
Messe d’adieu à Marie-France Pisier, église Saint-Roch, Paris, 5 mai. Interdire ses amis d’éloge funèbre?? Sage mesure. Bernard-Henri Lévy a déçu?: on le croyait meilleur à l’oral. Monsieur Lévy a ânonné un long texte rendant hommage à la voix de Mademoiselle Pisier. Il s’accrochait à son bloc-notes, oubliant de communiquer l’ivresse qu’il éprouvait en relisant ses mots. Isabelle Huppert a fait trop long, elle aussi, et plat. Mais Frédéric Mitterrand fut simple et émouvant. Et Daniel Cohn-Bendit fit rire en rappelant que bien des amis de l’actrice présents doutaient fortement de l’existence de Dieu et qu’elle-même était agnostique. Le curé, en charge de la paroisse des artistes, en avait certainement entendu d’autres. Restait le chagrin de perdre une Parisienne élégante et ironique, bourgeoise et artiste. Belle… Après la mort, la maladie. On n’est pas loin de l’église Saint-Roch. Sur la ligne B du RER, précisément. Dans son livre Les inégalités de santé dans les territoires français, état des lieux et voies de progrès (éditions Elsevier Masson), le professeur d’aménagement sanitaire Emmanuel Vigneron nous apprend que le risque de mortalité est de 30 % inférieur à la moyenne nationale française, pour les Parisiens vivant près de la station Luxembourg, au Quartier Latin, et qu’il est de 30 % supérieur pour les voisins de la station Stade de France, à Saint-Denis, à 15 minutes de là en RER. Un début d’explication?? 68 médecins spécialistes pour 100?000 habitants dans le 6ème arrondissement, mais 1,5 seulement pour 100?000 habitants en Seine-Saint-Denis.



