Trois ans après le début de la crise financière, l’horizon ne semble toujours pas complètement dégagé sur les marchés financiers. Le sang froid pourrait encore être nécessaire.
Même si les actions sont plébiscitées pour 2011, l’année qui arrive ne sera pas de tout repos pour les investisseurs. De nombreux défis économiques et financiers restent à relever en sortie de crise et constituent autant de sources potentielles de turbulences plus ou moins ponctuelles sur les marchés. Monaco Hebdo vous livre deux points de vue d’experts sur ce qui attend les investisseurs l’an prochain.
« L’austérité sera la préoccupation majeure en 2011 »
Pour Keith Wade, chef économiste et Azad Zangana, économiste européen chez Schroders, les politiques d’austérité budgétaire seront l’un des thèmes dominants en 2011 et constitueront de loin le premier obstacle à la croissance mondiale. « Les pays périphériques de la zone euro resteront au cœur des préoccupations, les investisseurs ayant le regard rivé sur les conséquences de la nécessaire réduction des dettes considérables amassées depuis dix ans, expliquent-ils. Ce resserrement des politiques budgétaires pèsera incontestablement sur la croissance mondiale, et tout particulièrement sur le Royaume-Uni et la zone euro où il faut s’attendre à un ralentissement de l’activité économique, sachant qu’il n’est pas acquis que les pays concernés puissent supporter de telles restrictions. »
Pour ces experts, seuls les Etats-Unis font exception à la règle dans les pays industrialisés. « Nous tablons sur une reconduite des baisses d’impôts », précisent-ils. Exception faite de l’Europe, Keith Wade et Azad Zangana estiment néanmoins que la reprise économique devrait se poursuivre au niveau mondial, notamment aux Etats-Unis dans le sillage de la solidité des bénéfices et des bilans des entreprises américaines. « Il est ainsi permis de tabler sur une augmentation des dépenses d’investissement et de la masse salariale, ces deux facteurs ayant l’effet de doper la croissance de l’économie mondiale, à mesure que les ménages américains reprendront confiance. Quant aux marchés émergents, leur position budgétaire enviable – permettant de nouveaux investissements en infrastructure – devrait continuer de soutenir la croissance », expliquent-ils. Par ailleurs, le manque de vigueur économique dans les pays industrialisés devrait maintenir les taux d’intérêt à des niveaux bas en 2011.
« Composer avec le triptyque de 2011 »
Après une année 2010 qui n’a pas été de tout repos, il est à craindre, pour Pictet & Cie, que les investisseurs aient encore à patienter pour retrouver un environnement plus serein. « Nous avons résumé nos anticipations pour 2011 dans un triptyque illustrant la cacophonie de l’économie mondiale et des marchés financiers », souligne Christophe Donay, chef stratège chez Pictet & Cie. Le premier pan du triptyque est le découplage économique qui va caractériser 2011. Malgré des politiques de relance homogènes et coordonnées en 2009 et des premiers effets immédiats début 2010, la situation économique est loin d’être homogène à l’orée de 2011. « C’est maintenant que les effets des politiques de relance s’estompent que nous voyons l’état réel de la croissance dans les grandes économies, souligne Christophe Donay. Or, les croissances diffèrent sensiblement avec celle des pays émergents qui devrait s’inscrire à un tonitruant 5% et celle des pays développés qui devrait se révéler atone, à moins de 2%. » A quoi s’ajoute le découplage des politiques économiques entre les Etats-Unis et l’Europe, et ce malgré des maux identiques, à savoir croissance anémique sans emploi et pressions déflationnistes inquiétantes. « Le bon sens conduit à préconiser qu’aux mêmes maux, les mêmes remèdes devraient être apportés. Mais il n’en est rien », poursuit Christophe Donay avec d’un côté une politique de relance accrue aux Etats-Unis et de l’autre, un virage à 180° en direction de la rigueur en Europe. Le troisième défi auquel seront confrontés les marchés en 2011 sera celui de la menace inflationniste dans les pays émergents, Chine en tête. « Divergence des politiques économiques domestiques sans coordination internationale, tensions sur les changes, pressions inflationnistes, risques de crise souveraine et bancaire en Europe constituent autant de facteurs de sources de rupture sur les marchés et de volatilité avec lesquels l’investisseur devra compter », conclut Christophe Donay.
La Russie, 1er pays producteur de diamants
Même si le continent africain concentre encore 65 % de la production de diamants bruts, la Russie est devenue en 2009 le premier producteur en valeur, avec 34,8 millions de carats, devant le Botswana (17,7 millions). Le pays recèle un quart des réserves mondiales. Les Etats-Unis demeurent, quant à eux, le premier pays consommateur au monde. Mais, depuis la crise, la part de marché des joailliers américains a reculé de 50 à 40 %. Les pays asiatiques gagnent du terrain. L’Inde est désormais le 3ème plus gros consommateur, derrière le Japon. La part de la Chine pourrait atteindre celle des Etats-Unis dans une dizaine d’années avec chacun un tiers des achats mondiaux de diamants, contre moins de 10 % aujourd’hui pour Pékin.
Carlos Ghosn, patron le mieux payé du CAC 40
Avec 7,6 millions d’euros perçus en 2009, Bernard Arnault n’est plus le patron du CAC 40 le mieux payé. Il a été détrôné, selon le dernier rapport annuel du cabinet Proxinvest, par Carlos Ghosn chez Renault et ses 9,2 millions d’euros perçus l’an dernier, grâce à sa rémunération chez Nissan. Le Pdg de LVMH est même relégué à la 3ème place derrière Christopher Viehbacher (8,3 millions d’euros), le patron de Sanofi-Aventis depuis fin 2008. Selon Proxinvest, le montant moyen perçu par les patrons du CAC 40 a reculé de 14 % en 2009, à 3,1 millions d’euros, soit 173 fois le SMIC. Cette somme comprend le salaire fixe, le variable ainsi que les stocks-options et actions gratuites. Le repli était de 25 % en 2008 et de 17 % en 2007.