C’est « une surprise » pour le conseil communal. Le gouvernement a refusé la mise à disposition d’un local de l’îlot Pasteur comme salle de répétition, alors que les élus mettent en avant les nombreuses demandes de jeunes musiciens et d’associations.
« Aujourd’hui, les jeunes ne peuvent répéter nulle part ! » Lors de la dernière séance du conseil communal, mardi 10 mai, le maire a donné de la voix contre le gouvernement. Ce dernier a adressé un courrier à la mairie en refusant d’autoriser la mise à disposition d’un local de répétition au sein de l’îlot Pasteur. « C’est une surprise », a estimé Georges Marsan. Pour les élus, c’est l’incompréhension car ce projet avait initialement été validé. « Je suis très étonné de la réponse négative qui a été donnée à la commune, alors qu’elle sollicitait l’obtention d’un local de répétition au sein de l’îlot Pasteur », s’est exprimé Jacques Pastor, l’adjoint au maire délégué aux sports et aux loisirs. Et de remettre en mémoire : « Le jour de l’inauguration d’A Casa d’i Soci, tout le monde semblait favorable à continuer l’action engagée en prévoyant la création d’une maison des répétitions dans un proche avenir. » Car plusieurs activités ne peuvent être pratiquées au sein de la nouvelle maison des associations A Casa d’i Soci : « Il est aujourd’hui impossible d’y accueillir les associations dont l’activité requiert de pouvoir disposer d’un espace de répétitions insonorisé (groupes de musique, danse, théâtre) au risque qu’elles ne se gênent entre elles », a estimé le maire. Il a donc renouvelé sa volonté, dans le troisième point à l’ordre du jour, de se doter d’une salle de répétition : « La commune doit pouvoir compléter son offre et répondre aux besoins de tous en disposant d’un local adéquat. »
300 000 euros
Dans sa missive, le gouvernement justifie néanmoins sa décision (1). Parmi les raisons évoquées de ce refus, des contraintes financières. Le projet de salle de répétition est estimé à 300 000 euros — notamment pour l’insonorisation et le matériel. « Le coût des travaux est trop élevé » pour le gouvernement, a déploré Georges Marsan. « Il est à chaque fois très difficile pour la mairie, pour le service concerné, d’opposer des raisons purement matérielles à ces demandes plus que légitimes », a ajouté le maire. « Cette opération constitue un volume global de plus de 100 000 m2, pour un budget de plus de 320 millions d’euros », a rappellé l’adjoint délégué à la jeunesse, Nicolas Croesi. « Un pourcentage négligeable au vu d’une telle opération et pour un équipement d’utilité publique dont la nécessité est avérée », a maintenu l’élu. « Une goutte d’eau ! », a même clamé le maire. « Je ne pense pas qu’on va ruiner le gouvernement… », a ironisé Nicolas Croesi. Cet adjoint a mis en avant les nombreuses demandes de musiciens de la Principauté qui souhaitent s’entraîner, mais aussi d’associations comme des groupes de danse ou de théâtre.
Stockage
Autre motif avancé par l’État, « le local que nous avions identifié devait être un espace de stockage », a mentionné le maire. Il s’agit d’une surface de 300 m2 jouxtant un espace qui doit comprendre la médiathèque et un espace polyvalent. « Que valent la jeunesse et les associations face à du stockage, je vous le demande ! », a tancé Nicolas Croesi. « Les jeunes ont besoin de locaux », martèle-t-il, en demandant au gouvernement de recon-
sidérer sa position sur le dossier. « C’est un des projets majeurs pour lequel nous nous sommes engagés », rappelle l’édile. Un projet à ce jour remis en cause, alors que les travaux viennent à peine de commencer… et pourraient durer plus de quatre ans. Actuellement dépourvus d’une salle de répétition, les jeunes groupes sont contraints « d’aller répéter à La Turbie ou chez des copains », a ajouté Jacques Pastor. Ils pourront se rabattre sur la future petite salle de répétition qui doit voir le jour à la rentrée au sein des nouveaux locaux de l’Association des jeunes de Monaco (lire ci-contre). Une solution qui ne peut inclure les associations de danse ou de théâtre. Du coup, les élus ont « fortement » insisté pour que le gouvernement revoit sa partition.
(1) Contacté par Monaco Hebdo, le gouvernement n’a pas été en mesure de répondre dans les délais qui nous étaient impartis pour le bouclage de ce numéro, le 17 mai.
Une solution chez l’Association des jeunes de Monaco ?
Une salle de répétition de 30 m2 devrait voir le jour en septembre dans les nouveaux locaux de l’Association des jeunes de Monaco (AJM), au parking des Pêcheurs. Une solution de substitution pour les jeunes musiciens de la Principauté, mais pas pour les associations de danse et théâtre.
L’Association des jeunes de Monaco (AJM) vient de rouvrir ses portes le 16 mars. Les nouveaux locaux, au parking des Pêcheurs, avaient déjà été inaugurés en juin 2015. Mais ils avaient subi d’importants dégâts des eaux lors des intempéries d’octobre. Après plusieurs mois de travaux, le nouveau quartier général de la jeunesse monégasque est quasiment prêt. Et il devrait comporter une salle de répétition. « Il s’agit d’une salle d’une trentaine de mètres carrés », explique Margaux Bagnis, assistante de direction. « Des travaux d’insonorisation sont actuellement en cours, et on aimerait acheter une batterie. » À défaut d’un local à l’îlot Pasteur, celui de l’AJM pourrait être la solution pour tous les jeunes musiciens de la Principauté à la recherche d’un lieu pour répéter. « Ce n’est qu’une question de quelques mois, estime Margaux Bagnis. Nous aimerions que la salle de répétition soit prête pour la rentrée, en septembre. » Car comme le martèlent les conseillers communaux, la demande est bien là. « On m’en a effectivement parlé plusieurs fois, confirme l’assistante de direction. Il y a un réel intérêt même pour les jeunes de Menton ou de Roquebrune-Cap-Martin. À part sur Nice, il ne semble pas y avoir beaucoup d’endroits pour répéter. » De plus, les portes de l’AJM ne sont pas qu’ouvertes aux Monégasques, résidents ou scolarisés. Pour pouvoir profiter des lieux — et donc de la future salle de répétition —, les seuls pré-requis sont d’avoir entre 16 et 30 ans et de s’acquitter des frais d’inscription de 15 euros à l’année.




