mardi 17 mars 2026
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Sécurité routière : une deuxième navette proposée pour l’été 2024 par Be Safe

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L’association Be Safe, qui s’engage depuis octobre 2017 dans la lutte contre les dangers de l’alcool au volant, en particulier chez les jeunes, proposera dès cet été une nouvelle navette nocturne pour permettre aux noctambules de rentrer chez eux en toute sécurité. Pour cela, un partenariat a été noué avec la Société des Bains de Mer.

En 2017, alors qu’après une soirée festive en principauté, un de leurs amis s’était tué au guidon de son scooter, Camille Gottlieb, Charlotte Marsan, Margaux Grundstein, Andrea Puzar et Laura Dias ont créé l’association Be Safe (1). L’objectif ? Ramener les noctambules alcoolisés à bon port, et sensibiliser les jeunes aux dangers de l’alcool au volant. Avec, en creux, un souhait : celui d’éviter qu’un drame similaire ne se répète, avec son cortège de proches meurtris et de regrets. « Nous avons tout de suite souhaité être dans le concret, dans l’action, explique Laura Dias, secrétaire générale de Be Safe. C’est pourquoi nous nous sommes organisées pour proposer de raccompagner les personnes qui sortent des établissements nocturnes de la principauté. » Ainsi, elles ont mis en place une navette, principalement depuis les bars et discothèques du port Hercule. Celle-ci — conduite par un bénévole et opérationnelle le week-end — a ramené pendant l’été 2022 plus de 200 fêtards en principauté et dans les communes des environs. En 2023, ce service a été renforcé, « poussé » par une triste actualité : la mort de trois hommes, le 1er avril, peu après 4 heures du matin, dans le tunnel Louis-II.

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L’enquête avait démontré que le conducteur roulait à 156 km/h, sous l’emprise de l’alcool et de la cocaïne. « Le Twiga [un établissement dont Flavio Briatore est propriétaire — NDLR] avait décidé de financer un poste permanent de chauffeur de l’entreprise Five Stars Valets, se souvient Laura Dias. Cela nous a permis d’étendre ce service, toujours proposé gratuitement, à tous les soirs de la semaine, de 1 heure à 6 heures du matin, en juillet et en août. » Les chiffres ont alors décollé, puisque Be Safe a raccompagné 450 personnes alcoolisées jusque chez elles pendant tout l’été 2023.

En 2017, alors qu’après une soirée festive en principauté, un de leurs amis s’était tué au guidon de son scooter, Camille Gottlieb, Charlotte Marsan, Margaux Grundstein, Andrea Puzar et Laura Dias ont créé l’association Be Safe

Un partenariat avec la SBM

Et alors que les chiffres de la sécurité routière à Monaco restent alarmants, avec 6 morts en 2023, dont deux étudiantes étrangères de l’université internationale de Monaco près du tunnel Millenium, le 17 décembre, Be Safe n’en finit pas de gagner en importance et en légitimité — l’association travaille, du reste, aussi avec le gouvernement princier. Le 16 avril, elle a ainsi signé un accord de partenariat avec la Société des Bains de Mer (SBM). Cette dernière va financer un poste de chauffeur pour permettre à une seconde navette de l’association, gracieusement cédée par un particulier, de tourner tout l’été, du lundi au dimanche, de 1 heure à 5 heures du matin. Avec un rayonnement géographique étendu, puisqu’en plus de Monaco et des communes limitrophes, la navette pourra aller jusqu’à Menton et Nice. Par ailleurs, les salariés de la SBM ont été invités à donner de leur temps afin de soutenir les actions de Be Safe, lors d’une campagne de sensibilisation aux risques de l’alcool au volant. Une opération pédagogique sur ces dangers sera aussi proposée aux saisonniers de la SBM.

Be Safe Sécurité routière Camille Gottlieb Stéphane Valeri Monte-Carlo SBM
© Photo Frederic Nebinger / Direction de la Communication

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« Dans le cadre de la politique de responsabilité sociétale de l’entreprise menée au sein de la SBM, j’ai souhaité associer nos établissements au dispositif mis en place par cette association monégasque, explique le président délégué de la SBM, Stéphane Valeri. Bien sûr, tout est déjà fait dans le cadre des formations et des fiches de poste de nos personnels dans les établissements de nuit, pour détecter tout excès de la part de certaines personnes. Mais devant certains drames qui se sont malheureusement produits à Monaco, nous avons voulu soutenir davantage encore cette démarche qui agit comme un dispositif complémentaire. »

Les chiffres ont décollé, puisque Be Safe a raccompagné 450 personnes alcoolisées jusque chez elles pendant tout l’été 2023

Be Safe Sécurité routière
© Photo Be Safe Monaco

Pour accompagner ce partenariat, l’Association d’aide aux victimes d’infractions pénales (Avip) va, pour sa part, financer deux CDD, afin d’aider le chauffeur à prendre en charge les personnes alcoolisées. Une attention particulière sera portée aux femmes seules. De son côté, le gouvernement monégasque ne ferme pas la porte à un durcissement de la loi, et il n’écarte pas, non plus, la possibilité de créer, comme en France, en principauté un délit d’« homicide routier », comme l’a expliqué à Monaco Hebdo le département de l’intérieur : « La création d’un tel délit spécifique aurait l’intérêt de mettre le projecteur sur la nécessaire prise de conscience du danger que constitue la conduite en état d’ivresse manifeste, ou en ayant fait usage de substances ou de plantes classées comme stupéfiants, et de la responsabilité qui en découle ».

« En plus de nos navettes, nous distribuons des éthylotests et nous organisons des temps de prévention et de sensibilisation, en partenariat avec les établissements nocturnes. Nous discutons, nous expliquons les risques, nous donnons les outils nécessaires pour prendre des décisions responsables au volant. Parce que chaque vie compte »

Laura Dias. Secrétaire générale de Be Safe
Be Safe Sécurité routière
© Photo Be Safe Monaco

800 personnes ramenées depuis octobre 2023

« Le partenariat avec la SBM va nous permettre de renforcer notre action en direction des jeunes, qui sont souvent les premières victimes des accidents de la route dus à l’alcool, notamment pendant l’été, estime Laura Dias. Actuellement, notre navette électrique tourne les vendredis et les samedis, entre 1 heure et 5 heures du matin. Depuis le 1er octobre 2023, ce sont plus de 800 personnes qui ont été ramenées. Nous pourrions même finir par avoir besoin d’une troisième navette ! Il y a donc un vrai besoin de sécurisation des déplacements, auquel nous répondons sans jugement mais avec une envie de sensibiliser. » Et de sensibilisation, il en est régulièrement question au sein de l’association Be Safe. « Nous sommes convaincues qu’il faut parler de ce sujet avec les jeunes, reprend Laura Dias. Il faut une prise de conscience, comme chez les générations précédentes. Les récents drames sur la route, et la douleur qu’ils ont générée dans la communauté monégasque, doivent au moins servir à cela. C’est pourquoi, en plus de nos navettes, nous distribuons des éthylotests et nous organisons des temps de prévention et de sensibilisation, en partenariat avec les établissements nocturnes. Nous discutons, nous expliquons les risques, nous donnons les outils nécessaires pour prendre des décisions responsables au volant. Parce que chaque vie compte : chacun a le droit de rentrer chez soi en toute sécurité, après une soirée entre amis ou une sortie en ville. »

Be Safe Sécurité routière
© Photo Be Safe Monaco

Les accidents de la route, caillou dans la chaussure de la sécurité à Monaco

Si Monaco reste un territoire très « sûr » en termes de sécurité — en 2023, les chiffres de la délinquance ont atteint un plus bas historique, avec 49 faits recensés (un par semaine, contre un tous les trois jours en 2016) —, les accidents de la route restent trop nombreux pour un territoire d’une superficie limitée comme celui de la principauté. Ainsi, si le nombre d’accidents de la route a baissé d’environ 5 % en 2023, les cas d’alcoolémie et d’usage de stupéfiants ont nettement augmenté. Les chiffres de la police monégasque, rendus publics en janvier 2024 par le chef de la sûreté publique, Richard Marangoni, ont ainsi fait état de 118 cas de détention de stupéfiants (contre 79 en 2022), de 134 cas de conduite en état d’ivresse (101 en 2022), et de 347 cas d’état d’ivresse publique et manifeste (283 en 2022). En 2023, trois accidents de la circulation ont coûté la vie à six personnes. Un bilan d’une ampleur rare pour Monaco, qui a poussé le gouvernement à travailler sur plusieurs pistes pour éviter au maximum ces drames. Une modification des textes de loi est ainsi à l’étude pour permettre aux agents d’opérer des contrôles d’alcoolémie de manière préventive, et non uniquement en cas d’accident. Le montant de l’amende pour infraction d’ivresse publique et manifeste pourrait aussi être revu à la hausse. Il est actuellement de 75 euros et de 37,50 euros s’il est immédiatement payé. Des montants trop faibles, comme en témoigne le nombre de personnes condamnées pour cette infraction en 2023 (347 cas, contre 283 l’année précédente). Une réflexion est par ailleurs engagée sur une sanction financière significative pour les détentions de faibles quantités de stupéfiants — les contrôles d’identité ont abouti en 2023 à une hausse de 49 % des cas de possession de stupéfiants, en grande majorité du cannabis, en petite quantité, entre 0 et 5 grammes. Enfin, les services du gouvernement monégasque planchent sur une meilleure utilisation des dispositifs de prévention, comme la vidéo-surveillance ou l’augmentation du nombre d’agents sur le terrain. Voire, la reconnaissance faciale, lorsque le législateur aura donné son feu vert.

1) Be Safe Monaco est à la recherche de bénévoles pour ses différentes actions à Monaco. Si vous souhaitez aider cette association dans sa lutte contre les dangers de l’alcool au volant, vous pouvez envoyer un e-mail à l’adresse suivante : bsafe@monaco.mc.

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