mercredi 29 avril 2026
AccueilActualitésSociétéNavettes maritimes Nice-Monaco-Menton : Didier Guillaume n’y croit pas

Navettes maritimes Nice-Monaco-Menton : Didier Guillaume n’y croit pas

Publié le

Alors que la mise en service d’une navette maritime entre Nice et Cap d’ail était espérée pour 2022 avant d’être repoussé, l’appel d’offres ayant été infructueux [à ce sujet, lire notre article Navette maritime Nice-Cap d’Ail – Philippe Pradal : « Une mise en service en 2022 », publié dans Monaco Hebdo n° 1205 — NDLR], Sébastien Maréchal, directeur des transports et de la mobilité à la métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM), avait assuré dès 2019 à Monaco Hebdo que le projet monégasque était « tout à fait réalisable » [à ce sujet, lire l’interview de Sébastien Maréchal, publiée dans Monaco Hebdo n° 1092 — NDLR]. Dans la soirée du 16 décembre 2024, le ministre d’Etat, Didier Guillaume, est venu doucher les espoirs des élus qui espèrent voir ce projet aboutir, dont Marine Hugonnet-Grisoul : « Une navette maritime devrait être mise en place entre Nice et Cap d’Ail à l’occasion de la troisième conférence des Nations unies sur les océans qui se déroulera à Nice, mais également à Monaco du 9 au 13 juin 2025. Si cette navette est mise en place ponctuellement, pourquoi pas tout le temps ? »

La conseillère-ministre pour l’équipement, l’environnement et l’urbanisme, Céline Caron-Dagioni, a assuré n’avoir « aucune information précise » sur ce sujet. « Beaucoup de villes ont des navettes maritimes. En France, il y a Marseille, Cannes avec les îles de Leyrins, Sète et Toulon. En Italie, il y a Gênes, Naples et Palerme. En Grèce, il y a Athènes et Santorin. Je sais qu’à un moment donné, la France a voulu arrêter ce projet. Mais peut-être qu’avec vos connaissances et votre relation avec le président actuel français, le moment serait bien choisi pour insister sur ce projet de navette maritime, qui, pour moi, n’est pas la solution miracle, mais une petite clé dans l’amélioration de la mobilité », a glissé Marine Hugonnet-Grisoul à l’attention du ministre d’Etat, Didier Guillaume. Mais ce dernier est donc venu refroidir les espoirs des élus : « Vous avez fait une mauvaise comparaison. Vous avez comparé des choux et des carottes. Les navettes dont vous parlez, ce sont des navettes de tourisme. Entre Nice et Monaco, nous ne parlons pas de navettes de tourisme. Et là, je n’y crois pas. La situation de la mer, la situation du vent, est-ce que les clients prendront cette navette, combien ça va coûter… » Marine Hugonnet-Grisoul a insisté, expliquant que ce sujet lui tenait à cœur, et qu’il ne s’agissait pas d’une simple « mesurette ».

A Toulon, la municipalité s’appuie sur 11 lignes de bateaux-bus qui sont présentées comme la continuité des lignes de bus de cette ville, comme l’a expliqué à Monaco Hebdo Geneviève Lévy, vice-présidente en charge des mobilités à la métropole Toulon Provence Méditerranée et deuxième adjointe à la mairie de Toulon : « Il y a une continuité physique et tarifaire, puisqu’un même billet peut permettre de prendre le bus en sortant de la navette, si ce trajet n’excède pas une heure. »

Lire aussi | Bateaux-bus de Toulon — Geneviève Lévy : « Nous avons gagné 400 000 passagers en 10 ans »

Didier Guillaume est resté ferme. Il a répondu à Marine Hugonnet-Grisoul : « Je comprends que ce sujet vous tienne à cœur. Mais c’est la même mer. Le jour où cette mer est déchaînée, il n’y aura personne dans la navette de tourisme. Elle sera peut-être même arrêtée. Or, si c’est une navette destinée aux salariés, cette navette ne doit pas être arrêtée. Elle doit fonctionner tous les jours. Ça s’appelle un service public. »

Newsletter

Une sélection quotidienne d'informations directement dans votre boite Mail