mercredi 10 août 2022
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Des actions pour rendre effectifs
les droits de l’enfant

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Mercredi 20 novembre, la journée mondiale des droits de l’enfant était célébrée en principauté.

A ce titre, Monaco Hebdo s’est entretenu avec deux partenaires de l’Association mondiale des amis de l’enfance (Amade). Présents respectivement au Burundi et en République démocratique du Congo, FVS-Amie des enfants et Heal Africa détaillent le récit de leurs actions. Ils et elles contribuent à aider, soigner, prévenir, réparer et éduquer la jeunesse.

Averses et crachin ont quelque peu altéré les festivités. Mais l’intérieur du forum Grimaldi accueillait tout de même une petite foule d’enfants, vaquant de stand en stand. Ce mercredi 20 novembre 2019, comme chaque année à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, l’Éducation nationale monégasque a entouré l’évènement d’activités pour enfants. Avec une particularité cette année : la célébration des 30 ans de la signature de la Convention internationale des droits de l’enfant. Une importante campagne de communication a alors été déployée dans la ville. Parmi les stands à l’entrée du forum Grimaldi, celui de l’Unicef. Des masques de réalité virtuelle nous permettent de suivre une jeune fille, Malika, au Niger, qui nous montre son quotidien. Le prestataire de services présent sur place explique que grâce à leur action, et avec le soutien financier de Volvic, ils ont pu installer des robinets d’eau dans son village. Selon, Emmanuelle Farineau, directrice du centre de loisirs, « ces actions permettent de sensibiliser les plus jeunes, nous qui sommes hyper privilégiés ». Cette journée a permis de récolter 15 000 euros pour l’Association mondiale des amis de l’enfance (Amade).

Des tablettes pour les élèves du Burundi

Car, au-delà de la sensibilisation, il y a l’action. L’Amade, créée en 1963 sous l’impulsion de la princesse Grace, œuvre pour améliorer la situation des enfants au Burundi et au Congo, à travers différents programmes. « Capoeira pour la paix », « Énergie de l’espoir » « Dignité pour les femmes ». Spes Nihangaza, directrice de l’association FVS-Amie des enfants au Burundi, explique le travail réalisé en partenariat entre les deux associations : « Dans le cadre du programme énergie de l’espoir, l’Amade intervient dans deux volets principalement. Il y a un volet amélioration de la qualité de l’enseignement à travers la digitalisation. Nous avons une école construite en grande partie grâce à l’Amade. Nous essayons de numériser les manuels scolaires. C’est pour que les élèves s’habituent à travailler avec la technologie. Cela permet de pallier l’insuffisance des manuels scolaires. On travaille avec le serveur Koombook [un petit boîtier qui permet de créer un hotspot Wi-Fi sur lequel on peut se connecter – N.D.L.R.]. On a un partenaire technique qui s’appelle “Bibliothèque sans frontières”. On télécharge des données comme si on avait Internet. On a accès à des documents, des livres électroniques, des exercices, des cours. Le prof de biologie peut aller chercher des documents pour illustrer son cours. Cela permet à des écoles qui ne sont pas suffisamment équipées d’avoir accès à un enseignement de qualité, parce qu’il y a des informations disponibles. »

Des besoins énergétiques pour le numérique

Qu’en est-il des besoins en énergie que requiert ce type d’installation ? « Nous avons l’électricité à l’école. Mais cela peut marcher avec une plaque solaire ou un groupe électrogène. Ça peut se charger la nuit et être utilisé la journée. » Par ailleurs, dans son programme, l’Amade prévoit d’accompagner les installations numériques avec l’envoi de lampes solaires. Ce qu’elle n’a pas encore fait. « Pour le moment, avec l’Amade, nous n’avons pas encore commencé, mais c’est en perspective. On est en train d’explorer la possibilité de doter d’énergie les enfants du milieu rural. Il y a beaucoup de maladies des yeux causées par la révision sur les lampes torches ou lampes à pétrole. Cela fait partie des requêtes qu’on a adressées. » Néanmoins, plus de 3 000 élèves à Matana, une zone rurale du Burundi, peuvent désormais profiter des avantages de la modernité, avec tablettes et ordinateurs à l’école. « Les cours deviennent moins abstraits et la matière plus accessible. Avant, ils apprenaient par cœur ce qu’était un ordinateur. Maintenant, cela devient concret », explique Spes Nihangaza. L’aide financière de l’association monégasque a également permis la construction d’une école. « On est partenaire avec l’Amade depuis 1993. On a un volet de soutien aux orphelins et autres enfants vulnérables. Grâce à cette école, on a pu aider des enfants qui n’arrivaient pas à se concentrer sur les études, car ils devaient travailler pendant les études. L’Amade nous a aidés avec la coopération de Monaco de construire cette école avec internat. » Néanmoins, l’Amade tient à sa réputation. « Jusqu’à l’an dernier, on s’appelait FVS-Amade Burundi. Ils ont changé de politique. L’Amade a demandé à ses antennes de ne pas porter le nom pour différentes raisons. Je pense qu’elle n’arrivait pas à contrôler. Cela pouvait porter atteinte à la réputation, si les antennes ne se comportaient pas correctement dans la mission… »

Lutter contre les violences faites aux femmes en RDC

Mais l’Amade, dont la présidente est la princesse Caroline, est également présente en République démocratique du Congo, en partenariat avec Heal Africa. Le docteur Justin Paluku, directeur exécutif de l’organisme, détaille, lui aussi, les types d’actions menées sur place. « Heal Africa a plusieurs projets dont l’objectif ultime est d’assurer une dignité à la femme congolaise. Il y a des projets à caractère médical : soins aux femmes avec fistule et autres complications de l’accouchement, soins aux femmes enceintes porteuses du VIH pour empêcher la transmission de cette maladie aux bébés. Des projets à caractère socio-économique : renforcement de la capacité des femmes à se prendre en charge notamment en leur apprenant des activités génératrices de revenus. Des projets qui visent à lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Ces projets sont financés par des partenaires comme la Banque mondiale, l’Usaid [Agence des Etats-Unis pour le développement international — N.D.L.R.], l’Unicef. Heal Africa dispose d’un hôpital du niveau tertiaire en ville de Goma. Dans cet hôpital, les femmes ont accès aux soins de qualité comme les accouchements sécurisés. » La collaboration avec l’Amade entamée en 2016 permet la construction d’un Centre de santé communautaire. Souhaité par Heal Africa depuis plusieurs années, ce centre tente de répondre aux besoins dans cette région, dont est issu le docteur Denis Mukwege, prix Nobel de la Paix en 2018. Ce dernier a été récompensé pour son travail en faveur de la « réparation » des femmes victimes de viols, d’excision et sévices sexuels. « Depuis quatre mois, nous avons reçu un financement de l’Amade pour la construction du Centre de santé communautaire dans lequel les femmes et les enfants auront accès aux soins de santé primaires comme les bonnes consultations prénatales, les bonnes consultations préscolaires, la vaccination, le service de planning familial. Cette construction est en cours depuis un mois et pourra prendre six à huit mois. A part ce financement, nous n’avons pas encore reçu d’autres choses de l’Amade, notamment de produits ».

Un programme humanitaire original

Dans les actions mises en œuvre en République du Congo par Heal Africa, il y en a une qui peut sembler étonnante : la capoeira pour la paix. « La capoeira pour la paix est un programme de danse « détraumatisante » qui met ensemble les enfants les plus défavorisés. Cette danse permet aux enfants de cultiver l’amour du prochain, de savoir comment vivre en harmonie dans sa communauté avec les autres membres. C’est une innovation qui a transformé la vie de plusieurs enfants défavorisés ici à Goma. Avec la capoeira, les enfants appartenant à des tribus différentes, les enfants venus des horizons différents, apprennent à vivre ensemble, apprennent à partager et apprennent à s’aimer. On construit ainsi une communauté où règnent la paix, l’amour et l’harmonie. » Divers programmes qui tentent de réaliser les objectifs prévus dans les textes internationaux que sont la Déclaration des droits de l’enfant de 1959, ou la Convention internationale des droits de l’enfant de 1989, dont le trentième anniversaire vient d’avoir lieu.

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Monaco Hebdo