vendredi 17 avril 2026
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Baisse de la circulation automobile – Céline Caron-Dagioni : « Le covoiturage est l’un des leviers »

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A Monaco, le covoiturage a été relancé en septembre 2020 par le gouvernement monégasque, qui a décidé de miser sur l’application Klaxit (1). Un peu moins de quatre ans après, la conseillère-ministre pour l’équipement, l’environnement, et l’urbanisme, Céline Caron-Dagioni, dresse un bilan pour Monaco Hebdo.

Du 30 mars au 4 avril 2024, l’application Klaxit réclamait 50 centimes par trajet pour les salariés de la principauté : est-ce la fin de la gratuité soutenue un temps par le gouvernement monégasque ?

Absolument pas. Cette tarification résultait d’un incident technique temporaire, survenu dans les systèmes de Klaxit, notre prestataire, qui a entraîné la coupure de l’incitation financière mise en place par Monaco, et une facturation de 0,50 euros pour les trajets ayant pour origine, ou destination, la principauté, réservés durant la période du vendredi 29 mars au mardi 2 avril 2024, au matin.

Que s’est-il passé, ensuite ?

Le prestataire a fait le nécessaire pour un retour à la normale rapide, et la gratuité des trajets a été restaurée dès le mardi 2 avril, ainsi qu’ont pu le constater les usagers. Klaxit a réagi rapidement, en adressant des messages individuels aux usagers, pour les prévenir de l’incident et s’en excuser. Mais aussi les rassurer, en leur confirmant que les trajets demeuraient entièrement gratuits pour les personnes travaillant en principauté, et leur communiquer la procédure de remboursement mise en place.

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Quel était le montant de la subvention versée par le gouvernement monégasque à Klaxit en 2020, 2021, 2022, 2023 et en 2024 ?

Le plan mobilité présenté en mars 2024 par le gouvernement montre clairement sa volonté de mener une politique favorable à une mobilité propre. Depuis son lancement à titre expérimental de septembre 2020 jusqu’en 2021, le dispositif de covoiturage a rencontré un franc succès. L’Etat a souhaité pérenniser son encouragement au covoiturage en signant un marché avec Klaxit en 2022. Le financement de cette action concerne le fonctionnement de l’application et le volet numérique, le service, les trajets, l’accompagnement des employeurs, et la communication. Il représente 344 000 euros pour l’année 2022, et 646 000 euros pour 2023. Pour le premier trimestre 2024, le montant s’élève à 157 000 euros, hors partie applicative.

« Le budget primitif 2025 n’est pas encore établi, mais le gouvernement entend maintenir les moyens accordés à ce dispositif, qui a désormais trouvé son public »

La subvention prévue par le gouvernement pour Klaxit pour 2025 sera de combien ?

Le budget primitif 2025 n’est pas encore établi, mais le gouvernement entend maintenir les moyens accordés à ce dispositif, qui a désormais trouvé son public.

Entre le 1er septembre 2021 et le 31 août 2022, 50 000 trajets avaient été totalisés par Klaxit, soit environ 4 200 trajets par mois : quels sont les derniers chiffres connus ?

Pour l’année 2022, il y a eu 85 099 trajets en covoiturage. Et pour l’année 2023, 169 387 trajets ont été comptabilisés.

Mobicoop covoiturage
« Mobicoop est un service de covoiturage gratuit, c’est-à-dire que le site ne prélève aucune commission sur les trajets, et c’est aussi sans publicité. Les trajets sont donc moins chers pour les covoitureurs qui en partagent les frais. Cependant, ce n’est pas gratuit pour le passager : celui-ci doit donner une participation. Or, dans des territoires où il n’y a pas de subventionnement, le développement du covoiturage est généralement plus faible. » Céline Caron-Dagioni. Conseillère-ministre pour l’équipement, l’environnement, et l’urbanisme.

En mai 2022, Klaxit annonçait 2 800 inscrits et seulement 1 300 utilisateurs : où en est-on aujourd’hui ?

Les chiffres sont en constante progression. Ainsi, pour vous donner le plus récents, en mars 2024, il y avait 9 887 inscrits, et 5 815 utilisateurs, soit 59 % des inscrits. Au total, 15 851 trajets ont été effectués pendant ce mois.

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En septembre 2022, le gouvernement travaillait sur la question du covoiturage auprès de 35 entreprises, ce qui représentait environ 15 000 salariés : quels sont les chiffres aujourd’hui ?

La sensibilisation est une démarche constante du gouvernement sur les sujet environnementaux et le passage à une mobilité plus propre est une priorité. C’est le rôle de la mission pour la transition énergétique, qui poursuit la démarche entreprise en 2022 pour mobiliser les entreprises, communiquer auprès des salariés, mais aussi des adhérents du pacte national pour la transition énergétique, qui sont très sensibles à ces sujets. Aujourd’hui, 39 entreprises partenaires ont déjà rejoint le projet de covoiturage, employant environ 16 000 salariés.

« Pour l’année 2022, il y a eu 85 099 trajets en covoiturage. Et pour l’année 2023, 169 387 trajets ont été comptabilisés »

Quel regard portez-vous sur d’autres initiatives de covoiturage, comme par exemple la plate-forme coopérative de covoiturage Mobicoop, qui privilégie la gratuité et qui revendique plus de 600 000 inscrits ?

Le site Mobicoop est un site de covoiturage libre, sans commission, et coopératif. C’est un service de covoiturage gratuit, c’est-à-dire que le site ne prélève aucune commission sur les trajets, et c’est aussi sans publicité. Les trajets sont donc moins chers pour les covoitureurs qui en partagent les frais. Cependant, ce n’est pas gratuit pour le passager : celui-ci doit donner une participation. Or, dans des territoires où il n’y a pas de subventionnement, le développement du covoiturage est généralement plus faible. En effet, il faut obtenir rapidement une masse d’utilisateurs réguliers suffisante, afin d’entrer dans un cercle vertueux, et évaluer l’efficacité de la solution auprès des pendulaires.

D’ici 2030, l’objectif du gouvernement monégasque est de parvenir à une baisse de la circulation automobile de 20 % par rapport à 2019 : quelle part le covoiturage doit-il prendre, par rapport aux autres moyens d’action ?

L’objectif du gouvernement princier est en effet de réduire de 20 % le trafic routier en principauté à l’horizon 2030, en développant les transports en commun, les modes de déplacement doux, et les mobilités partagées. Il vise à apporter une solution alternative concrète au transport individuel en voiture. Après une forte croissance du nombre de trajets en covoiturage entre 2021 et 2023, ce nombre s’est stabilisé autour de 15 000 trajets par mois, depuis fin 2023. Le covoiturage constitue un moyen efficace pour éviter l’autosolisme, et ainsi, il prend part à l’objectif de réduction de la circulation. Mais il ne peut, à lui seul, solutionner la question. Comme évoqué lors de la présentation du plan mobilité, la réalisation de notre objectif s’articule autour de la multiplicité des solutions alternatives proposées aux usagers, par le biais de plusieurs leviers. Notamment : mise en place de parkings relais, augmentation de l’offre de transport en commun, télétravail, et modes doux. Le covoiturage constitue l’un de ces leviers.

1) A ce sujet, lire notre dossier spécial publié dans Monaco Hebdo n° 1251, Covoiturage à Monaco : « On est au début de l’histoire »

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