La saison de polo a débuté pour le Monte-Carlo Polo Team, l’équipe officielle de Monaco, associée à la fédération équestre de la principauté. Son capitaine, Rommy Gianni, évoque avec Monaco Hebdo ses principaux objectifs, alors que son équipe prendra son hébergement au sein du Polo Club de Saint-Tropez. Interview.
La saison a débuté le 9 mai 2025 à Saint-Tropez par un premier tournoi qui se terminera le 18 mai : quels sont vos objectifs ?
Nous allons jouer au polo club de Saint-Tropez (Var). Cela faisait un moment que l’on s’était arrêté. Mais, on a décidé de reprendre, et d’ouvrir notre saison en jouant à Saint-Tropez. Neuf équipes seront présentes. Des équipes allemandes, suisses, françaises, italiennes, américaines… Ensuite, on jouera un deuxième tournoi en Espagne, à Sotogrande, à côté de Marbella, du 5 au 15 juin 2025. C’est à Sotogrande que l’on trouve le plus haut niveau de polo en Europe.
La saison de votre équipe va se poursuivre pendant tout l’été 2025 ?
Pendant le mois de juillet, on va revenir à Saint-Tropez, parce que c’est la période pendant laquelle se déroule des tournois de haut niveau dans cette ville. En mai, on va jouer à un niveau un peu plus bas que dans les tournois suivants.

Votre équipe n’avait pas joué depuis quand ?
Après la pandémie de Covid-19, on a arrêté de jouer. On a ensuite voulu reprendre par le biais d’un événement à Monaco. En effet, nous voulions jouer après le jumping international de Monte-Carlo, qui se déroule chaque année, au mois de juin. Nous avons obtenu les autorisations. Malheureusement, nous avons eu des problèmes avec l’organisation pour pouvoir mettre en place l’événement que nous souhaitions. Du coup, nous avons raté la saison, et notre équipe n’a pas joué. Je ne suis pas un professionnel du polo. Je travaille dans l’immobilier, et, avec mon métier, il a été compliqué de se relancer. Mais, il y a quelques mois, on a décidé de reprendre avec le Monte-Carlo Polo Team.
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Qui sont les membres de votre équipe pour cette nouvelle saison ?
Il y a quatre joueurs par équipe, avec de deux à trois professionnels maximum par équipe. Je suis le capitaine de l’équipe et je vais jouer avec Francesco Caroli. Nous sommes accompagnés par deux joueurs professionnels argentins. Il s’agit de Juan Pedro Girou, 22 ans, et de Joaquin Maiquez, 28 ans.
Comment avez-vous choisi ces deux joueurs argentins ?
Normalement, avec Monte-Carlo Polo Team, on évolue toujours avec les mêmes joueurs professionnels. Malheureusement, nos professionnels se trouvent en Espagne. Nous allons donc faire un premier tournoi avec ces deux jeunes joueurs, qui m’ont été présentés par nos professionnels. Juan Pedro Girou et Joaquin Maiquez sont actuellement à Saint-Tropez, où ils se préparent pour disputer cette saison de polo.
A quel poste chaque joueur de votre équipe va-t-il évoluer ?
J’ai l’habitude de jouer depuis des années avec le Monte-Carlo Polo Team en attaque. Juan Pedro Girou est aussi très fort en attaque, donc je pense que l’on va essayer d’être efficace tous les deux, pour marquer autant de buts que possible. En défense, nous jouerons avec Francesco Caroli et Joaquin Maiquez. On va commencer comme ça. Mais, bien sûr, une fois que nous serons sur le terrain, on pourra changer de stratégie, si cela est nécessaire.
« On a décidé d’ouvrir notre saison en jouant à Saint-Tropez. Neuf équipes seront présentes. Des équipes allemandes, suisses, françaises, italiennes, américaines… Ensuite, on jouera un deuxième tournoi en Espagne, à Sotogrande, à côté de Marbella, du 5 au 15 juin 2025. C’est à Sotogrande que l’on trouve le plus haut niveau de polo en Europe »
Quels sont les principaux atouts de votre équipe ?
Je pense que nous avons une équipe très équilibrée. Je n’ai jamais joué avec nos deux Argentins, mais je les ai vu à l’œuvre. Nous devrions avoir une bonne stabilité au sein de ce collectif, ce qui est très important. Notre handicap, c’est que, pour le moment, on ne se connaît pas très bien, mais on reste positif. Nous aurons besoin de ces premiers matchs pour nous connaître mieux.
Quels sont les objectifs pour cette nouvelle saison ?
Notre objectif, c’est, bien sûr, d’être compétitif, et de pouvoir gagner les tournois. Et ainsi, de ramener le plus de trophées possible au Monte-Carlo Polo Team. Par contre, comme au mois de mai il s’agit du tournoi qui ouvre cette nouvelle saison et que je ne me suis pas entraîné depuis quelques temps avec les chevaux, nous n’aurons pas la même pression que d’habitude. Mais nous allons jouer du mieux possible, avec cette équipe qui représente Monaco.

Qui sont les adversaires les plus sérieux ?
Il faut surtout regarder qui sont les joueurs professionnels présents dans chacune des équipes. Les chevaux sont aussi un facteur très important. Les équipes françaises qui sont déjà sur place, ont eu le temps de s’entraîner davantage avec leurs chevaux. En revanche, les équipes espagnole et ukrainienne louent leurs chevaux, donc ils n’ont pas la même confiance que les autres dans leurs chevaux. Il y a pas mal de débutants aussi, et des joueurs qui ne sont pas des professionnels.
Est-ce que l’argent suffit pour monter une grosse équipe de polo, et être sûr de gagner ?
Ces dernières années, nous avons joué trois championnats du monde à Saint-Moritz. Nous étions très disciplinés, bien organisés, et nous avons gagné trois années d’affilée. Pourtant, les chevaux de l’équipe étaient des chevaux moyens et nous avons disputé des finales face à des équipes qui avaient des chevaux de très, très haut niveau. Mais nous avons pu faire la différence grâce à l’esprit d’équipe et à l’équilibre que nous avons su créer entre nous.
On s’était beaucoup entraîné ensemble, on arrivait sur le terrain au moins une heure et demie avant le match, et on passait aussi beaucoup de temps sur la stratégie. On travaillait sur beaucoup de détails, pour être le plus compétitif possible. Cela peut faire la différence. Nous avons parfois gagné contre des équipes qui avaient dépensé deux fois plus d’argent que nous et qui avaient davantage de chevaux. Il faut aussi avoir un peu de chance, car on a toujours gagné d’un ou deux points, et à la dernière minute.
« On a voulu reprendre par le biais d’un événement à Monaco. Nous voulions jouer après le jumping international de Monte-Carlo, qui se déroule chaque année, au mois de juin. Nous avons obtenu les autorisations. Malheureusement, nous avons eu des problèmes avec l’organisation pour pouvoir mettre en place l’événement que nous souhaitions »
En 2025, le polo cherche toujours à se démocratiser et à rajeunir son image ?
Sur ces deux sujets, on avance bien. A Saint-Tropez, tout est très bien organisé. Ils disposent d’une école de polo. Et ils ont plus de chevaux, ce qui offre plus de possibilités de louer des chevaux à un prix plus bas que ce qui était proposé auparavant. Il y a aussi de plus en plus de femmes et de jeunes qui commencent à jouer au polo. On voit des patronnes d’équipe jouer avec trois professionnels. En lisant les programmes des tournois, on voit que les femmes sont de plus en plus nombreuses.
En tribune, le polo attire aussi davantage de monde. Déjà, pour la Coupe du monde 2018 à Saint-Moritz, il y avait 18 500 spectateurs. Aujourd’hui, les réseaux sociaux et les médias amplifient encore ce phénomène. C’est bien pour les sponsors, c’est bien pour les joueurs, pour les équipes, pour le sport en général, et pour le polo en particulier.
Le polo parvient-il à se défaire de son image de sport réservé aux élites ?
Le polo était effectivement considéré comme un sport un peu snob, réservé aux élites. Mais aujourd’hui, ce sport s’est ouvert. L’objectif, c’est vraiment de ne pas faire du polo une discipline qui soit uniquement pratiquée par les élites.
« Je suis le capitaine de l’équipe et je vais jouer avec Francesco Caroli. Nous sommes accompagnés par deux joueurs professionnels argentins. Il s’agit de Juan Pedro Girou, 22 ans, et de Joaquin Maiquez, 28 ans »
En 2012, vous avez créé la fédération monégasque de polo, mais aussi l’association Monte-Carlo Polo Team, avec l’aide de Francesco Caroli, président-délégué de Caroli Com : en 2025, comment développer le polo à Monaco ?
Nous avons pour objectif de gagner le plus de tournois possible avec le Monte-Carlo Polo Team. Mais le rêve serait pour nous de pouvoir organiser le tout premier tournoi de polo à Monaco au mois de juin, juste après le jumping international de Monte-Carlo. L’idéal serait d’installer ce tournoi sur le port Hercule, près de la Rascasse, là où se déroule le jumping. Il n’y a pas assez d’espace, donc on ne pourra pas proposer des matches à quatre contre quatre, mais plutôt à trois contre trois.
Lorsque deux équipes de trois joueurs s’affrontent sur un terrain plus petit de sable ou de terre battue, cela s’appelle de l’arena polo. Nous aurons besoin de moins d’installations pour organiser notre événement d’arena polo qui occupera donc moins de place. Nous avons déjà parlé de tout ça avec l’équipe d’organisation du jumping. Notre projet est parfaitement réalisable. Notre premier objectif, c’est donc de pouvoir mettre en place ce tournoi de polo à Monaco, pour l’été 2026.
Aujourd’hui, de quels soutiens disposez-vous ?
Nous avons des sponsors qui nous soutiennent pour ce premier tournoi de la saison à Saint-Tropez. Le groupe Caroli fait partie de nos sponsors. Avec Christian Cesario, nous avons créé Syntrust Capital, une entreprise active dans le secteur du “food and beverage”, c’est-à-dire le secteur de l’alimentation et des boissons. Syntrust est également sponsor partiel de l’équipe.
Syntrust Capital est associé à plusieurs marques prestigieuses, notamment Crazy Pizza, un concept créé par Flavio Briatore, qui compte aujourd’hui plus de vingt établissements à travers le monde, ainsi que le célèbre Billionaire, également issu du groupe Briatore, un concept qui a été lancé en 1998 à Porto Cervo en Sardaigne, en plus d’autres marques de luxe du même secteur. De plus, l’association Monaco Ambassadors Club collabore également avec nous.

Quels sont vos autres projets pour 2025, et au-delà ?
Si on parvient à organiser cet événement en principauté avec le Monte-Carlo Polo Team, nous aimerions ensuite créer une série d’étapes, comme dans la Formule 1 (F1), à Monaco, à Miami, et à Saint-Moritz. Nous avons aussi trouvé un endroit pour faire une étape sur l’île de Capri, dans la baie de Naples. L’espace est limité, mais c’est faisable. Ce projet est intéressant pour les sponsors, car il s’agit d’un investissement à long terme et international.
« Si on parvient à organiser cet événement en principauté avec le Monte-Carlo Polo Team, nous aimerions ensuite créer une série d’étapes, comme dans la Formule 1 (F1), à Monaco, à Miami, et à Saint-Moritz. Nous avons aussi trouvé un endroit pour faire une étape sur l’île de Capri, dans la baie de Naples. L’espace est limité, mais c’est faisable »



