samedi 21 mai 2022
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SBM Nouveaux actionnaires :
ça se précise

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L’arrivée de nouveaux actionnaires au capital de la Société des Bains de Mer serait désormais une question de « semaines. » Pendant ce temps, l’exercice 2014-2015 n’a pas été bon. Nos explications en 11 points.

 

Exercice 2014-2015 : une perte opérationnelle triplée

L’exercice 2014-2015 s’est terminé le 31 mars 2015. Sur cette période le chiffre d’affaires de la Société des Bains de Mer (SBM) est de 452,4 millions d’euros, contre 472,5 millions d’euros. Une baisse d’un peu plus de 20 millions qui s’explique notamment par un recul du chiffre d’affaires des jeux (-6 %, à 196,4 millions), que ce soit pour les jeux de table (-13 %) ou pour les appareils automatiques (-3 %). Le chiffre d’affaires de l’hôtellerie est aussi en baisse de 5 %, à cause notamment du début des travaux en octobre 2014 à l’hôtel de Paris et de la fermeture d’une partie des thermes marins. En revanche, le chiffre d’affaires locatif augmente de 11 %, grâce à l’ouverture des pavillons des Boulingrins et la mise à la location des trois villas du Sporting d’Eté. Deux villas sur trois sont louées. L’une est louée pour 10 ans, ce qui a permis au locataire d’engager de gros travaux. L’autre est louée pour un an. Enfin, une offre a été faite pour la troisième villa. Les loyers sont « plus ou moins » situés autour de 200 000 euros par mois.

Au final, le résultat net est positif, à 10 millions, contre 17,3 millions sur l’exercice précédent. « On a vendu nos dernières actions Wynn Resorts. Ce qui nous a permis de générer une plus-value de 38,8 millions, soit 5,9 millions de plus que lors de l’exercice passé », a indiqué le président délégué de la SBM, Jean-Luc Biamonti.

Mais le résultat opérationnel, c’est-à-dire sans l’apport de BetClic et surtout la vente d’actions Wynn Resorts, reste négatif, à -31,5 millions, contre -11,8 millions l’an dernier. Enfin, la signature, en mars dernier, d’un accord autour du statut unique sur les jeux estimé à 18 millions d’euros, coûte 7,6 millions à l’entreprise en « charge exceptionnelle. » Il reste donc encore 10,4 millions à régler. « Il faudrait donc ajuster et déduire ces 7,6 millions », a proposé Jean-Luc Biamonti. Ce qui donnerait encore un résultat opérationnel négatif, à -23,9 millions.

 

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L’arrivée de nouveaux actionnaires

« Les conversations se poursuivent avec les candidats potentiels pour une entrée au capital de la SBM. Et ils sont plus de deux… », a indiqué le président délégué de la SBM, Jean-Luc Biamonti, en refusant d’en dire plus pour des raisons de confidentialité. « Tant que rien n’est finalisé, je suis sous embargo. A la fois vis-à-vis de ces candidats, mais aussi de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). » Biamonti n’a donc pas confirmé, mais n’a pas démenti non plus, que le groupe LVMH était parmi les « actionnaires potentiels. » Le président délégué de la SBM a estimé que ces discussions devraient aboutir d’ici « quelques semaines, plutôt que dans quelques mois. »

L’augmentation de capital a permis de lever 215,6 millions, sans passer par une garantie de l’Etat, qui possède 69,47 % du capital. Cette augmentation de capital ayant été intégralement souscrite par les actionnaires existants, c’est bien l’Etat qui lâchera une partie de ses actions aux nouveaux actionnaires. L’Etat pourrait céder au maximum 9 % de ses parts. Qatari Diar qui possède 6,39 % du capital de la SBM n’a pas souhaité souscrire à cette augmentation de capital. Du coup, leurs positions dans la SBM vont donc être diluées. Est-ce le prémice d’un futur désengagement des Qataris ? L’accord est donc aussi à trouver entre les nouveaux entrants et l’Etat monégasque. « L’argent de ces actionnaires ira donc à l’Etat et pas à la SBM », a souligné Jean-Luc Biamonti qui a souscrit, pour sa part, sur l’ensemble des 100 000 actions qu’ils possèdent dans la SBM.

 

Les boutiques de la SBM

Les travaux sur la place du casino sont financés de trois façons : par l’augmentation de capital de 220 millions d’euros, par les baux commerciaux des boutiques des Boulingrins et par un emprunt. « Pour les baux commerciaux, on a prévu un apport de 170 millions », a glissé Jean-Luc Biamonti. Ces 170 millions sont réalisés grâce à des locataires déjà là, mais qui demandent plus de m2 : ils paient donc un loyer plus élevé. Ce qui a déjà permis d’encaisser 80 millions. Il reste donc 90 millions à générer avec de nouveaux locataires. « On a une très longue liste d’attente. Mais on a déjà plus de demandes que de m2 disponibles. Du coup, même si rien n’est encore signé, on est assez confiant », a soufflé Biamonti.

 

La baisse du chiffre d’affaires des jeux

Comme souvent, le secteur des jeux de table a enregistré une forte variation. « D’une année sur l’autre, ce chiffre change énormément. C’est très aléatoire. Sur un seul joueur, on a eu un différentiel de 20 millions. Il y a donc bien une forte volatilité. Mais cela fait partie du métier… », a insisté le président délégué de la SBM, Jean-Luc Biamonti. Du côté des machines à sous, alors que la tendance était à une assez forte baisse du chiffre d’affaires, la situation aurait tendance à s’améliorer. En juillet 2014, la baisse était de -7 %. « Mais on a fini l’année 2014 à -3 %. Depuis l’ouverture 24h/24 en juillet 2014, on a donc inversé cette tendance », a estimé Biamonti. « On est préoccupé par la baisse du chiffre d’affaires sur les jeux de table. Il y a des problèmes de remises pour les clients et pour les agents. On réfléchit à tout ça. Mais il n’y a pas de déclin inquiétant de la clientèle. D’ailleurs, le début du nouvel exercice est plutôt positif », a assuré le président délégué de la SBM.

 

Evolution de la typologie de la clientèle

Au casino, la clientèle italienne est toujours là. « Mais la clientèle chinoise est clairement un objectif. On est parvenu à en faire venir quelques-uns. Et cela, indépendamment de tout accord que l’on pourrait signer avec un actionnaire », a souligné Biamonti. Pour les clients issus des pays de l’Est, les Russes ne sont pas les plus gros joueurs. « Ce sont plutôt les autres pays. Mais on enregistre un léger ralentissement », a poursuivi le président délégué de la SBM, tout en expliquant que la Turquie reste un pays de prospection important pour son entreprise. Après avoir organisé un concert du chanteur turc Tarkan l’an dernier, la SBM va chercher à séduire cette clientèle cet été encore.

Pour l’hôtellerie, la clientèle numéro 1 reste les Français, suivis par les Italiens puis par l’Angleterre, en troisième position, mais qui tend à augmenter sensiblement. « Le seul pays avec lequel on a des écarts important d’une année sur l’autre, ce sont les Etats-Unis. On pense que cela est en parti dû à la baisse du dollar. Mais on a tout de même une jolie poussée de la clientèle américaine chez nous », a expliqué Jean-Luc Biamonti. Les clients des pays de l’Est sont en baisse de 2 %. Quant à l’Asie, impossible de parler d’une « poussée », mais plutôt d’un simple « frémissement. » Du coup, pas question de créer un casino spécifiquement chinois. « Au moins 95 % des asiatiques jouent à un seul jeu : le Punto Banco. On pratiquait ce jeu différemment en Principauté, ce qui indisposait les clients chinois. On ne leur laissait pas toucher les cartes, par exemple. Mais après en avoir discuté avec le gouvernement, on peut désormais jouer au Punto Banco comme partout ailleurs dans le monde. Mais on n’a pas pour projet de faire un casino intégralement chinois. Après, s’il faut servir des nouilles à table, on verra tout ça au fur et à mesure… », a raconté le président délégué de la SBM.

 

BetClic bénéficiaire pour la première fois

« Pour la première fois, BetClic a une contribution positive dans nos comptes. Elle est de 400 000 euros. » Au moment d’aborder la question des jeux en ligne, pour une fois, Jean-Luc Biamonti avait le sourire. Mais les comptes de BetClic et de la SBM n’ont pas la même périodicité. L’exercice de BetClic se déroule du 1er janvier au 31 décembre. Alors que la SBM, c’est du 1er avril au 31 mars. « Donc on est obligé de faire un ajustement, pour les prendre du 1er avril. Mais peu importe ces décalages. Aujourd’hui, il faut voir que BetClic est positif », a insisté Biamonti, qui n’a pas pu donner de chiffres précis, car la publication officielle n’avait pas eu lieu le 24 juin : « Mais la rentabilité est en très forte progression. Après, c’était une année Coupe du monde de football. Comme la saison 2015 est sans Coupe du monde et sans Euro, ce sera sans doute un peu plus difficile. » Les parieurs sportifs jouent d’abord sur le football, tennis, le hand-ball et le… hockey sur glace. « Le hockey arrive avant le rugby », s’est étonné le président délégué de la SBM. La valorisation de BetClic réalisée par le cabinet comptable Ricol Lasteyrie est encourageante : 376 millions d’euros l’an dernier et 414 millions cette année. Soit plus que les 186 millions investis par la SBM pour 50 % de BetClic. « Si BetClic était coté en bourse, l’entreprise vaudrait 414 millions. Mais si la SBM voulait sortir de BetClic, je pense même que cela vaudrait un peu plus de 414 millions », a jugé Biamonti.

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Jeux en ligne : la concentration des acteurs se poursuit

Comme beaucoup d’experts s’y attendaient, le marché des jeux en ligne est en train de voir le nombre d’acteurs s’effondrer. Pour expliquer en partie ce phénomène de concentration, beaucoup d’experts pointent du doigt une fiscalité jugée trop lourde dans certains pays et sur certains marchés. Du coup, depuis l’été 2014, les rachats se multiplient. C’est à ce moment-là que le canadien Amaya Gaming a pris le contrôle pour 4,3 millions d’euros du britannique Rational Group, propriétaire des jeux PokerStars et Full Tilt Poker. La plus grande entreprise de jeux en ligne cotée en Bourse, Bwin. Party Digital Entertainment, née de la fusion en 2011 du groupe de paris sportifs Bwin et du site de poker en ligne PartyGaming, est peut-être la prochaine sur la liste des rachats en cascade. En mai dernier, GVC Holdings a formulé une offre pour Bwin. Party Digital Entertainment. En 2013, GVC Holdings s’était déjà fait remarquer pour avoir racheté Sportingbet, avec le soutien de William Hill, le bookmaker britannique numéro 1. Mais dans la foulée, 888 Holdings, a lancé une OPA sur Bwin. Party Digital Entertainment. Le 23 juin, des rumeurs évoquaient un rapprochement de Ladbrokes avec Gala Coral Group.

« Quand le numéro 1 d’un marché fait l’objet de deux offres de rachat, c’est le signe que la consolidation est vraiment lancée, a estimé Jean-Luc Biamonti. Ce métier finira avec seulement 3 ou 4 acteurs. On aura à choisir de finir dans ces 3 ou 4. On verra ce qu’on fait. L’important, c’est d’être au bord du trottoir, en bas résilles, en soulevant un peu sa jupe pour être sûr de ne pas être la dernière jeune fille sur la piste de danse… Ce n’est jamais une situation agréable. Si on est assez gros et assez fort, on pourra rester seul. Sinon, il faudra se marier avant d’être trop petit. Car il n’y aura plus de place pour les petits. » Aujourd’hui, BetClic est toujours numéro 2 en Europe, alors que le marché des jeux en ligne devrait continuer à grandir pour atteindre un chiffre d’affaires de 42 milliards de dollars d’ici 2018, contre 30 milliards l’an dernier.

 

Où trouver 350 à 400 millions pour financer les travaux ?

Rénovation de l’hôtel de Paris, démolition du Sporting d’Hiver, création à proximité de la place du casino de commerces de luxe, de résidences haut de gamme, de bureaux, d’espaces dédiés aux loisirs… La SBM a besoin d’environ 690 millions pour financer ces travaux. Du coup, un prêt bancaire va être lancé. Même si, pour le moment, les taux d’intérêts sont très bas en Europe, la SBM a décidé d’attendre 2016 pour emprunter les 350 à 400 millions d’euros qui lui manquent pour boucler l’ensemble de ses travaux. « On ne voit pas de signes annonçant une remontée des taux d’intérêts. De plus, grâce à l’augmentation de capital, on a une trésorerie importante. On cherchera donc ce financement après l’été, pour un lancement effectif début 2016, à la fin du premier trimestre 2016, voire au début du second trimestre », a expliqué Jean-Luc Biamonti. Pas question de s’endetter en 2015, donc.

 

La tendance sur le marché des jeux dans le monde

« A Macao, il y a un fort ralentissement de l’activité autour des jeux. Est-ce que c’est structurel ou conjoncturel ? C’est sans doute un peu des deux. Mais il n’y a pas de crise systémique. » Interrogé sur la santé du marché mondial des jeux, Jean-Luc Biamonti a expliqué avoir été plus inquiet il y a un an ou deux qu’aujourd’hui : « On y a une carte à jouer. En Occident, il faut que l’on pense à se réinventer. On est un peu trop statique. » Un exemple : le grand casino, jugé « surdimensionné » par rapport à « notre capacité à attirer des joueurs. » Une réflexion a donc été lancée pour savoir comment utiliser l’atrium. Parce qu’après « avoir grimpé quelques marches, on arrive dans un truc sinistre, très beau, mais très triste. Les habitués tournent à gauche et entrent dans les salles de jeu. Mais les autres… Il faudrait au moins mettre un peu de musique. On se croirait dans un mouroir ! Est-ce qu’on doit installer une brasserie ? Des magasins ? » Objectif : « Il faut animer cet espace pour en faire un entonnoir qui attire les gens vers le casino. Il faut garder le côté majestueux de ce lieu, mais ôter le côté un peu intimidant. » Autre réflexion engagée : comment optimiser et monétiser au maximum le flux des 18 000 personnes qui passe chaque été au Sporting d’Eté, pour assister à un spectacle dans les 1 000 m2 de la salle des Etoiles. « Mais quand ces 18 000 personnes sortent, il n’y a pas une table ou une machine de jeu à distance humaine, a regretté le président délégué de la SBM. Or, le principe de base de tous les casinos du monde entier, c’est d’avoir une salle de spectacle derrière le casino. Comme ça, pour assister au spectacle, il faut nécessairement traverser le casino à l’entrée et à la sortie. » Bref, les jeux sont trop isolés des autres activités de la SBM. « Il faut trouver des solutions. Mais ce n’est pas simple. On pense à faire de temps en temps des spectacles à l’opéra Garnier plutôt qu’à la salle des Etoiles. Ou de proposer le même spectacle un soir à la salle des Etoiles et le lendemain à Garnier, mais en version acoustique par exemple », a confié Biamonti. Pour la salle où se trouvait le Moods, un projet est à l’étude. « On réfléchit, il n’y a encore rien de définitif. » Enfin, en ce qui concerne la salle des Etoiles et la salle des Palmiers, la direction considère que réouvrir des jeux au Sporting d’été ne permet pas d’atteindre une véritable rentabilité économique. « Car une réouverture signifie beaucoup de salariés, beaucoup de sécurité, refaire le câblage de toutes les caméras… Donc l’investissement est élevé pour un lieu qui restera seulement ouvert entre trois et six semaines. Parce qu’il faut générer un volume de jeu additionnel important pour justifier cette réouverture. Je serais prêt à prendre le risque. Mais le directeur des jeux, John Galvani, est un peu moins convaincu que moi. » L’idée de réouvrir la terrasse de la salle des Palmiers reste envisagée. « Il y a huit tables. C’est un endroit magique qui peut beaucoup plaire aux joueurs. Donc dès que le volume de jeu remonte un peu, on réétudiera cette option », a conclu le président délégué de la SBM.

 

L’impact des travaux sur l’exercice 2015-2016

« L’essentiel se joue toujours pour nous lors du second trimestre. Car il y a une très forte saisonnalité dans notre business. » Pour essayer de minimiser au maximum l’impact des travaux lancés sur la place du casino, Jean-Luc Biamonti a détaillé une partie de la stratégie mise en place. Une stratégie basée notamment sur un chiffre. Pendant les travaux, un pourcentage de transfert des clients de l’hôtel de Paris vers les autres hôtels a été chiffré : 25 %. « Aujourd’hui, on est à 50 %, essentiellement à l’hôtel Hermitage. Donc ces travaux ont bien sûr un impact sur notre activité. Mais à ce jour, ça se passe mieux que prévu. » Reste à passer un autre cap difficile dans les nuisances, dès septembre. Car il va falloir creuser pour les fondations et les parkings. « Ce n’est donc pas fini… Il y a encore des nuisances à venir. Il faut compter environ un an, à partir de septembre prochain. Une fois qu’on aura commencé à construire, il y aura du bruit, mais moins de poussière. » En tout cas, le chantier de l’hôtel de Paris est en avance sur les délais prévus. « En revanche, suite à des négociations plus compliquées que prévues avec certains locataires, le chantier du Sporting d’Hiver a pris du retard. C’est tendu mais on espère parvenir à rattraper ce retard, sans impact sur le budget prévu, a soutenu Biamonti. Mais on espère toujours pouvoir ouvrir l’ensemble de ces bâtiments en décembre 2018. »

 

Quelles réformes pour la SBM ?

Jean-Luc Biamonti s’est félicité du changement de mode de rémunération des salariés de l’hôtel de Paris : « Ils sont passés d’une rémunération de masse, c’est-à-dire calculée sur un pourcentage du service, à un système de rémunération fixe. Si d’autres établissements de la SBM veulent étudier cette possibilité, nous sommes ouverts à la discussion. On a d’ailleurs déjà eu quelques demandes pour voir ce qu’il était possible de faire. » Ce qui démontre que la réflexion se poursuit pour la rémunération du personnel hôtelier, même si elle doit se faire au cas par cas. Mais la grande réussite de Jean-Luc Biamonti, c’est d’avoir réussi à mettre en place un statut unique pour les salariés des jeux. Une opération estimée à 18 millions d’euros, « coûteuse, mais qu’il fallait faire », a estimé le président délégué de la SBM. En échange, l’entreprise bénéficie d’une plus grande polyvalence entre les différents secteurs de jeux. Pour appliquer cette réforme, une commission a été créée. Elle réunit une personne de chaque département des jeux. Et selon Biamonti, en interne, l’ambiance aurait changé. Notamment parce qu’« aujourd’hui, qu’un client perde de l’argent au Sun Casino ou au grand casino, c’est indifférent pour l’ensemble du personnel des jeux. Parce que c’est bien pour tout le monde. Alors qu’avant la mise en place du statut unique, c’était une bonne chose pour les uns, mais pas pour les autres. Du coup, on essayait presque de se piquer les clients, en se tirant dans les pattes. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. » Désormais, tout le monde travaille pour une masse commune et pour une seule et même entité. Du coup, la rémunération de chacun dépend de la réussite de cette entité, « et cela change considérablement l’état d’esprit. D’ailleurs, on a fait passer des managers du Sun Casino au casino de Monte-Carlo. Et vice-versa. »

Mais pas question de réformer pour rendre la SBM plus séduisante pour des actionnaires potentiels. C’est en tout cas ce qu’a affirmé Jean-Luc Biamonti : « Les futurs actionnaires seront des invités bien élevés, contents de venir et de trouver l’entreprise dans la situation où elle est, avec les perspectives qu’on leur offre. Ils ne vont pas nous mettre un pistolet sur la tempe. Il y a une responsabilité sociale autour de cette entreprise. Nous la respectons. »

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