dimanche 19 avril 2026
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Science, sport et écologie : un dialogue hors des sentiers battus

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Au musée océanographique de Monaco, sportifs, chercheurs et entrepreneurs se sont réunis pour explorer de nouvelles synergies entre innovation, performance et protection de l’environnement. Par Mélicia Poitiers

Le 11 mars 2026, le musée océanographique de Monaco a accueilli une conférence organisée par l’Offroad Club Monaco avec le soutien de la fondation prince Albert II de Monaco, l’Ambassade d’Italie et la mairie de Monaco. Réunissant responsables institutionnels, entrepreneurs, universitaires et sportifs de haut niveau, elle a exploré les liens entre sport, environnement et innovation. Fondateur de l’Offroad Club Monaco, Massimiliano Mordenti a ouvert la journée en présentant la philosophie du club, créée en 2017. « Nous voulons promouvoir les sports automobiles de plein air respectueux des environnements terrestre et marins en favorisant l’innovation sur ces thématiques », déclare-t-il. Pour illustrer cette démarche, Massimiliano Mordenti est revenu sur sa traversée de 160 kilomètres reliant Monaco à l’île Gallinara en jet-ski fonctionnant au bioéthanol. « Elle a été possible grâce à un dispositif breveté anti-versement et recyclé, qui m’a permis de me ravitailler sans répandre aucune goutte en mer », a-t-il rappelé.

Des interventions de sportif se sont enchaînées, avec Claudia Morandini, championne italienne de ski alpin et animatrice des Jeux olympiques (JO) de Milan-Cortina 2026, Arnaud Alessandria, skieur alpin monégasque, ou encore Maxime Nocher, 12 fois champion du monde de kitefoil

Sportifs et entrepreneurs engagés

Des interventions de sportifs de haut niveau se sont ensuite enchaînées, avec Claudia Morandini, championne italienne de ski alpin et animatrice des Jeux olympiques (JO) de Milan-Cortina 2026, Arnaud Alessandria, skieur alpin monégasque, ou encore Maxime Nocher, 12 fois champion du monde de kitefoil. Le Monégasque Francesco Castellacci, pilote officiel Vista AF Corse dans le championnat du monde d’endurance FIA WEC et ambassadeur de la fondation princesse Charlène de Monaco, a également évoqué son expérience de traversée en wake bike entre la Corse et Monaco. Côté entrepreneurs, Alberto Domenico Vitale, PDG de Vitale 1913, a présenté une collection de bijoux intégrant du corail issu de sources éthiques, en partenariat avec le Centre scientifique de Monaco. Quant à François Alexandre Bertrand, il a partagé ses projets Platypus Craft et Blue Odyssey, mêlant exploration sous-marine, innovation et sensibilisation environnementale grâce à son trimaran semisubmersible innovant permettant d’observer les fonds marins et leur état face à la pollution. Il a rappelé que « le plastique que l’on peut voir flotter à la surface est juste la partie émergée de l’iceberg, la majorité de la pollution plastique étant immergée ou fragmentée en particules invisibles, parfois à plusieurs kilomètres de profondeur ».

Les produits durables peinent à séduire les jeunes fortunés

Parmi les intervenants académiques, Annalisa Tarquini, professeur à l’université de Monaco, a exposé les résultats de son enquête sur la consommation des jeunes fortunés après avoir noté que « d’ici 2030, nous assisterons au plus grand transfert de richesse que l’on n’ait jamais connu et que les millenials de cette catégorie sociale seront cinq fois plus riches que leurs aînés ». Menée auprès de cinquante riches héritiers européens âgés de 20 à 30 ans et originaires d’Europe centrale et orientale, l’académicienne s’est dit « étonnée des résultats ». Elle révèle que ces jeunes possèdent une connaissance très poussée des enjeux environnementaux et du développement durable, mais que cette conscience ne se traduit pas dans leurs choix de consommation. Pour eux, l’impact social, c’est-à-dire le bénéfice direct pour les personnes défavorisées, pèse souvent davantage que l’impact écologique dans la sélection des produits. Leur perception du luxe et du confort est également déterminante : « Etre né dans l’opulence forge le luxe comme une norme implicite, à laquelle ils s’attendent et dont ils ne peuvent plus se passer. Ils considèrent souvent que les produits durables ne sont ni suffisamment qualitatifs, ni suffisamment esthétiques », détaille-t-elle. Par ailleurs, la méfiance vis-à-vis du greenwashing est forte, même si les initiatives qui associent des instances gouvernementales leur inspirent davantage de confiance. Cette académicienne a insisté sur l’importance du choix de la communication. « Un langage trop technique, ennuyeux ou abstrait les rebute. Il faut une narration transparente, vulgarisée et sexy », assure-t-elle.

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