vendredi 27 mai 2022
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5 400 kilomètres à la force des bras

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Après avoir gravi les 1 665 marches de la tour Eiffel et avoir traversé la France, du Havre à Menton, le Mentonnais Joe Kals, paraplégique, prépare un nouveau grand défi : rejoindre Los Angeles depuis New York, à la seule force de ses bras.

Il est assis depuis plus de 30 ans dans un fauteuil roulant… Paralysé jusqu’à la taille. Assis, depuis ce jour de 1982, où sa vie a basculé : « J’ai eu un accident de moto à l’âge de 20 ans. L’insouciance. L’inconscience… Je roulais trop vite en ville et j’ai perdu le contrôle de ma machine. Je me suis réveillé à l’hôpital, sur le ventre. Les médecins m’ont indiqué que ma moelle épinière était sectionnée. » Depuis ce tragique accident, le Mentonnais Joe Kals n’a jamais retrouvé l’usage de ses jambes et sait qu’il ne « remarchera jamais ».

« Extrême »

Un corps cassé, mais un mental d’acier… Pour donner « un sens à cette paraplégie et à cette vie », et parce que « nous ne sommes pas faits pour vivre assis », cet homme de 55 ans se bat depuis des années pour faire avancer la recherche sur la rupture de la moelle épinière. Sans relâche, il témoigne du quotidien très éprouvant des 2,5 millions de paraplégiques et de tétraplégiques dans le monde (50 000 en France). Pour porter son message, Joe Kals multiplie les défis physiques. Le premier a eu lieu il y a 6 ans. Parti le 10 août 2011 du Havre, Joe Kals a rejoint Menton le 24 mars 2012. Soit un parcours de 1 304 kilomètres, accompli sur des béquilles, en « marche pendulaire ». Les yeux rivés sur ses pieds, ce Mentonnais a avalé le bitume sans relâche, à la seule force de ses bras, de son buste, et de ses abdominaux. « Les sportifs de haut niveau n’ont qu’à se battre avec leur mental. Leur corps est prêt. Moi, je traîne mon corps. Mes jambes sont un poids mort. Pour ce défi, j’ai poussé mon organisme au-delà de l’extrême », se souvient-il. En 2014, autre exploit. Il gravit les 1 665 marches de la tour Eiffel : « J’avais programmé de la gravir en quatre heures. Il m’a fallu neuf heures et trente minutes… La rampe était tellement fine que je ne parvenais pas à prendre appui dessus. »

Joe Kals
Joe Kals © Photo DR

5 400 kilomètres

Bien qu’avec ces impressionnants défis, Joe Kals ait accéléré le vieillissement de son organisme et de son corps « en le poussant à bout », pas question d’abandonner. Le Mentonnais prépare actuellement un nouveau défi, mais cette fois-ci aux Etats-Unis. Un projet baptisé : The United Steps of America. Le 1er mai 2018, il partira de New York pour rejoindre Los Angeles, toujours à la seule force de ses bras. Soit un parcours de 5 400 kilomètres. Joe Kals prévoit d’accomplir 100 kilomètres par semaine en effectuant trois jours de marche, puis un jour de repos, sur une durée de deux ans. « J’ai prévu une durée assez large, car il peut y avoir des intempéries, des cyclones ou du blizzard sur la route », explique-t-il. Mais dans ce défi, Joe Kals ne sera pas seul. Il va inviter « les Américains, les Européens, les Asiatiques et tous ceux qui le souhaitent » à venir marcher avec lui. Une casquette sera offerte à tous ces marcheurs qui l’accompagne. Dans cette casquette sera intégrée une puce. Et à chaque kilomètre parcouru, un montant sera reversé dans une cagnotte. « Cette cagnotte ne va pas financer la recherche, mais le chercheur qui va trouver la solution pour réparer la moelle épinière. »

Crowndfunding

Pour financer son projet, Joe Kals a misé sur le financement participatif, le crowndfunding. Il vient de lancer l’opération sur la plateforme KissKissBankBank et espère récolter 20 000 euros. « J’ai besoin de cette somme pour payer une agence de communication, démarcher les sponsors et les fondations, notamment des vétérans. Cet argent servira aussi à financer mes déplacements ou encore à me loger. » Si Joe Kals a choisi les Etats-Unis pour accomplir son nouveau défi, ce n’est pas par hasard. Déçu des « faibles retombées médiatiques » de ses premiers défis, et échaudé par un certain « désintérêt » de la société française sur cette cause, il espère remuer les consciences outre-Atlantique. « J’ai effectué un voyage de trois mois aux Etats-Unis à Clearwater, en Floride où vit mon cousin. Il m’a dit que si j’avais accompli ces défis aux Etats-Unis, il y aurait eu un impact beaucoup plus grand. Je me rends compte que les Américains valorisent beaucoup plus l’exploit et le dépassement de soi… »

Joe-Kals-@-Kristian

Recherche

Le dépassement de soi, Joe Kals en a fait un moteur de vie. Une vie à espérer qu’un chercheur trouve enfin le moyen de « connecter son cerveau à ses jambes. Jusqu’au milieu des années 50, une section de la moelle épinière signifiait la mort dans la semaine qui suivait, car ils étaient incapables de guérir les nécroses ou les infections urinaires qui remontaient aux reins, etc. Au bout d’une semaine, les paraplégiques, notamment ceux de la seconde guerre mondiale, mouraient dans de grandes souffrances. » Depuis, les progrès de la science ont permis à ces accidentés de la vie de survivre… mais pas encore de remarcher. « Lorsque j’ai eu mon accident en 1982, le neurologue du centre de rééducation me disait que la recherche avançait tellement vite que d’ici les années 90, on aurait trouvé une solution pour réparer la moelle épinière… »

Plus d’infos sur : www.joekalsusa.com
www.kisskissbankbank.com/joe-kals-paraplegique-5400-km-de-ny-a-la

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