoire politique de Monaco », a lancé Laurent Nouvion en préambule de la réunion. Jean-François Robillon, la tête de liste adverse Union Monégasque, avait dépêché dans la salle un huissier de justice accompagné d’une sténotypiste afin de consigner les déclarations du chef de file d’Horizon Monaco et de ses co-listiers. Parmi les motifs invoqués figuraient « les révélations explosives » promises lors du meeting et les propos de candidats HM le mettant en cause dans l’affaire du Petit Niçois (lire par ailleurs). Le leader d’UM avait formulé le matin même une demande auprès de la présidente du tribunal de première instance, qui l’avait débouté en raison du caractère public de la réunion. « Nos adversaires en sont là. Ils ont dépassé les bornes. On parle avec nos tripes, notre cœur et personne ne nous en empêchera », a ajouté Laurent Nouvion. L’ambiance de la campagne s’est donc encore tendue davantage. A la tribune, les candidats ont évoqué deux sujets : leur programme et le bilan de la majorité sortante.
Exonération de charges
Caroline Rougaignon-Vernon a égrené deux-trois propositions d’ordre économique comme le passeport nouvelle entreprise ou encore l’exonération de charges pendant cinq ans de ces nouvelles entreprises pour l’emploi des Monégasques. Christian Barilaro a décrit un programme d’Horizon Monaco « raisonnable et quantifiable ». Le candidat s’est penché sur le domaine scolaire et appelé à « étudier les meilleures solutions » pour « éviter la surcharge des classes ». Il a cité en exemple l’école de la Condamine, qui pourra « difficilement absorber à elle seule » le flux de nouveaux élèves qu’amènera la livraison des futurs immeubles domaniaux dans le quartier. Sophie Lavagna a, elle, évoqué la « prétendue action » de la majorité sortante et le « retard législatif » pris durant la dernière mandature. « Pourquoi le projet sur l’organisation et l’administration judiciaire, déposé depuis 2004, n’a-t-il pas été voté ? Si nous sommes élus, nous le voterons au plus tard en juin 2013 », a-t-elle affirmé en citant également les projets de loi sur la réforme de la garde à vue et la prescription civile.
La saynète de l’UP
Jacques Rit s’est attaqué au dossier du futur hôpital, qui sera construit sur l’emplacement de l’actuel CHPG. « Avec une durée de gestation dix fois supérieure à celle d’une éléphante, et la fausse couche du projet Vasconi, l’hôpital du futur va-t-il encore rester longtemps dans le domaine de la science-fiction ? Nous ne le considérons d’ailleurs plus comme un simple projet, il est, pour nous, un véritable défi. Tout occupé qu’il était par son itinérance de l’est à l’ouest de la Principauté, le nouvel hôpital ne s’est aperçu de rien. Mais, lorsque, redevenu raisonnable, il a voulu réintégrer son habitat naturel, le coucou Tamaris occupait déjà le nid, fier symbole du jusqu’au-boutisme dogmatique de la majorité actuelle. Il lui faudra donc se contenter des terrains plus à l’est, géologiquement moins favorables », a-t-il déclaré.
Le « furoncle » Tamaris, selon les termes de Laurent Nouvion, a aussi été brocardé par le duo UP, Jean-Michel Cucchi et Anne Poyard-Vatrican lors d’une saynète reprenant de multiples thèmes dont le logement. « Ils auraient mené une politique ambitieuse de construction de logements. Incroyable, ils ne manquent pas de toupet. Tous les immeubles domaniaux qui sont sortis de terre depuis 2010 ont été voulus et programmés par l’UP avant 2009 », a ironisé l’élue, qui s’est aussi adressée à l’huissier envoyé par l’UM : « Vous pouvez noter. Tout est vrai. » La liste HM propose la construction de 150 logements par an après 2014.
« Je n’ai pas de double discours »
Christophe Spiliotis-Saquet, dressant son bilan de la majorité (« traîtrise, bassesses, mensonges »), a invité les électeurs à « réveiller l’esprit de Malizia » et a parlé priorité nationale. (L’élu s’est appuyé entre autres sur une annexe du journal officiel du 18 janvier visant à lutter contre la discrimination dans le domaine de l’enseignement. Selon lui, cette convention laisserait « une porte grande ouverte à tous les étrangers » pour obtenir les mêmes droits que les Monégasques.) Le chef de file d’Horizon Monaco a clôturé la soirée par un discours très offensif. « Sanctionnez-les ! » a martelé Laurent Nouvion à plusieurs reprises, fustigeant la « médiocrité » de la majorité sortante. « Il faut commencer la reconquête de l’esprit du conseil national, celui de l’intérêt supérieur du pays, celui qui est ce pourquoi nous nous battons. Il faut remettre de l’ordre dans cette maison », a tonné le leader d’Horizon Monaco, qui a promis « un mandat au strict service des Monégasques ». « Sans complaisance, sans petits avantages, ni petits services ici et là », précise-t-il. Et Laurent Nouvion d’adresser une pique à son rival : « Moi, je n’ai pas de double discours. Ceux qui me connaissent bien le savent. […] On ne conquiert pas en fuyant ses responsabilités, en sortant l’excuse permanente et bien pratique du « malentendu ». […] Mais non monsieur le président, on a très bien compris, nous. Le malentendu, c’est vous ! »



