vendredi 17 avril 2026
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Société des Bains de Mer
LVMH et Galaxy au soutien

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Alors que la Société des Bains de Mer annonce un résultat opérationnel négatif à -31,5 millions, son président délégué, Jean-Luc Biamonti, compte sur les nouveaux actionnaires, LVMH et Galaxy, pour trouver de nouveaux relais de croissance.

 

C’était sans doute l’un des secrets les moins bien gardés. Depuis des mois, les noms des deux nouveaux actionnaires de la Société des Bains de Mer (SBM) avaient très largement “fuité” dans beaucoup de médias. LVMH et le chinois Galaxy Entertainment Group (GEG) ont pris chacun 5 % du capital de la SBM. Du coup, deux nouveaux administrateurs ont été désignés à l’occasion de l’assemblée générale qui s’est déroulée en Principauté le 18 septembre. Pour Galaxy, c’est le directeur opérationnel Michael Mecca qui a été choisi. Alors que pour LVMH, c’est le nom de Nicolas Bazire, directeur du développement et des acquisitions, qui est sorti. Le nom de ce proche de Nicolas Sarkozy est aussi associé à l’affaire Karachi (1), dans laquelle il a été mis en examen. Le président délégué de la SBM, Jean-Luc Biamonti a bien sûr évoqué sa volonté de voir ces deux nouveaux venus apporter leur savoir-faire et leur « expertise » à la SBM. Pas étonnant de la part de ce dirigeant qui martèle depuis de longs mois qu’il souhaitait pouvoir s’appuyer sur de nouveaux actionnaires avec qui des synergies seraient possibles.

 

Macao

Pour démontrer que sa politique est la bonne, rien de tel qu’un exemple concret. C’est ce qu’a proposé Biamonti aux journalistes réunis en conférence de presse, le 18 septembre. Un Café de Paris devrait voir le jour à Macao dès 2016, dans un grand complexe détenu par Galaxy. « Mike est venu avec son chef designer. On leur a donné tous les plans du Café de Paris », a expliqué le président délégué de la SBM. Mi-octobre, une délégation de la SBM, dirigée par Jean-Luc Biamonti partira à Macao. L’occasion de travailler notamment sur ce projet. Mais pas seulement. Puisqu’il s’agira aussi de réfléchir à des stratégies réalistes pour attirer en Principauté des joueurs chinois. Pour coller à la culture asiatique, des croupiers monégasques pourraient être invités à se former quelques temps à Macao.

 

Cheval

Quant à LVMH, les connexions et les synergies sont évidentes. Plusieurs marques de ce géant du luxe sont déjà installées à Monaco, notamment Bulgari, Vuitton, Dior ou Fred. « Leur connaissance de la clientèle internationale nous intéresse. Car leurs clients sont aussi souvent les nôtres, a souligné Jean-Luc Biamonti. Leur activité hôtelière avec leur chaîne Le Cheval Blanc est un autre point de contact entre eux et nous. » Lancé en 2006, le palace Cheval Blanc de Courchevel a poussé le patron de LVMH, Bernard Arnault, à transformer cet établissement en un concept de chaîne d’hôtels de grand luxe. Un hôtel avec peu de chambres, où chaque client reçoit un service personnalisé à l’extrême. De quoi lui faire sentir qu’il est unique et que le personnel comprend le moindre de ses désirs. Le Cheval Blanc, du nom du grand cru bordelais dont Bernard Arnault est aussi propriétaire, a poussé LVMH à mettre en place une direction des activités hôtelières en avril 2010, LVMH Hotel Management. En 2014, un second hôtel Cheval Blanc a ouvert aux Maldives. Puis à Saint-Barthélémy et bientôt à Paris à la place de la Samaritaine. « Entre Courchevel et Monaco, il y a pas mal de synergies. LVMH peut donc nous aider », espère le président délégué de la SBM.

 

Mickael-Mecca-@-Monte-Carlo-SBM
Le directeur opérationnel de Galaxy Entertainment Group (GEG), Michael Mecca, a rejoint le conseil d’administration de la SBM. Nicolas Bazire représentera LVMH. © Photo Société des Bains de Mer

« Retard »

Avec ses cinq hôtels et son millier de chambres, la SBM espère donc tirer partie de l’expertise du géant du luxe LVMH. Sur l’exercice 2014-2015, le secteur hôtelier a enregistré une baisse de son chiffre d’affaires de 5 %, à 226,4 millions d’euros, sur un chiffre d’affaires total de 452,4 millions, contre 472 millions en 2013-2014. « C’est donc une baisse assez significative. Mais on rentre dans des exercices où les comparaisons sont difficiles. Parce qu’avec les travaux, on n’est pas à périmètre constant. Sur l’exercice en cours, l’hôtel de Paris sera totalement fermé », a souligné Biamonti.

Mais Jean-Luc Biamonti a les yeux rivés sur le moyen terme. La rénovation de l’hôtel de Paris et la construction d’un complexe immobilier de luxe, avec des résidences à louer, des boutiques et des bureaux, à proximité de la place du Casino pour 690 millions, devraient doper l’activité hôtelière de la SBM. Mais il faudra attendre 2018 pour que ces deux énormes chantiers soient terminés.

Aucun retard n’a été pris et le budget est pour le moment respecté pour les travaux à l’hôtel de Paris, a indiqué Jean-Luc Biamonti : « Sur la place du Casino, on a commencé avec 6 mois de retard, suite à des négociations plus difficiles que prévues avec certains de nos locataires. Comme ils occupaient toujours les bâtiments, on ne pouvait pas commencer l’ensemble des travaux. On a récupéré une partie du retard. Mais on a encore deux mois à rattraper. Là encore, le budget est tenu. » Au final, les six penthouses installés sur les toits des futures tours sur la place du Casino devraient être loués autour de 2 millions d’euros par an. « Le standing est comparable aux résidences hôtelières situées à côté du Sporting d’été. Ces six penthouses de 600 m2, avec terrasse et piscine sur la place du casino seront rares et très recherchés. On ne devrait pas avoir trop de mal à les louer », espère Biamonti.

 

Exceptionnels

Autre chantier, de moindre importance celui-là : « On travaille sur une extension du Café de Paris, avec une terrasse qui donnera sur la mer et sur les jardins. On espère que cette terrasse sera terminée avant les fêtes de fin d’année. Quant à la terrasse actuelle du casino du Café de Paris et l’espace sous cette terrasse, elle sera livrée en mars 2016. Donc tout sera fini au Café de Paris à ce moment-là. »

En attendant, les exercices difficiles se poursuivent pour la SBM. Pour 2014-2015, le résultat opérationnel est encore négatif, à -31,5 millions d’euros, contre -12 millions en 2013-2014. Et l’exercice en cours ne semble guère meilleur. « Ce résultat opérationnel, c’est le vrai reflet de l’activité de cette entreprise », a reconnu le président délégué de la SBM. Grâce à la vente des dernières actions Wynn Resorts et aux résultats de l’activité des jeux en ligne avec Betclic, le résultat net est de 10 millions, contre 17,3 millions lors de l’exercice précédent. « Encore légèrement déficitaire l’an dernier, Betclic a enregistré un résultat positif cette année », a précisé Biamonti. Après 7 ans de pertes, BetClic enregistre enfin un résultat positif, avec un profit net part du groupe de 1,1 million l’an dernier. Pour 2015, la directrice générale de BetClic, Isabelle Andrès, semble optimiste.

Pour expliquer l’augmentation des pertes de 20 millions supplémentaires cette année (31,5 millions contre 12 millions en 2013-2014), Jean-Luc Biamonti a pointé du doigt une série d’événements exceptionnels et qui ne devraient pas se reproduire : une provision de 7,6 millions d’euros pour financer la mise en application du statut unique dans les jeux, 4,2 millions pour minimiser l’impact social de la fermeture de l’hôtel de Paris et 3 millions d’amortissements liés à la destruction de l’hôtel de Paris. « Dans ces 20 millions, il y a environ 14 ou 15 millions qui ne devraient pas se répéter sur le prochain exercice », espère Biamonti. Les actionnaires l’espèrent aussi.

 

(1) En juin dernier, la cour d’appel de Paris a renvoyé six personnes en correctionnelle dans l’affaire Karachi, dont Nicolas Bazire. Une affaire liée au financement de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995. Les soupçons des juges d’instruction Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire portent sur 327 millions d’euros de commissions indues sur des contrats d’armement.

 

De plus gros concerts internationaux à Monaco

Dépassée par l’affluence sur la place du casino pour le concert de Mika le 29 août, la direction de la SBM va affiner sa politique sur le sujet. « Même si on ne gagne pas d’argent avec ces concerts, nous avons pour obligation d’animer la Principauté, ce que nous faisons. Et puis, on en retire toujours quelques bénéfices », a expliqué le président délégué de la SBM, Jean-Luc Biamonti, qui a demandé à la direction artistique de travailler sur l’organisation de plus gros concerts à Monaco, sans dépenser plus d’argent, voire en faisant quelques économies : « On voudrait faire un peu plus de Robbie Williams ou de Sting. Et, sans vexer personne, un peu moins de chanteurs de moindre renommée, comme Julien Clerc ou Johnny Hallyday. On aimerait organiser pendant l’été un événement important autour duquel on puisse communiquer. » Le concert principal resterait gratuit mais autour, des activités satellites pourraient être payantes, notamment à la salle Garnier par exemple. Enfin, la SBM travaille sur « un ou deux événements » de grande ampleur sur la place du casino, « un peu comme le dîner sur l’herbe que nous avions organisé en juillet 2013 avec notamment Rod Stewart », a ajouté Biamonti, sans en dire plus.

 

 

Pierre Svara administrateur de la SBM jusqu’en 2021

L’assemblée générale de la SBM a décidé de renouveller le mandat d’administrateur de la SBM de Pierre Svara.Ce mandat est prolongé jusqu’à l’exercice 2020-2021. Nommé administrateur en juillet 2009, Svara, 59 ans, est aussi membre de la Commission d’Administrateurs Nominations et Rémunérations (CANR) et administrateur de la Société Financière et d’Encaissement (SFE). Il est aussi élu au Conseil national, sous l’étiquette de la majorité Horizon Monaco (HM).

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