vendredi 2 décembre 2022
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Incident à la No Finish Line : « Analyser pour en tirer d’éventuels enseignements »

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Suite à l’accident survenu le 23 novembre 2019 sur la No Finish Line,

le gouvernement monégasque a répondu aux questions de Monaco Hebdo.

L’organisateur de la No Finish Line a indiqué avoir reçu l’autorisation du gouvernement de relever, samedi 23 novembre 2019 à partir de 11h30, les barrières installées vendredi après-midi : par quoi a été motivée cette décision ?

Dès le premier jour de l’épreuve, une vigilance permanente était de mise. Parallèlement, depuis le début de la course la météo était mauvaise. En fonction de son évolution, suivie en permanence, il était décidé de modifier le parcours par moment en fermant l’accès à la digue. C’était le cas vendredi soir. Samedi en fin de matinée, le long parcours sur la digue qui permettait de désengorger le petit circuit a été remis en service en raison d’une houle modérée, et à la condition express de surveiller qu’aucuns embruns ne viennent frapper le parcours de la course sur le sommet de la digue. C’est au moment où la houle est soudainement devenue plus forte que la décision de fermeture est intervenue. C’est lors de cette opération de fermeture, que le malheureux accident s’est produit.

Pourquoi ne pas avoir fermé le circuit plus tôt, alors que la houle devenait de plus en plus forte ?

Malgré des mesures de sécurité identiques à celles appliquées depuis le début de l’épreuve le week-end précédent, la soudaineté de la dégradation des conditions météorologiques (vent tournant au sud et formation immédiate de la houle), n’ont pas permis de prévenir cette énorme vague, au moment précisément où le parcours sur la digue de Fontvieille était en train d’être fermé. A la suite des décisions françaises de déclencher le plan ORSEC, et d’un commun accord avec les organisateurs, il a été décidé de mettre un terme à la course. Le chapiteau de Fontvieille a accueilli 67 personnes qui ne pouvaient pas rentrer chez elles, faute de train et de bus.

Votre présence a-t-elle été suffisante pendant cet événement ?

Tout au long du week-end, le ministre d’Etat et le conseiller de gouvernement en charge de l’intérieur se sont rendus à plusieurs reprises sur les lieux de la course. Avant et après l’accident. Dans un premier temps pour encourager les coureurs, ensuite pour accompagner les organisateurs et les services de secours qui ont, chacun dans leur rôle, mener un travail exemplaire. Le ministre d’Etat, au nom du gouvernement et du prince souverain à l’occasion de la cérémonie de remise des trophées, est revenu sur cet accident et a exprimé toute sa sympathie à l’égard de la malheureuse victime. Nous sommes heureux aujourd’hui des nouvelles rassurantes concernant son état de santé.

Estimez-vous qu’il y a eu des erreurs ou des fautes de commises ?

Dès la connaissance des prévisions météorologiques (perturbations de samedi, 1 heure, jusqu’à dimanche), vendredi 22 novembre 2019, des dispositions avaient été prises. Outre la vidéosurveillance constante et étroite du territoire, et plus particulièrement des zones côtières, les procédures « automate d’appels » et les prises de contact avec les commerçants des zones sensibles avaient été activées. L’accès au quai de la digue Est avait été interdit. Une signalisation mobile interdisant la circulation piétonne sur les voies littorales à risque avait été posée. L’accès à la plage des Pêcheurs et au solarium avait été condamné. La digue Est du port de Fontvieille avait été fermée à la circulation piétonne (le vendredi à 22 heures 30, confirmé le lendemain à 9h30, puis refermée définitivement à 14h30), après s’être assuré que tous les participants de la No Finish Line avaient quitté les lieux. Enfin, la régate d’optimists en cours dans l’avant-port de la Condamine, a été interrompue.

La mobilisation des forces de l’ordre était-elle suffisante ?

Au total c’est plus d’une centaine de fonctionnaires de police, toutes unités confondues, qui ont été mobilisés tout au long de ce week-end, notamment pour assurer la sécurisation de la No Finish Line qui se déroulait depuis près d’une semaine. Le gouvernement tient à saluer et à remercier les services de secours qui se sont mobilisés sans relâche pour porter assistance aux personnes qui en avaient besoin et pour sécuriser le territoire. Soulignons, et nous pouvons en être fier, que les pompiers sont également venus en renfort de leurs collègues français.

Une enquête aura-t-elle lieu afin d’évaluer au mieux les responsabilités de chacun ?

Il faut toujours analyser une situation d’interventions pour en tirer d’éventuels enseignements, afin d’accroître l’efficacité des missions futures. Par exemple, depuis la tempête Adrian du 29 octobre 2018, les services de l’Etat, dont la direction de la sûreté publique, et notamment la division de police maritime et aéroportuaire, ont engagé une réflexion et ont déjà arrêté un certain nombre de mesures.

Lesquelles ?

Initiées dès le 12 décembre 2018, afin d’établir une procédure d’interdiction des espaces maritimes en cas de tempête, des réunions ont permis de définir, d’une part, les zones à risque pour le public, telles que les plages publiques et les digues et, d’autre part, les seuils de hauteur, fréquence et direction de la houle à partir desquels une alerte est activée, conduisant à la mise en place de moyens d’interdiction à l’accès à plusieurs espaces, ainsi que l’avis automatisé aux établissements se trouvant dans les zones à risque.

Il faut aller encore plus loin ?

Un projet de texte réglementaire est actuellement à l’étude. Par ailleurs, notons que des capteurs ont été installés sur la digue semi-flottante, permettant de détecter et de signaler en temps réel toute anomalie structurelle. Quoi qu’il en soit, avec les organisateurs de la No Finish Line, nous analyserons cette vingtième édition pour tirer un maximum d’enseignements pour la course de l’année prochaine.

Il y aura des changements pour la No Finish Line 2020 ?

Nous réfléchirons à plusieurs hypothèses. Par exemple, la professionnalisation de l’encadrement de sécurité, ou la délocalisation de la course dans une autre zone de la principauté, mieux protégée. Ce qui permettrait d’accueillir plus facilement les très nombreux participants en cas d’intempéries.

Voir la réponse de l’organisation de la No Finish Line dans notre article

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Monaco Hebdo