Le musée océanographique est en perpétuel renouvellement. En 2025, une grande vague de travaux a été lancée pour moderniser son offre. Petit tour des nouveautés, avec les équipes du musée.
C’est l’une des étapes obligatoires sur la Côte d’Azur pour les amoureux de la mer : le musée océanographique de Monaco. Avec plus de 650 000 entrées annuelles, cette institution se renouvele et modernise son offre. L’année 2025 a été synonyme de nombreux projets : participations au Blue Economy & Finance Forum (BEFF) à Monaco et à l’United Nations Ocean Conférence (UNOC) à Nice, lancement de l’exposition immersive Méditerranée 2050 (1), visite du président français Emmanuel Macron et rénovation du bassin Jean Jaubert. « Ça a été une année particulièrement active pour tous les services. Pour la partie aquarium, on a eu un gros projet de rénovation », résume Olivier Brunel, chef de service aquarium à l’Institut océanographique de Monaco.

Conserver et élever les coraux ramenés par le professeur Jean Jaubert
Arrivé il y a dix ans, Olivier Brunel est le responsable du projet de rénovation d’un bassin, désormais appelé « bassin Jean Jaubert », en hommage à ce pionnier de la reproduction des récifs coralliens. Créé en 1990, ce bassin a gardé son objectif d’origine : conserver et élever les coraux ramenés par le professeur Jean Jaubert, à la suite de son expédition à Djibouti, dans le golfe de Tadjoura. « Mais une rénovation s’imposait. Ce bassin commençait à être vieillissant, et il montrait des signes de faiblesses structurelles », explique le chef de service aquarium à l’Institut océanographique de Monaco. Afin de permettre de meilleures conditions de vie pour les coraux et des conditions de visites plus confortables, une série de mesures a été prise. Augmentation du volume d’eau, refonte du décor, installation d’une vitre panoramique de 1,7 tonne, déplacement des coraux avant leur réinsertion… « Cela a été titanesque », résume Olivier Brunel.

Malgré des problèmes d’eau, aucune perte
Désormais terminé, les équipes se sont attelées à remettre en place les coraux. Une étape qui comportait de nombreux risques : « Lors d’une remise en aquarium, les points de vigilance se portent sur la qualité de l’eau, la lumière, le courant qu’on va pouvoir générer dans le bassin… » Malgré la surveillance des équipes, c’est le facteur de la qualité de l’eau qui n’a pas permis une bonne remise en route. Censé être complet à la fin de l’année 2025, le bassin Jean Jaubert ne sera pleinement actif qu’à la fin 2026. « La qualité de l’eau était mauvaise, ce qui a rapidement dégradé les coraux à l’intérieur. On les a donc retirés pour les stocker dans notre réserve, afin de les protéger. » Organismes très sensibles, les coraux réagissent facilement à un environnement hostile, ce qui a été le cas dans le bassin , où les coraux ont blanchi dans les semaines suivant la remise à l’eau : « Heureusement, nous n’avons eu aucune perte, nous avons réagi à temps. Désormais, la priorité c’est de régler ce souci de qualité de l’eau, pour réimplanter les coraux dans de bonnes conditions », détaille Olivier Brunel.

L’année 2025 a été synonyme de nombreux projets : participations au Blue Economy & Finance Forum (BEFF) à Monaco et à l’United Nations Ocean Conférence (UNOC) à Nice, lancement de l’exposition Méditerranée 2050, visite du président français Emmanuel Macron et rénovation du bassin Jean Jaubert

La voix des acteurs de l’océan
L’autre gros chantier de cette fin d’année au musée océanographique, c’est la modernisation de la salle de conférences présente dans le hall. « Ce qui était crucial pour nous, c’était de faire de cette salle, un lieu de connexion entre le passé, le présent et l’avenir », raconte Coline Favreau, cheffe de projets expositions de l’Institut océanographique de Monaco. Pour créer ce pont temporel, les équipes dédiées aux expositions ont décidé d’installer huit bornes audio. Sur ces bornes, on entend le témoignage de grandes personnalités qui ont œuvré à Monaco pour la protection marine, comme celui du commandant Jacques-Yves Cousteau (1910-1997) : « La grande idée pour moi, c’est de faire bien comprendre, d’expliquer, de justifier et de diffuser le psaume que l’océan c’est la vie. Notre vie est intimement liée à la vie de l’océan, c’est ça, pour moi, la seule chose qui compte. » Le prince Rainier III (1923-2005), la photographe française Anita Conti (1899-1997), le prince Albert Ier (1848-1922), ou encore John Kerry, racontent leurs histoires, leurs aventures. Ils offrent aux visiteurs, un spectre des avancées majeures réalisées en Principauté. « Notre but premier au musée, c’est d’expliquer ce qu’est la Méditerranée, de quoi elle est peuplée, quelles sont les menaces et quelles sont les solutions associées. Et on le fait par le biais de ces témoignages », ajoute Coline Favreau. Pour elle, ce qui est intéressant, c’est de mettre en avant les profils très variés des personnalités : « On a des princes, des anciens directeurs du musée, des chercheurs, des artistes… Ça permet de mettre en avant la communauté « océano », et de rappeler que chacun est concerné par la protection de l’océan, par le développement durable, et que nous pouvons tous œuvrer à notre échelle. » Cette nouveauté entre dans le cadre de la nouvelle exposition du musée qu’il est possible de visiter jusqu’au 31 décembre 2025 : Méditerranée 2050.
1) Exposition immersive Méditerranée 2050, musée océanographique de Monaco. Jusqu’au 31 décembre 2025. Adultes : 20,50 euros. Enfants de 4 à 17 ans : 13 euros.



