vendredi 17 avril 2026
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Pariez sur plusieurs thématiques boursières à la fois

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Arnaud de Champvallier, directeur de la gestion de Turgot Asset Management
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Arnaud de Champvallier, directeur de la gestion de Turgot Asset Management, explique les vertus d’une approche multithématique en Bourse.


Monaco Hebdo?: Quels sont les avantages d’investir sur plusieurs thématiques à la fois??

Arnaud de Champvallier?: Expliquons tout d’abord pourquoi il est risqué d’investir sur une seule thématique à la fois. Toute thématique d’investissement, que ce soit la santé, les matières premières, le luxe, l’immobilier ou les technologies de l’information, évolue selon un cycle de vie. En période de croissance, elle affichera de bonnes performances en Bourse. A l’inverse, en phase de déclin, elle aura tendance à faire moins bien que le reste du marché. L’investisseur risque donc, à un moment donné, de se retrouver bloqué avec des valeurs présentant peu de potentiel à court terme. Le cas de la thématique “TMT” au début des années 2000 est à ce titre emblématique avec une période d’euphorie suivie de terribles déconvenues. Il nous semble donc intéressant d’investir sur plusieurs thématiques à la fois, arrivée chacune à des phases différentes de maturité en termes de croissance, afin de profiter pleinement de leurs performances boursières et d’effectuer une rotation à mesure qu’elles avancent sur leur cycle de vie. C’est ce que nous mettons en œuvre dans notre fonds Turgot MultiCaps Europe avec, en permanence, quatre thématiques en portefeuille aux profils de croissance et boursier complémentaires.

M.H.?: Quelles sont les quatre thématiques que vous privilégiez actuellement??
A.d.C.?:  Nos thématiques actuelles sont les “matières premières”, c’est-à-dire les mines, les métaux, l’énergie mais également l’agriculture, la “sécurité”, avec notamment la défense, la traçabilité et la certification, les “plans de relance”, et “l’environnement”. Nous avons toutefois découpé la thématique “plans de relance” en deux segments avec, d’une part, les dépenses publiques d’investissement favorables aux secteurs du BTP et des infrastructures, et, d’autre part, les mesures de refinancement du secteur financier, favorables précisément aux banques. Pour être plus concret, les matières premières sont, par exemple, dans une phase mature de leur cycle de croissance et contribuent fortement à la performance de notre fonds. A l’inverse, l’environnement est une thématique “en éveil”, qui intéresse encore peu les investisseurs et dont le parcours boursier est plus timide. Mais elle est en devenir tant sur le plan de la croissance que de la performance en Bourse.

M.H.?: Pouvez-nous nous donner des exemples de sociétés??
A.d.C.?:  Dans les matières premières, la Société Internationale de Plantations d’Hévéas est un cas intéressant. Cette société française, dont Michelin détient 20?% du capital, est le deuxième producteur de caoutchouc naturel en Afrique. Elle bénéficie de perspectives de croissance prometteuses, notamment dans les pays émergents, grands consommateurs de caoutchouc naturel. SIPH est bien gérée et présente encore un potentiel de hausse malgré le fort rebond des derniers mois. Qui plus est, son processus de production intègre une approche de développement durable aussi bien pour les pays dans lesquels elle exploite les hévéas que pour ses clients. Ginger, groupe français d’ingénierie de prescription qui fait actuellement l’objet d’une OPA, est également une forte conviction. Cette société présente notamment l’intérêt d’être présente sur trois thématiques?: les infrastructures, la certification et l’environnement.

M.H.?: Pourriez-vous changer de thématiques prochainement??

A.d.C.?:  Nous n’avons pas fait évoluer nos thématiques depuis début 2009 mais y réfléchissons. Dans la thématique «?plans de relance?», les mesures de soutien au secteur financier sont désormais correctement intégrées dans les cours des banques et assurances. Nous allons donc sortir de cette sous-thématique, d’autant que de nouvelles incertitudes sont apparues. Il s’agit, bien sûr, de l’exposition des établissements européens aux dettes des Etats actuellement sous pression mais aussi de la réglementation financière très contraignante en gestation. Après le beau parcours des matières premières depuis mars?2009, nous devrions également prendre nos bénéfices. Il nous faudra donc investir sur une nouvelle thématique. Nous avons plusieurs idées et surveillons notamment les technologies de la télécommunication.

En bref
Les investisseurs américains boudent les entreprises françaises
Selon une étude réalisée par Financial Dynamics France, cabinet conseil en communication financière, L’Europe ne pèse actuellement que 13,8?% du portefeuille global des investisseurs américains et la France seulement 1,6?%. L’Hexagone n’arrive ainsi qu’en troisième position des destinations européennes les plus attractives derrière la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Les entreprises françaises sont jugées insuffisamment transparentes par rapport à leurs homologues américains avec notamment un accès difficile au management et des publications de résultats pas assez fréquentes et détaillées. Même si la préférence va aux grandes capitalisations boursières de plus de 10?milliards d’euros, les fondamentaux de la société demeurent le critère le plus déterminant en cas d’arbitrage entre deux sociétés de la zone euro appartenant au même secteur d’activité.
Les fonds de pension prévoient de diversifier leurs portefeuilles
Selon la quatrième édition du «?bfinance Pension Fund Asset Allocation Survey?», les fonds de pension mondiaux prévoient à court et moyen terme d’accroître leur exposition aux classes d’actifs diversifiantes comme l’immobilier, les infrastructures et le capital investissement. A horizon trois ans, leur exposition aux actions est appelée à se réduire. En revanche, le sentiment redevient positif sur les obligations.

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