lundi 16 février 2026
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Parking de la Brasca : Roland Mouflard n’est toujours pas convaincu

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Il s’était déjà exprimé sur ce sujet l’an dernier « à titre personnel ». Le conseiller national, Roland Mouflard, a de nouveau évoqué le projet de parking-relais de 3 500 places à la Brasca, à l’occasion de la deuxième séance publique consacrée au budget primitif 2025.

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On se souvient qu’à l’occasion de l’étude du budget primitif 2024, cet élu s’était dit « mal à l’aise avec l’idée de faire une cathédrale de béton pour stocker des voitures qui feront 90 % du chemin jusqu’à Monaco en polluant, et qui viendront s’y garer avec un impact carbone qui ne sera pas, je pense, très favorable. Alors qu’il existe déjà une infrastructure : le train ». A nouveau, ce sujet a provoqué des réactions interrogatives de la part des conseillers nationaux. « Est-ce vraiment le sens de l’histoire de faire venir les gens à Monaco en voitures dans une perspective de vingt ans ? Est-ce que dans vingt ans le nirvana de tout décideur politique ce sera de vouloir faire venir des voitures en principauté pour venir travailler ? Je n’en suis pas persuadé », a glissé, pour sa part, le vice-président du Conseil national, Jean-Louis Grinda. « C’est une aberration écologique, a repris Roland Mouflard. Les gens qui utiliseront ce parking auront déjà fait l’essentiel de leur déplacement en voiture, ils auront déjà pollué sur tout le chemin. »

Puis, il a évoqué le coût de ce chantier : « 1,2 milliard d’euros pour 3 500 véhicules. Ça fait 350 000 euros par véhicule. Cela va réduire la circulation de 3 %. On va gagner environ une minute pour chacun de nos trajets. Il y avait l’idée de faire, peut-être, appel à des investisseurs privés sur ce projet. Donc, 3 500 véhicules qui paient leur parking au prix d’aujourd’hui, cela fait une rentabilité de 0,3 %. Je ne sais pas ce qu’en pensent messieurs Genta et Chiappori, mais des investisseurs avec une rentabilité de 0,3 %, on devrait plutôt les appeler des donateurs, voire des mécènes. Je ne croyais pas à ce projet. Maintenant que nous avons les chiffres, cela me semble une aberration. Pourquoi poursuivre ce projet, alors u’il n’a aucun sens économiquement ? », a demandé Roland Mouflard au gouvernement monégasque.

Céline Caron-Dagioni, conseillère-ministre pour l’équipement, de l’environnement et de l’urbanisme a répondu : « Ce n’est pas 1,2 milliard pour le parking. Si je vous présentais un parking à 1,2 milliard, je pense que je pourrais prendre ma retraite… Je rappelle qu’en plus de ce parking, il est prévu une liaison souterraine, quasiment un semi-métro qui part de la Brasca et descend à la Condamine. Ce projet est un projet au long cours, puisque le terrain a été acquis par l’Etat, il y a longtemps. Le plan local d’urbanisme (PLU) de la zone a été modifié à la demande de la principauté pour y inclure ce projet. Le gouvernement a lancé un appel à projet pour février 2025 vers une équipe de constructeurs et d’exploitants, et pas des donateurs. Je ne connais aucun exploitant en matière de mobilité qui soit philanthrope. » Leur objectif sera de rendre ce parking et sa liaison souterraine rentable. Mais aussi, et avant tout, de dire si ce projet est viable ou non. « Je ne sais pas si ce projet de la Brasca se fera, a ajouté le ministre d’Etat, Didier Guillaume. Pour l’instant, nous regardons toutes les possibilités. […] J’ai bien l’intention que nous arrivions aussi à lancer une étude avec la France pour le projet de métro Nice-Menton, pour savoir si c’est possible ou pas. Moi, je n’en sais rien, je ne suis pas ingénieur. »

Celine Caron-Dagioni a assuré que le gouvernement jouerait la transparence avec le Conseil national : « Nous n’avons pas l’intention de travailler ce projet dans notre coin. C’est un dossier éminemment politique, qyi relève d’une mobilité transfrontalière. Vous appelez de vos vœux que l’on puisse bloquer les gens à l’entrée de ville, sur le parking Evos [le parking des Salines — NDLR]. Un tel ouvrage nous permet de canaliser une partie des gens qui arrivent par l’autoroute. Qu’on le veuille ou non, la voiture est toujours utilisée par les gens. On peut considérer qu’ils ne voudront pas s’arrêter. Peut-être qu’à un moment donné, nous déciderons que certains s’arrêteront. Que certains touristes s’arrêteront là, pour arriver via une liaison propre dans le cœur de ville de la principauté. »

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