mercredi 29 avril 2026
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Nouveau centre hospitalier princesse Grace : vers une augmentation « conséquente » du budget de fonctionnement

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Il l’a évoqué dès l’ouverture des débats sur le budget primitif 2025. Le président du Conseil national, Thomas Brezzo a déploré « qu’à ce jour, aucun budget de fonctionnement ne nous a été communiqué » à propos du nouveau centre hospitalier princesse Grace (NCHPG). Il est revenu à la charge, lors de la deuxième séance budgétaire, qui s’est déroulée dans la soirée du 16 décembre 2024. Après la pause, autour de 22 h 30, Thomas Brezzo a reposé la question au conseiller-ministre pour les affaires sociales et la santé, Christophe Robino, qui a expliqué qu’une série de projections étaient en cours pour chiffrer cela avec l’appui des équipes financières du centre hospitalier princesse Grace (CHPG) : « Ces projections doivent tenir compte du fonctionnement, en même temps, du CHPG et du nouveau bâtiment du NCHPG, en essayant d’évaluer les besoins en personnels supplémentaires liés à cette interphase. La mise en service d’un deuxième « semi-hôpital » à côté de l’hôpital actuellement en service se fait à coûts constants, tant en termes de ressources humaines, que de dépenses économiques. »

Thomas Brezzo © Photo Conseil National

Christophe Robino a rappelé que « dans le NCHPG, il y a aura une informatisation et une domotique extrêmement importante, ce qui amènera une consommation d’énergie beaucoup plus grande. Donc, il est clair que cela va entraîner une augmentation de la subvention d’équilibre, car le budget du CHPG, tel qu’il est construit, est un budget de fonctionnement qui est basé sur l’évaluation des recettes. Si ces recettes sont assez facilement quantifiables, pour les dépenses on est en train d’essayer de les prévoir au mieux pour le budget 2027, puisque, a priori, on sera en année pleine en 2027 ». Ce qui n’a pas empêché Thomas Brezzo de trouver « regrettable que pour un investissement aussi conséquent, et alors que le « reste à payer » reste supérieur au montant initial voté par cette Assemblée, presque dix ans après et un an avant l’entrée en fonctionnement de la phase 1, on n’ait toujours pas le coût de fonctionnement, qui sera une dépense relativement élevée pour les finances publiques ». Avant de prévenir : « Aujourd’hui, il y a urgence à ce que ces études soient réalisées et que l’on puisse être informé. Cela ne doit d’ailleurs pas s’arrêter au CHPG, cela doit s’appliquer à l’ensemble des investissements publics. »

« Il est clair que cela va entraîner une augmentation de la subvention d’équilibre, car le budget du CHPG, tel qu’il est construit, est un budget de fonctionnement qui est basé sur l’évaluation des recettes »

Christophe Robino. Conseiller-ministre pour la santé et les affaires sociales

Christophe Robino a assuré être d’accord avec ce point de vue : « Je vous rejoins sur cette préoccupation, on l’a partagée à une autre époque [avant de rejoindre le gouvernement le 13 avril 2022, Christophe Robino a été conseiller national de 2013 à 2022 — NDLR]. Je suis extrêmement préoccupé car, contrairement à ce qui a été dit, je ne suis pas convaincu que le fonctionnement du nouvel hôpital coûtera moins cher que l’ancien. » Pour le moment, le gouvernement doit naviguer dans le flou, comme l’a expliqué le conseiller-ministre pour les affaires sociales et la santé : « Il est difficile d’évaluer le coût exact, puisqu’un certain nombre d’évolutions du NCHPG sont envisagées. Car on ne peut pas décider vingt ans avant de ce qu’on aura vingt ans après. Il y a donc des ajustements de programmes qui sont obligatoirement faits, car les technologies évoluent. Habituellement, on réévalue ce genre de programme tous les cinq ans. On est en train de regarder pour assez rapidement avoir une idée de ce dont on aura besoin et de quoi sera constituée la phase 2. Notre préoccupation, c’est de faire évoluer les activités, en touchant a minima aux structures, de façon à éviter les gros débordements. Par contre, cela peut avoir un impact sur les coûts de fonctionnement, selon les activités qui seront développées et celles qui seront abandonnées. Il est donc difficile de faire des projections aujourd’hui. »

Il faudra donc encore un peu de patience aux élus du Conseil national. « Les premières projections que l’on a, qui sont très indicatives et qui se projettent à 2027, laissent entrevoir une augmentation conséquente du budget de fonctionnement. Cela durera tant qu’on devra entretenir les anciens bâtiments en même temps que les nouveaux, il y aura forcément des surcoûts liés à la nécessité de dupliquer certaines installations, certaines équipes hospitalières », a ajouté Christophe Robino. Un discours qui a amené Franck Julien, rapporteur du projet de loi de budget primitif 2025 et président de la commission des finances et de l’économie nationale du Conseil national, a réagir à son tour : « Il faut vraiment que l’Etat se dote de cette discipline. Quand il fait des investissements, il doit savoir quels sont les coûts d’exploitation. C’est vraiment une discipline de base. Sinon, on risque d’avoir des budgets non maîtrisés, dans lesquels on est coincés. Une fois que l’on a construit, si on s’aperçoit que l’on n’est pas capable d’injecter l’argent pour exploiter, on se retrouve un peu perdus. On en parle pour le CHPG, mais on aurait aussi pu en parler pour le centre de tri et de valorisation des déchets (CTVD), pour lequel c’est aussi un point d’inquiétude. Si on ne sait pas combien ça coûte à l’avance, on risque de se retrouver dans des pièges. » Puis, s’adressant au gouvernement, dans son ensemble, Franck Julien a prévenu : « A l’avenir, le Conseil national sera extrêmement vigilant et vous posera systématiquement la question. » Ce à quoi Christophe Robino a répondu : « Nous en avons conscience, c’est une culture que nous essayons de développer. Dès que j’aurai des projections qui tiennent la route, je les partagerai avec vous. »

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