lundi 16 février 2026
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Explorations de Monaco : « Nous allons en Grèce, pour le développement des aires marines protégées »

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Xavier Prache, chef de mission et directeur de la Société des Explorations de Monaco, revient pour Monaco Hebdo sur le lancement, en octobre 2024, d’une Mission Méditerranée dans les eaux grecques. « Elle nous permettra de développer nos différents axes de travail : la diplomatie, la médiation et la réflexion scientifique », explique-t-il.

Comment avez-vous dessiné les contours de cette future mission en Grèce ?

Cette mission s’inscrit dans le cadre de celles que l’on appelle « Missions Méditerranée ». Celles-ci se déroulent sur plusieurs années, dans le pourtour méditerranéen et sous l’impulsion du prince Albert II. Engagé de longue date pour la préservation de la Méditerranée, il nous demande, à travers ces missions, de braquer les projecteurs sur l’urgence et sur l’importance d’un développement accéléré et d’une gestion efficace des aires marines protégées dans ce milieu naturel. Les Missions Méditerranée nous permettent de travailler sur un temps long, d’aller deux à trois fois par an dans les zones que l’on cible, pour développer nos différents axes de travail – la diplomatie, la médiation et la réflexion scientifique. La Grèce va être notre première « vraie » Mission Méditerranée, après l’annonce du programme à Barcelone. Notre bateau appareillera de Monaco à la fin du mois de septembre 2024, et il sera actif pendant un mois sur les côtes grecques en octobre 2024.

« Les Missions Méditerranée nous permettent de travailler sur un temps long, d’aller deux à trois fois par an dans les zones que l’on cible, pour développer nos différents axes de travail – la diplomatie, la médiation et la réflexion scientifique »

Quels en seront les objectifs ?

Cette mission en Grèce sert notre objectif global, qui est de développer et de renforcer les aires marines protégées. Dans le détail, elle contribuera à atteindre l’objectif de 30 % de sites du bassin méditerranéen dûment conservés et gérés à horizon 2030, à promouvoir une coopération régionale en incitant les États à porter une vision partagée de la préservation de leur héritage maritime, à renforcer les engagements des parties prenantes à prendre des mesures fortes en termes de conservation et de gestion durable de la Méditerranée. Il s’agira aussi d’encourager et d’alimenter la cartographie des aires marines protégées, en lien avec les gestionnaires, et de sensibiliser l’opinion publique à ces enjeux. Enfin, cette mission contribuera à l’identification des freins au développement des aires marines protégées, pour que l’on puisse proposer des solutions pour les contourner.

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Xavier Prache. Chef de mission et directeur de la Société des Explorations de Monaco. © Photo Musée Océanographique de Monaco

Qui va participer à cette mission ?

Le bateau que l’on va utiliser n’est pas forcément immense, mais il est extrêmement efficace. Il dispose d’une capacité d’emport de huit personnes, dont trois membres d’équipage. On trouvera à son bord, en plus de ces derniers, des chercheurs, des scientifiques et/ou, selon les travaux en cours, des étudiants, venus pour des cas pratiques. Mais aussi, des décideurs politiques, des représentants des autorités locales, ainsi que le prince Albert II, que nous aurons à cœur d’accueillir.

Quoi d’autre ?

Enfin, en plus des scientifiques, des étudiants, des chercheurs, des institutionnels, et des gestionnaires d’aires marines protégées, cette mission sera caractérisée par deux autres types de participants. D’une part, le public le plus large possible, qui sera librement invité, à chaque mission, à voir l’exposition itinérante Le temps de l’action – Les aires marines protégées de Méditerranée. Guidé par un personnage virtuel, « Pam », biologiste et plongeuse, le public aura accès avec son smartphone à des commentaires sur chaque panneau dans la langue d’origine du pays d’accueil, en français et en anglais. Et, d’autre part, un public « virtuel », pourra suivre cette mission sur le site Internet des Explorations de Monaco. Notamment à travers des billets, des pastilles vidéo, et des ressources complémentaires, sans oublier l’exposition itinérante, qui est également disponible dans la langue de son choix.

« La Grèce va être notre première « vraie » Mission Méditerranée, après l’annonce du programme à Barcelone. Notre bateau appareillera de Monaco à la fin du mois de septembre 2024, et il sera actif pendant un mois sur les côtes grecques en octobre 2024 »

Quelles seront les zones visitées et étudiées lors de cette mission en Grèce ?

Avec l’aide des services du gouvernement grec, nous avons identifié trois pôles d’intérêt. Le premier, c’est à Alonissos. Alonissos, c’est une aire marine protégée, l’une des plus grandes en termes de surface, qui se trouve à l’est de la Grèce. Elle bénéficie d’un niveau de protection assez élevé, avec des colonies de phoques moines. Cette espèce de phoques était encore en danger de disparition voilà quelques années. Mais grâce aux actions qui ont été mises en œuvre, elle recommence à être bien présente en Méditerranée. Ensuite, nous nous rendrons au nord de l’archipel des Cyclades, lesquelles sont soumises à des grosses pressions touristiques. Les autorités grecques ont besoin de notre regard et de notre action en termes de médiation et de sensibilisation, pour prendre les bonnes décisions pour gérer et protéger l’héritage maritime de cette zone. Enfin, le troisième pôle, c’est Athènes. Nous y proposerons notre exposition Le temps de l’action.

Explorations de Monaco Grèce Xavier Prache
Biopsie sur une grande nacre Pinna nobilis, à Port-Cros, l’une des quatre îles d’Hyères (Var). © Photo Mathieu Foulquié / Biosphoto

Comment est assuré le financement de cette expédition ?

Les Explorations de Monaco, c’est une structure, créée en 2017, qui fonctionne avec une subvention du gouvernement monégasque. Elle nous permet d’affréter un bateau, de monter un certain nombre d’activités de médiation, de préparer nos missions, de communiquer sur les résultats obtenus… En plus de la subvention allouée par le gouvernement princier, les Explorations de Monaco s’appuient sur ses partenaires institutionnels, la fondation Prince Albert II, l’Institut océanographique, le Centre scientifique de Monaco, et le Yacht Club de Monaco, pour soutenir ses initiatives, ainsi que sur les partenaires de circonstance qui agissent en Méditerranée, comme le réseau des gestionnaires d’Aires Marines Protégées en Méditerranée (MedPAN), le MedFund, le centre d’activités régionales pour les aires spécialement protégées (SPA/RAC)…

« Cette mission contribuera à atteindre l’objectif de 30 % de sites du bassin méditerranéen dûment conservés et gérés à horizon 2030, à promouvoir une coopération régionale en incitant les États à porter une vision partagée de la préservation de leur héritage maritime »

Comment comptez-vous communiquer sur les résultats obtenus lors de cette mission en Grèce ?

Cela va dépendre des objectifs poursuivis au cours de ce mois en Grèce. Tout d’abord, l’idée c’est de pouvoir collecter des données dans ces différentes zones marines protégées pour alimenter d’autres programmes scientifiques. Je pense, par exemple, à un programme qui s’appelle Plancton Planète, assez peu développé, voire pas du tout développé, en Méditerranée, et qui permet d’avoir une vision claire de l’état de santé du plancton. Notre présence dans les eaux grecques permettra également de communiquer des informations recherchées par les gestionnaires d’aires marines protégées. D’un point de vue plus grand public, nous travaillons également avec des médias nationaux français pour donner de la visibilité à cette mission. Nous sommes aussi en train de regarder avec des producteurs pour aboutir à la réalisation d’un documentaire valorisant ce que l’on va faire. Et puis, évidemment, les Explorations de Monaco sont présentes sur les réseaux sociaux. Ce qui nous permet d’informer directement le public et d’interagir avec lui.

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Parc archéologique de Baïes (Italie), une zone archéologique située près de Bacoli, dans les Champs Phlégréens. © Photo Franco Banfi / Biosphoto

En bref : la société des Explorations de Monaco, c’est quoi ?

La société des Explorations de Monaco a été créée à l’initiative du gouvernement monégasque. Elle associe la fondation prince Albert II de Monaco, l’Institut océanographique, la fondation Albert Ier, le Centre scientifique de Monaco, et le Yacht Club de Monaco. Elle vient en appui de ces institutions et elle coordonne différentes missions internationales qui associent partenaires monégasques et partenaires extérieurs à la principauté, situés dans le monde entier. En plus des Missions Méditerranée, elle a par exemple mené une mission dans l’océan Indien en 2022, une mission en mer Rouge en 2019, une mission en Nouvelle-Calédonie en 2019, ou encore une mission à Hawaii en 2018. « Les Explorations de Monaco sont au confluent de la plupart des thèmes qui me sont chers, et qui résonnent particulièrement en moi à cet égard, a déclaré, au lancement de la société d’économie mixte (SEM), le prince Albert II. C’est une aventure qui fait aussi écho aux plus belles traditions de la principauté, et s’adresse à l’humanité entière. » La société des Explorations de Monaco est dirigée depuis 2023 par Xavier Prache, qui a pris la succession de Gilles Bossero.

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