vendredi 17 avril 2026
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Ce sera… au Larvotto

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Après avoir relancé les études d’une extension au Portier en juin 2012, le prince Albert a confirmé que Monaco s’agrandira bien de 5 à 6 hectares à l’Est de la Principauté. Une consultation devrait démarrer dans les semaines à venir.

« J’ai décidé de lancer le projet d’extension en mer à l’Est de la Principauté, après avoir étudié diverses hypothèses depuis 2008. Il sera situé entre le Portier et le Grimaldi Forum. » C’est dans les colonnes de Monaco-Matin que le prince a annoncé la nouvelle le 29 mars dernier. Albert II a justifié ce choix en indiquant qu’il est « le plus en phase avec les besoins actuels », tout en précisant qu’il n’exclut pas « d’en envisager d’autres » à l’avenir. Face à l’alternative Fontvieille II, les considérations économiques ont donc été privilégiées : « Une extension à Fontvieille aurait représenté un coût trop important », a en effet ajouté le prince. Par ailleurs, on imagine que cette opération de grande envergure est destinée à booster l’activité monégasque : « Ces nouvelles surfaces généreront des recettes importantes pour le budget de l’État ainsi qu’une activité soutenue pour nos entreprises du bâtiment », a ainsi indiqué le prince. Tandis que pour le président du conseil national Laurent Nouvion, « ce projet symbolique montre que pour Monaco, la croissance est le meilleur des antidotes à la morosité ambiante. »

Consultation imminente
A terme, le territoire monégasque devrait donc grappiller sur la mer 5 à 6 hectares. On est loin des 12 hectares imaginés dans le cadre de la procédure d’appel d’offres stoppée fin 2008 en raison de la crise… Dans les prochaines semaines, la consultation des sociétés intéressées devrait démarrer. « Un avis sera publié, invitant les groupements susceptibles de réaliser et de financer de tels ouvrages maritimes à faire part de leur intérêt », a ainsi précisé le prince. Ce qui impliquerait que l’opération soit assumée totalement par le privé.
En juin 2012, la relance du projet du portier, plus de trois ans après son report sine die, avait marqué un tournant. « Une extension à l’ouest de la Principauté, prolongeant le terre-plein de Fontvieille est difficile car les fonds sont très vite à 40 mètres de profondeur. Cela exige des techniques très coûteuses », avait déjà expliqué le chef de l’Etat. Que ce soit à l’Union des Monégasques ou à Rassemblement & Enjeux, l’annonce avait alors été accueillie très favorablement par les partis politiques. « Cette extension représente un gage de confiance et des perspectives très prometteuses à la fois pour notre économie, nos équipements publics futurs, nos recettes futures vis-à-vis des investisseurs et des acteurs économiques locaux dans leur ensemble », avait alors applaudi R&E. L’ancien président du conseil national Jean-François Robillon estimait quant à lui que cette relocalisation vers l’Est de la Principauté n’était pas illogique, et qu’une extension du territoire s’avérait surtout indispensable : « Monaco doit construire près de 350 000 m² de planchers tous les 10 ans pour son développement. L’extension en mer est une piste intéressante qui se trouve dans la continuité de l’histoire économique de la Principauté », avait alors rappelé le leader de l’Union des Monégasques. Pour Synergie Monégasque, le Larvotto avait même un avantage majeur : « Le secteur du Portier est le mieux adapté pour ce projet en raison de la plateforme continentale et de l’éloignement de la réserve sous-marine du Larvotto ». Et ce même si « une plateforme posée sur pilotis (pieux jusqu’à 50 mètres) en face de la digue de Fontvieille (Fontvieille 2) mériterait aussi une étude », avait alors ajouté Claude Boisson.
Reste désormais à savoir quelle sera la rentabilité d’une telle opération pour des promoteurs privés alors que la hauteur des constructions prévues sera a priori limitée. Il faut donc logiquement aujourd’hui définir avec précision les coûts de construction de l’extension pour atteindre un prix de vente qui resterait dans la limite du raisonnable. Et du marché actuel. Seule certitude : les promoteurs et les entreprises locaux seront sans aucun doute partie prenante au projet, face aux groupes internationaux, comme on l’avait vu dans le scenario du premier projet d’extension au Portier.

Loi de désaffectation
La question du financement d’une telle opération, alors que la crise demeure, reste aujourd’hui prioritaire. On peut imaginer que les investisseurs privés seraient prêts à financer l’intégralité du projet en échange de la dation d’une partie du domaine public maritime. Mais quels investisseurs, quels financements et quels opérateurs immobiliers ? Tout reste à définir. Toutes ces questions seront bien évidemment discutées devant le conseil national lors du vote de la loi de désaffectation du domaine public maritime. « Nous serons un acteur incontournable si cette mandature a vocation à se prononcer », a déjà prévenu Laurent Nouvion, se prévalant de l’article 33 de la constitution. Le président du conseil national, qui avoue ne pas avoir encore été consulté ou informé, attend de savoir ce qui sera bâti sur ce futur territoire. « Il y a 2 solutions. Soit le gouvernement prévoit la construction de logements domaniaux sur l’extension, soit il ne l’envisage pas. Dans cette dernière hypothèse, nous demanderons plus de droits à bâtir sur le territoire inland de la principauté… » Le gouvernement est prévenu.

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