
La Fondation Turquois permet chaque année à vingt Mexicains de venir apprendre la cuisine en Principauté. L’un d’eux, Pablo Soto, revient sur son parcours.
Par Romain Chardan.
«Pour moi, la cuisine est vraiment une passion ». Le ton est donné par Pablo, l’un des stagiaires de la Fondation Turquois. Dans un français d’une extrême qualité, agrémenté d’un doux accent latino, ce jeune Mexicain de 24 ans est très heureux de sa formation. Bien avant de tenter l’aventure proposée par la fondation monégasque, Pablo était déjà dans le monde de la cuisine. « Après le bac, je me suis lancé dans des études de cuisine pendant 4 ans ». L’équivalent d’un bac +4 en poche, il entend alors parler de cette fondation qui propose un stage de 5 mois tous frais payés. « J’ai cherché sur Google, et j’ai rempli les premiers formulaires avec mon CV ». S’en est alors suivie une série d’examens et d’entretiens. Une fois ces modalités validées, le plus dur est arrivé. « Pendant 5 mois, nous avons reçu une formation accélérée de français, si nous n’avions pas le niveau à la fin, on ne partait pas ». L’équation était donc simple pour ces aspirants cuisiniers?: parler français correctement ou rester au pays. Pablo a pu s’appuyer sur les bases qu’il avait acquises lors de cours qu’il avait suivi auparavant, et ainsi afficher un très bon niveau de langue. La théorie passée, Pablo allait pouvoir montrer de quoi il est capable derrière les fourneaux, lui qui a déjà travaillé dans 5 restaurants différents.
« Me baigner dans la Méditerranée »
« J’ai toujours voulu venir et découvrir cette partie du monde, et Monaco, c’est quelque chose quand même ». Avec des yeux d’enfants découvrant ses cadeaux sous le sapin de Noël, le jeune latino débarque en Principauté en 2011 et découvre un nouveau monde. Arrivé début octobre sur les bords de la Méditerranée, il a également pu réaliser l’un de ses rêves. « Depuis tout petit, j’ai toujours rêvé de me baigner dans la Méditerranée, ce que j’ai fait plusieurs fois », nous confie-t-il. Profiter, oui, mais le plus important était de travailler. Croyant fermement en ses qualité, et d’un naturel optimiste, il a ainsi accueilli avec joie la réponse à sa demande de stage dans le restaurant de Joël Robuchon, à l’hôtel Métropole. « J’ai pu rencontrer M. Robuchon, c’était très sympa, nous avons parlé du Mexique et de cuisine, un très bon souvenir », se remémore Pablo. Entre théorie et pratique, la cuisine française n’a plus aucun secret pour lui. La journée hebdomadaire au Lycée technique et hôtelier a permis à Pablo et ses camarades de saisir toutes les subtilités de la cuisine traditionnelle française. Sa formation terminée, il aspire à de grandes choses pour l’avenir.
Développer la gastronomie mexicaine
Pablo sera bientôt de retour à Mexico, sa ville natale. Comme chaque Mexicain, il est animé « d’un fort sentiment patriotique ». Ayant déjà plusieurs propositions de travail qui l’attendent à son arrivée, il espère cependant ouvrir son affaire d’ici quelques années. « J’aimerais vraiment ouvrir un restaurant et faire évoluer la gastronomie mexicaine ». Une ambition certaine, qui va de pair avec les croyances de Pablo. De la tradition aux nouvelles technologies en matière de cuisine, il se dit prêt à marier les deux. Et ce, pour le plus grand plaisir de nos papilles.



