
L’AS Monaco recevait le SC Bastia pour la 23ème journée de Ligue 2 le 13 avril dernier. Dans les tribunes comme sur le terrain, c’est l’île de Beauté qui l’a emporté.
Par Romain Chardan.
Voilà deux semaines que joueurs et supporters préparaient ce match. Invaincu depuis 40 ans sur ses terres face aux Corses, le club de la Principauté a chuté lundi dernier. Une tête de Diallo à la 86ème a fait exploser la tribune corse, et a replongé des supporters asémistes, pourtant confiants avant la rencontre, dans un silence de cathédrale.
L’optimisme d’avant-match
Avant la rencontre, les spectateurs rouge et blanc arrivent doucement mais sûrement au stade. La faible température en a refroidi plus d’un, mais les aficionados sont là. Norbert Siri, président du club des supporters de l’ASM, les accueille au fil des arrivées. Les discussions commencent, et le recrutement revient rapidement sur le tapis. Quand on lui demande ce qu’il en pense, le président développe?: « C’est un recrutement copieux et disparate, mais les joueurs semblent avoir de la qualité ». Christian Gillet, responsable de l’antenne de supporters de l’ASM de Fréjus, dans le Var, s’inquiète de la « barrière de la langue ». « Dans la grande majorité, ils ne parlent pas français, ça risque d’être compliqué pour communiquer », ajoute-t-il. Les deux hommes se rejoignent sur le fait qu’ils sont tous plus ou moins « inconnus de la scène européenne ». Norbert Siri place cependant de grands espoirs sur Nabil Dirar, la recrue phare du mercato. « Je le trouve très fort, il a beaucoup d’inspiration mais il doit se discipliner dans son jeu pour être efficace ». Simplicité, sobriété en somme. Les attentes sont grandes depuis l’arrivée de l’investisseur russe Dmitry Rybolovlev et la mise en place du nouveau staff.
A la découverte des nouveaux
Dès lors que l’échauffement a commencé, les supporters bastiais ont montré qu’ils étaient venus en masse pour soutenir leur équipe. Les insulaires ont ainsi montré aux nouvelles recrues asémistes ce qui risque de les attendre à chacune de leurs sorties dans leur jardin de Louis?II?: quelques ultras qui tentent de chanter et des spectateurs amorphes pour la plupart. Tout le contraire des insulaires, qui, entre chants, pétards et bombes agricoles n’ont cessé de faire monter la température. Une différence qui s’explique, selon Norbert Siri, par les résultats asémistes depuis l’épopée européenne de 2003-2004. « Les gens ne viennent plus trop, le spectacle n’est plus au rendez-vous, c’est compréhensible, surtout avec ce froid. » Le début de match ne réchauffe pas son monde, et seul un fumigène déclenché par les ultras monégasques fait office d’événement. La dernière demi-heure de la première mi-temps va offrir un peu de spectacle, avec des rouge et blanc se faisant de plus en plus dangereux. Mais les deux portiers veillent au grain, et aucun but n’interviendra avant la pause.
Une nouvelle désillusion
La seconde période démarre, et les chants corses reprennent. Timidement, quelques Monégasques tentent de donner le change, sans succès. Le match qui se déroule en tribunes va se transposer sur le terrain. Après une belle première mi-temps, les rouge et blanc apparaissent empruntés physiquement, désunis. Un groupe d’individualités face à une équipe soudée. La domination des bleus se concrétise finalement par le but de Diallo. Le kop bastiais exulte, fumigènes, bombes agricoles et autres pétards retentissent. Une compagnie de CRS fait son entrée, dans le but de calmer le jeu. Monaco s’incline face aux Corses. Marco Simone déclarait samedi, en marge du tournoi de beach soccer (voir page 23), « qu’il faudra répondre présent de la première à la dernière minute ». Le coach de l’ASM qui attendait de « voir ses nouveaux sur le terrain » a pu constater qu’il lui reste du travail. Comme les supporters, qui espèrent beaucoup plus qu’une belle performance de Kagelmacher ou de belles ouvertures du nouveau milieu de terrain Koman. « Ce n’était pas une équipe en deuxième mi-temps, il est nécessaire de trouver une cohésion ».
«?Un patrimoine du foot?»
En marge du Monaco Beach Soocer organisé par Pascal Olmeta (voir p. 23), Luis Fernandez a donné son avis à Monaco Hebdo sur la situation de l’ASM.
Monaco Hebdo?: Comment voyez-vous la situation de l’ASM??
Luis Fernandez?: Elle s’est améliorée sur le plan financier. Il faut maintenant repartir au niveau sportif. Monaco fait partie du patrimoine du football français, le club se doit de se maintenir. La compétition est longue, il faut être bon, à eux de relever la tête.
M.H.?: Pensez-vous que ce recrutement de masse soit une bonne chose??
L.F.?: Je ne peux pas trop parler là-dessus, je ne les connais pas du tout. Il faut souhaiter que la mayonnaise prenne vite, et qu’ils s’intègrent rapidement au collectif. Mais cela reste une bonne chose, il était nécessaire de renforcer l’effectif.
M.H.?: Auriez-vous un conseil à donner à Marco Simone??
L.F.?: Pas vraiment, il fait partie de ces joueurs qui ont un grand vécu, il a joué dans de grands clubs avec de grands joueurs. Son expérience sur un banc est assez jeune, mais c’est à lui de trouver les mots, de faire ce qu’il faut pour sortir l’ASM de cette situation.



