vendredi 17 avril 2026
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Plus de 2 millions de visiteurs en
13 ans pour la Demeure du Chaos

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Créée en 1999 par Thierry Ehrmann, qui est également sculpteur-plasticien, la Demeure du Chaos/Abode of Chaos s’étend sur 9 000 m2 du côté de Saint-Romain-au-Mont-d’Or, près de Lyon.

Ce musée d’art contemporain à ciel ouvert est totalement gratuit. Il propose 6 300 œuvres, dont 4 500 sculpture en acier brut. Certaines font plusieurs centaines de tonnes. On peut notamment voir la carcasse d’un avion de 21 tonnes, un hélicoptère écrasé, et même des voitures brûlées, sans oublier une série d’immenses crânes. « La Demeure du chaos est une œuvre d’anticipation, une vision cinématographique de ce qui nous attend. Le monde a basculé dans une nouvelle ère avec les attentats du 11 septembre 2001. Un changement de paradigme comme celui-là arrive tous les 400 ou 500 ans », expliquait Thierry Ehrmann au Monde en octobre 2018. Depuis son ouverture au public, en 2006, ce musée a reçu gratuitement un peu plus de 2 millions de visiteurs en 13 ans. Un succès qui n’aura pas été de tout repos, puisque pour faire disparaître la Demeure du Chaos, qu’ils jugeaient disgracieuse, des notables locaux ont multiplié les procédures. La bagarre judiciaire aura duré des années, mais aujourd’hui, c’est fini assure Thierry Ehrmann : « Devant la justice, on a tout gagné. Au bout de 20 ans, c’est terminé. » Aujourd’hui, la Demeure du Chaos, c’est 180 000 visiteurs par an et un public très diversifié, ce qui fait la joie du patron d’Artprice. « On a la grande bourgeoisie de Genève qui vient en Rolls, en Aston Martin ou en Bentley. Et on a aussi des gens qui viennent de banlieue. Personne ne s’engueule, même si ces personnes sont aux deux extrémités sociales et que l’on a un flux de visiteurs de plusieurs milliers de personnes par week-end sur 9 000 m2. En 20 ans, il n’y a jamais eu l’ombre d’une dispute, et les gens chuchotent. Ce qui prouve qu’aujourd’hui le musée est une recherche, un besoin naturel des gens », estime le PDG d’Artprice, leader mondial des bases de données sur le marché de l’art.

Du côté de sa filiale Artprice, justement, les voyants sont au beau fixe. Après l’avoir introduite en Bourse en 2 000, son entreprise s’est imposée en surfant sur un marché de l’art à la santé insolente. Aujourd’hui, Artprice compile les résultats de 6 300 maisons de ventes relatives à plus de 700 000 artistes et réunit 128 millions d’œuvres d’art. Thierry Ehrmann a compris avant tout le monde la valeur de ces données. Des données qui lui permettent aussi de publier un bilan détaillé du marché de l’art ­contemporain, qui est devenu au fil du temps une véritable référence mondiale. En 2018, ce rapport a été réalisé en collaboration avec Artron, une émanation de l’Etat chinois. Tout sauf un hasard, bien sûr, comme nous l’a expliqué Thierry Ehrmann : « La Chine est le premier marché de l’art, devant les Etats-Unis et l’Angleterre. Or, en 2000, la Chine ne pesait que 2 % du marché mondial de l’art. Ils ont désormais un million d’artistes contemporains qui font des peintures exceptionnelles. » Résultat, le PDG d’Artprice va « 5 à 6 fois par an » en Chine, parce que c’est « là où il faut être ». On peut lui faire confiance.

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