
Alors que 20?000 personnes de moins de 65 ans en France vivent avec la maladie sans le savoir, des tests sanguins devraient permettre prochainement d’établir un diagnostic bien plus précoce. Ils suscitent déjà la polémique parmi les chercheurs.
Pertes de mémoire à répétition, désorientation soudaine, difficultés d’audition grandissantes… Entre des troubles annonciateurs pas faciles à identifier et des diagnostics cliniques souvent longs à mener, la maladie d’Alzheimer reste encore trop souvent dépistée sur le tard. A la clé?? Des soins d’autant moins efficaces que le déclin cognitif est avancé. Ils seraient pourtant aujourd’hui 20?000 âgés de moins de 65 ans à vivre en France avec la maladie sans le savoir. En tout, près de la moitié des patients seraient encore mal diagnostiqués?! Le dépistage constitue donc la clé de voûte de la prise en charge, d’autant que les troubles d’Alzheimer proviennent de lésions occasionnées généralement 30 à 40 ans plus tôt.
Echantillons d’urines et de sang
De plus en plus d’équipes de recherche se mobilisent à travers la planète pour trouver la technique permettant de détecter plus tôt et plus simplement cette affection du grand âge. Des tests à partir d’échantillons d’urines ont été tentés pour identifier d’éventuels marqueurs. Mais les techniques novatrices les plus prometteuses utilisent les échantillons de sang. En 2009, une société française avait déjà fait sensation en annonçant pour le premier trimestre 2011 un test sanguin permettant en quelques minutes de diagnostiquer la pathologie chez 7 patients sur 10?! Sans grand résultat au final. D’autres équipes ont creusé la piste depuis et un groupe de chercheurs américains de Floride vient d’annoncer un test sanguin apparemment fiable et commercialisable sous peu. Le principe?? Détecter dans les échantillons sanguins des anticorps spécifiques que le système immunitaire fabriquerait en réponse à la maladie – et en particulièrement un marqueur appelé l’immunoglubine.
Polémique
Ce type d’approche suscite pourtant des polémiques chez les scientifiques. Certains chercheurs s’opposent à la détection trop précoce de la maladie. Pas question pour eux d’aller annoncer le diagnostic à des stades où il n’existe encore aucun traitement pour agir. Mais l’inquiétude porte surtout sur la fiabilité de ces dépistages par tests sanguins qui continue à laisser perplexe une partie des experts. Cet hiver, plusieurs équipes de recherche de six nationalités ont publié une étude préconisant une méthode diagnostic couplant tests de mémoires et tests biologiques visant à déceler des anomalies cérébrales chez les patients (ces anomalies peuvent apparaître cinq ans avant les premiers troubles de mémoire). Plus fiable certes, cette méthode présente néanmoins un handicap de taille?: la technique nécessite un appareillage sophistiqué et une ponction lombaire douloureuse. L’emploi d’IRM pourrait rendre la méthode plus simple et plus accessible, mais ces appareils d’imagerie restent encore limité et coûteux… Et les recherches sur les tests sanguins avancent entre temps.



