Pour accélérer la création de projets commun, en matière de transports notamment, la ville de Nice et les provinces italiennes d’Imperia et de Cuneo ont lancé une Alliance transfrontalière des Alpes du Sud le 8 février 2024. Entre autres, il serait question de relier la gare de Gênes à l’aéroport de Nice en seulement 1h20.
Encore une bonne nouvelle pour les transports. En parallèle du futur groupement européen de coopération transfrontalière (GECT) porté par la Riviera française, qui devrait mettre en commun les efforts de plus de trente communes de la frontière franco-italienne, notamment pour améliorer l’offre de transports sur le territoire [à ce sujet lire notre article Mobilité : une nouvelle coopération entre la France et l’Italie pourrait faire le bonheur des salariés de Monaco, publié dans ce dossier spécial — NDLR], un autre projet a vu le jour. La ville de Nice et les présidents des provinces italiennes d’Imperia et de Cuneo, accompagnés de représentants du gouvernement monégasque, ont lancé le 8 février 2024 une « alliance transfrontalière des Alpes du Sud », à Imperia. Ce projet ambitionne de monter une « eurorégion », comme il en existe déjà entre la France, la Suisse, et l’Allemagne, pour accélérer la création de projets communs entre la France et l’Italie. Des projets en matière de transports essentiellement, mais aussi de santé, de transition écologique, d’économie transfrontalière et, plus globalement, de services publics. Tout comme avec le GECT, ce projet peut voir le jour grâce au traité du Quirinal, signé le 26 novembre 2021, à Rome, par le président du Conseil italien d’alors, Mario Draghi, et le président de la République français, Emmanuel Macron. Composé de douze articles, ce traité dresse en une feuille de route pour définir les axes et les projets de coopération que les deux pays souhaiteraient mettre en place. Il offre, en quelque sorte, le cadre juridique nécessaire pour qu’une association de ce type voie concrètement le jour.
La ville de Nice, qui propose d’accueillir le futur secrétariat du comité de coopération transfrontalière, met en avant la modernisation de la ligne ferroviaire Gênes-Vintimille, déjà en cours. Grâce à cette alliance, cette ligne pourra s’étendre Jusqu’à Nice, et ne plus marquer un arrêt à Vintimille, comme c’est le cas aujourd’hui
Nice-Gênes en 1 h 20 de train
Parmi les objectifs « pratiques » de cette nouvelle alliance franco-italienne, la ville de Nice, qui propose d’accueillir le futur secrétariat du comité de coopération transfrontalière, met en avant la modernisation de la ligne ferroviaire Gênes-Vintimille, déjà en cours. Grâce à cette alliance, cette ligne pourra s’étendre Jusqu’à Nice, et ne plus marquer un arrêt à Vintimille, comme c’est le cas aujourd’hui. Cette requalification des voies permettrait de rejoindre l’aéroport de Nice en 1 h 20 seulement depuis Gênes. Dans ce contexte, la nouvelle société Trenitalia a également indiqué de son côté, le 6 février 2024, qu’elle souhaitait mettre en service deux lignes ferroviaires touristiques entre la Côte d’Azur et l’Italie. Une première longerait la côte, tandis qu’une seconde traverserait la ligne des Merveilles, dans la vallée de la Roya, entre Turin et Nice-Vintimille, en passant par Breil-sur-Roya. À terme, l’objectif serait de relancer la ligne entre Milan et la Côte d’Azur, qui a pris fin sous l’effet de la crise Covid, pour des raisons économiques et industrielles.
Horizon 2028
Au-delà de cette impulsion, l’objectif final de cette Alliance transfrontalière des Alpes du Sud est de négocier d’ici 2028 un volet transfrontalier dans les contrats passés avec l’État et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) pour les investissements qui concernent les infrastructures de transport. Cela comprendrait les lignes Lyon-Turin, Nice-Cuneo, et Nice-Monaco-Imperia. Cette mesure serait encadrée, là encore, par le traité du Quirinal, qui prévoit la coopération entre les collectivités territoriales en matière de développement des mobilités. La première réunion du comité de coopération transfrontalière a eu lieu le 31 octobre 2023 à Turin, avec les métropoles de Gènes, la province d’Imperia, et la CARF pour entamer ces projets de développement des transports. L’idée étant d’assurer au plus vite une meilleure connexion avec Nice et Monaco. Cela pourrait également se faire par voie maritime, selon les élus présents à cette réunion : enfin un point d’entrée pour une future navette maritime reliant Nice, Monaco, et Vintimille ?



