lundi 13 avril 2026
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Vitesse – alcool : cinq ans ferme pour le conducteur de l’accident mortel du Millenium

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Le procès de Mirco P., jeune Finlandais de 25 ans poursuivi pour homicide involontaire s’est déroulé le 16 décembre 2025. Dans la nuit du 16 au 17 décembre 2023, un accident de la route a coûté la vie à deux jeunes femmes et blessé grièvement deux autres. Le conducteur a été reconnu coupable d’homicides involontaires aggravés. Devant la barre, le jeune homme a affirmé ne pas être le seul responsable. Une version mise à mal notamment par la vitesse du véhicule et par le taux d’alcool du conducteur au moment des faits.

Ce mardi 16 décembre 2025, l’ambiance est lourde dans la petite salle du tribunal correctionnel de Monaco. Avant même le début de l’audience, les cris de tristesse des proches accompagnent la déambulation des nombreuses parties civiles, venues pour l’occasion. « Priorité aux proches », car la salle est trop petite pour accueillir tout le monde. À la barre ce jour-là, Mirco P., un Finlandais de 23 ans au moment des faits. 

« Il n’y a pas un seul jour où mon esprit ne revient pas sur ces événements »

La mine blafarde, le jeune homme commence en s’excusant auprès des victimes et de leurs familles : « Il n’y a pas un seul jour où mon esprit ne revient pas sur ces événements du 17 décembre 2023, et je rêverais de pouvoir tout annuler. » Deux ans après, l’homme comparaît libre pour les homicides involontaires aggravés de Dilara A. et Ayana N., ainsi que pour les blessures aggravées de Francesca M. C. et de Dzana S.. Le soir du 16 décembre 2023, les quatre jeunes femmes passaient la soirée ensemble, avant de la poursuivre au Trinity, un bar monégasque. C’est là qu’elles ont croisé Mirco P., un ami de promotion, qui est ivre. Elles continuent la soirée avec lui jusqu’au Twiga. Il leur propose alors de finir la soirée à Cap d’Ail. Il est 4h06 quand les quatre jeunes femmes montent dans sa voiture. S’ensuit une série d’accélérations brèves et successives au cœur de Monaco. 

Le prévenu comparaissait pour homicide involontaire aggravé. © Photo Monaco Hebdo

Les images de la “dashcam“ diffusées lors du procès

Accompagnés tout le long de leur trajet par une “dashcam“, une caméra embarquée qui enregistre le son de l’habitacle et la vidéo du trajet, les cinq étudiants de l’université de Monaco semblent encore dans une ambiance festive. Diffusées lors du procès, ces images ont glacé l’assemblée, notamment lorsque l’on entend Dilara A., passagère avant-droite, crier « Tu as failli me tuer », lors d’un freinage d’urgence de Mirco P., pour éviter, de peu, le choc avec une voiture de policiers. Des cris de panique auxquels l’accusé répond : « Fermes ta gu… », avant de reprendre l’inexorable chemin vers le drame. Sur les vidéos, on voit l’accusé accélérer jusqu’à 108 km/h dans le centre de Monaco, alors qu’il fonce tout droit sur un piéton : « Je l’avais reconnu, c’était un garçon qui harcelait mes camarades », tentera-t-il de se justifier, à la barre. Puis vient le dernier acte, celui du tunnel du Millenium. 

Deux chocs à plus de 100 km/h 

Dans la voiture, on entend la chanson Scream & Shout (2012) du groupe Black Eyed Peas, et les paroles « I wanna scream and shout, and let it all out », soit « Je veux crier, hurler, et tout lâcher. » Mirco P. passe de 40 à 110 km/h en une fraction de seconde avant de prendre le virage sur la voie de gauche et de s’écraser contre un mur, puis un second. Vitesse au moment du choc : 107 km/h. Après plus d’une heure et demie de désincarcération, les cinq passagers sont envoyés à l’hôpital. Ayana N. est déjà décédée, Dilara A. succombera de ses blessures deux jours plus tard, après 48 heures de soins intensifs. Deux survivantes, venues témoigner à l’audience, ont évoqué les lourdes séquelles physiques laissées par l’accident. Le 17 décembre 2023, Mirco P. est alors contrôlé positif avec 1,87 g/l de sang, près de trois heures après les faits. Aux questions du président du tribunal, le juge Florestan Bellinzona, il répondra : « J’endosse la majeure partie des responsabilités, mais elles [les victimes – NDLR] savaient que j’avais bu. Elles avaient le choix de ne pas monter. » Ces mots ont émus dans une audience marquée par une vive tension. Cette défense a fait réagir le procureur général, Mathias Marchand : « Vous refusez d’endosser à 100 % la responsabilité de ce drame, et ça deux ans après les faits. On s’attendait à autre chose. Vous avez la seule responsabilité. Vous aviez la seule responsabilité de leur dire de ne pas monter dans le véhicule, vous aviez la seule responsabilité de ne pas prendre le volant… » Reconnu coupable par la cour, Mirco P. risquait jusqu’à six ans de prison ferme, selon le code pénal monégasque. C’était la peine requise par le procureur. Le tribunal l’a finalement condamné à cinq ans de prison ferme, assortis d’un mandat de dépôt, ainsi qu’à une interdiction de conduire sur le territoire monégasque pendant cinq ans.

Monaco Hebdo publiera son numéro 1405 le jeudi 8 janvier 2026. Vous y retrouverez notre article complet sur ce procès. 

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