lundi 23 mai 2022
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Regain d’intérêt pour les énergies renouvelables

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Panneaux solaires
« L'énergie solaire recèle le plus important potentiel étant donné que ces solutions peuvent être mises en place très rapidement de manière décentralisée et qu'elles ne génèrent aucune émission de CO². » © Photo D.R.

Avec le débat sur la sûreté nucléaire, les investisseurs s’intéressent à nouveau au secteur des énergies renouvelables. Mais pas uniquement.

La catastrophe nucléaire de Fukushima, et ses conséquences encore très incertaines, forcent les Etats partout dans le monde à repenser l’intérêt de l’énergie nucléaire. À l’instar de la Suisse et de l’Allemagne, la Chine remet en question ses plans d’expansion, le Conseil d’Etat ayant annoncé qu’il avait suspendu l’approbation de nouveaux projets nucléaires jusqu’à l’adoption de nouvelles règles de sécurité. « Fukushima devrait marquer un tournant pour les politiques énergétiques au sens où cet accident a sérieusement ébranlé la confiance du public dans la sûreté nucléaire, souligne-t-on chez Dexia Asset Management. Il a fallu plus de 20 ans au secteur nucléaire, au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl, pour pouvoir amorcer un nouveau cycle de construction de capacités. En réponse aux événements survenus récemment, les pouvoirs publics vont devoir privilégier le renforcement des normes de gouvernance et de sûreté applicables au secteur nucléaire. Ceci devrait engendrer des coûts supplémentaires pour le nucléaire, le rendant moins attrayant au plan économique. Cette tendance se dessinera au détriment de la part du nucléaire dans le mix énergétique mondial. »

L’abandon du nucléaire exclu

Tout en excluant un abandon pur et simple des programmes nucléaires civils, les spécialistes estiment néanmoins que ce scepticisme et les pressions politiques pourraient changer la donne énergétique et entraîner un retour aux combustibles fossiles. « Le gaz naturel et le charbon pourraient être plébiscités à court terme même s’ils demeurent moins attractifs en termes de risque géopolitique, pour le gaz, et d’empreinte carbone élevée, pour le charbon », expliquent les experts de Dexia AM. Cela pourrait également provoquer un regain d’intérêt pour les énergies renouvelables et du coup une revalorisation en Bourse au-delà de la réaction épidermique de la mi-mars, « A plus long terme, de nombreux pays n’auront d’autres solutions que de se tourner vers l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables pour disposer de sources d’approvisionnement en énergie qui soient sûres et propres, explique-t-on chez Dexia AM. Les investisseurs seront prêts à accorder une prime aux énergies renouvelables sûres, tout en attribuant une décote plus importante au nucléaire jugé plus risqué. » Pour certains, les sociétés présentes dans le solaire pourrait être recherchées. « L’énergie solaire recèle le plus important potentiel étant donné que ces solutions peuvent être mises en place très rapidement de manière décentralisée et qu’elles ne génèrent aucune émission de CO², explique Dr Thiemo Lang, gérant chez SAM. C’est également l’énergie renouvelable où le potentiel de réduction de coût est le plus élevé. » Mais les grands acteurs cotés du secteur devraient également en profiter. Depuis le début de la catastrophe de Fukushima, la valeur EDF EN a directement profité du débat sur la sûreté nucléaire. « Le secteur, qui faisait face à un contexte sectoriel difficile avec des mesures visant à réduire les tarifs voire le développement des énergies renouvelables dans certains pays, évolue désormais dans un contexte qui paraît offrir des perspectives plus favorables », explique un analyste financier. En l’absence de mesures concrètes, il est néanmoins encore trop tôt pour chiffrer l’impact de cette nouvelle donne énergétique sur la croissance du groupe.

« Smart grids »

D’autres valeurs, intuitivement moins liées à cette thématique, pourraient également tirer leur épingle du jeu. C’est notamment le cas de Schneider Electric. « Les sociétés proposant des produits d’efficacité énergétique et des solutions dites smart grids seront également les premiers bénéficiaires de cette nouvelle donne énergétique », souligne un autre analyste. Avec plus de 30 % de ses revenus en provenance des ventes de solutions d’efficacité énergétique, Schneider Electric est en effet l’un des acteurs les mieux placés avec ses produits dédiés à la réduction de la consommation d’énergie, notamment pour les bâtiments (climatisation, éclairage, sécurité électrique,…) et l’industrie. « Ces solutions permettraient d’économiser jusqu’à 30 % de la consommation d’électricité, précise cet analyste. C’est également et surtout pour Schneider un pôle de croissance important puisque ces solutions devraient croître en moyenne de 7 % à 10 % par an. »


Vivendi désormais seul maître à bord chez SFR
Attendu de longue date par les analystes financiers, le rachat des intérêts minoritaires de SFR par Vivendi a enfin été annoncé. Le groupe a en effet trouvé un accord avec Vodafone pour acquérir les 44 % du capital que l’opérateur britannique détenait encore. Du point de vue des actionnaires de Vivendi, cette opération va augmenter mécaniquement le dividende généreux que le groupe leur verse. Le rendement, déjà très élevé, de la valeur va s’en trouvera donc renforcé. Cette opération de recentrage devrait aussi réduire la décote de holding appliquée en Bourse à Vivendi.
L’économie russe boostée par les prix du pétrole
Depuis le début de la crise financière en 2008, une très forte corrélation existe entre le marché des actions russe et le prix du pétrole brut. « Les solides performances des actions russes s’expliquent presque intégralement par la hausse marquée du prix du pétrole, souligne Douglas Helfer, gérant du fonds HSBC GIF Russia Equity. Cette dernière a un impact positif direct tant sur l’économie que sur les résultats des entreprises du secteur énergétique. » Le gérant met également en avant d’autres moteurs importants pour la croissance des entreprises russes, notamment les réformes fiscales et l’augmentation de la consommation et des investissements. « Il s’agit là de facteurs positifs, même si le marché semble les ignorer », conclut-il.

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