
On connaissait le très rigoureux code Hays, qui, en imposant sa bigoterie au cinéma américain de 1934 à 1954 – gare à toute image qui pouvait porter atteinte aux valeurs morales du spectateur?! – stimula l’imagination des plus grands metteurs en scène qui parvinrent à s’en jouer avec brio. Ces temps-ci, c’est la pudibonderie des fondamentalistes musulmans indonésiens qui agit sur la production cinématographique locale. Ces fanatiques ayant interdit les films pornographiques, les cinéastes du cru se font un plaisir d’inviter quelques stars du genre, souvent des hardeuses japonaises très appréciées des foules, pour jouer des rôles banals, et tout habillés, dans des films de série B ou Z… En Roumanie, autre pression?: une proposition de loi vise à imposer le doublage en roumain des films étrangers pour leur diffusion en Roumanie. Insurrection des cinéphiles et des cinéastes de là-bas, qui font valoir que Robert de Niro ou Al Pacino, avec lesquels ils ont souvent appris l’anglais, ne sont plus tout à fait eux-mêmes en roumain. Enfin, à l’heure où Cannes bat son plein, il n’est pas inutile de rappeler les valeurs sûres du cinéma français, ces acteurs qui offrent la meilleure rentabilité aux producteurs. En 2010, pour un euro investi sur François Cluzet, le comédien, à la rémunération modeste, en a rapporté 42,8 dans le chiffre d’affaire des films qu’il a tournés?; Catherine Deneuve, peu gourmande elle aussi, 39, mais Audrey Tautou seulement 2,4 et 6,3 pour Kad Merad, dont les cachets ont augmenté de façon inconsidérée. Pour cause de festival cannois, encore, très peu de sorties cette semaine?: cinq seulement en France. On préférera Tree of Life, joué par Brad Pitt et Sean Penn à Une folle envie, où se perdent Clovis Cornillac et Olivia Bonamy dans leur envie d’enfant.



