Officiellement créée en 2019, l’association Wolf Pack Sports Team a pour objectif d’amener des personnes de tout âge et de tous horizons à se réunir autour de pratiques sportives à Monaco et au-delà. L’un de ses fondateurs, Éric Cancemi, a répondu aux questions de Monaco Hebdo.
Quelle est la genèse de votre association, Wolf Pack Sports Team ?
L’association a officiellement vu le jour en 2019, mais elle a été créée en 2016. Je ne voulais pas faire du sport tout seul, donc j’ai créé un groupe pour m’entraîner avec d’autres personnes. Le groupe a ensuite grandi, et nous avons voulu nous identifier, car nous venions tous d’horizons et de villes différentes. Nous avons donc créé un logo pour participer ensemble à des courses. Et de fil en aiguille, les gens nous ont demandé d’acheter des casquettes, des tee-shirts… parce qu’ils aimaient ce logo. Nous avons commencé à faire des bénéfices, et nous nous sommes demandé ce que nous allions en faire parce que nous n’avions pas vocation à garder cet argent. Nous avons finalement décidé de créer une association, qui a pour but de motiver les gens à faire du sport, de les accompagner et de les aider à mettre le pied à l’étrier dans la pratique d’une activité physique. L’idée est vraiment de mettre les gens au sport, parce que le sport est la meilleure des médecines.
Qu’avez-vous fait des bénéfices ?
Nous avons décidé d’acheter des appareils pour permettre aux gens de faire du sport, et de leur prêter gratuitement. Pendant le confinement, nous avons monté des challenges via les réseaux sociaux et nous avons fait une petite levée de fonds. Elle nous a permis d’acheter une joëlette, qui permet d’emmener en balade des personnes à mobilité réduite. Nous en avons fait le fer de lance de notre association. Nous voulons aider tout le monde à pratiquer le sport, pas seulement les valides, mais aussi les personnes handicapées. Tous nos bénéfices sont 100 % réutilisés pour permettre le sport pour tous.
« Nous voulons aider tout le monde à pratiquer le sport, pas seulement les valides, mais aussi les personnes handicapées. Tous nos bénéfices sont 100 % réutilisés pour permettre le sport pour tous »
Combien d’argent avez-vous récupéré avec cette levée de fonds ?
Nous avons réussi à récupérer 2 500 euros grâce à un challenge sur Facebook. Lors du confinement, un athlète a roulé pendant 24 heures sur son “home-trainer” et nous avons récupéré un euro du kilomètre via deux sponsors : un Monégasque Sportel Awards, et le sponsor lyonnais Chef de file. Nous avons par ailleurs organisé une cagnotte en ligne pour financer la joëlette qui coûtait 4 500 euros. L’année dernière, nous l’avons prêtée à une association qui a participé à la course Trail pour tous à Cagnes-sur-Mer.
De quel matériel disposez-vous ?
À l’heure actuelle, nous avons plusieurs accessoires. Nous avons une joëlette, un paddle et nous avons aussi déjà offert quelques dossards à certaines personnes qui voulaient faire du sport et qui n’avaient pas forcément l’habitude de rentrer en compétition. L’idée, c’est d’avoir une grosse communauté pour motiver les gens à faire du sport.
Quelles activités proposez-vous ?
Nous sommes multi-activités sportives. Ça va de la simple randonnée à un Ironman, au triathlon. Nous avons plusieurs branches et plusieurs cordes à notre arc. Nous accompagnons aussi les enfants qui font du foot, nous faisons du Spartan Race, des sorties vélo, des gran fondo [randonnée cyclosportive — NDLR]… Nous touchons vraiment à tous les sports, du loisir à la compétition.
L’adhésion à votre association est-elle payante ?
Notre association est 100 % gratuite. Il n’y a pas de cotisation annuelle pour devenir membre. C’est vraiment une idéologie de communauté, et c’est plutôt un mouvement que nous créons sous forme d’association, car il faut quand même une obligation juridique. Pour l’instant, nous sommes basés à Nice, mais nous sommes en train de nous rapprocher de la principauté.



C’est-à-dire ?
Nous allons ouvrir une antenne de l’association à Monaco. Elle aura son siège social ici. C’est un membre hyperactif de l’association, qui me l’a proposé car je travaille en principauté. Nous voudrions que l’association devienne monégasque. Cela nous permettrait de faire davantage de choses en représentant vraiment la principauté. Nous voulons montrer que Monaco est un pays sportif et une principauté très active.
Combien de membres comptez-vous dans votre association ?
C’est difficilement quantifiable, mais sur Facebook, nous sommes plus de 1 400. Ils sont à peu près tous actifs. Nous avons un groupe privé, qui est un peu le BlaBlaCar du sport. Tout le monde se motive via ce groupe. Nous sommes vraiment dans un esprit de partage. Nous communiquons aussi sur Instagram, sur Twitter, et sur TikTok. Nous partageons sur les réseaux sociaux pour motiver les gens.
« C’est difficilement quantifiable, mais sur Facebook, nous sommes plus de 1 400. Ils sont relativement tous actifs. Nous avons un groupe privé, qui est un peu le BlaBlaCar du sport »
D’où viennent vos membres ?
Une grosse majorité de nos adhérents vit dans le sud. Car nous sommes d’ici et il est plus facile de faire du bouche-à-oreille de vive voix que par les réseaux sociaux. Mais nous avons aussi une grosse communauté en Alsace. Nous avons des membres un peu partout dans l’Hexagone. À Lyon, ils sont 5-6. Vers Le Havre, ils sont une petite dizaine. Nous sommes également sortis des frontières puisque nous avons des adhérents en Belgique, en Italie, en Angleterre, en Espagne. Nous avons même vendu quelques tee-shirts et casquettes aux États-Unis, via les réseaux sociaux.
Comment menez-vous vos actions en faveur des personnes handicapées ?
Nous sommes en contact avec plusieurs associations, comme l’association Sport pour tous. Nous prêtons notre matériel à tout le monde. Nous ne regardons pas qui est licencié et qui ne l’est pas. Nous le prêtons même aux familles qui ne sont pas sportives. Par exemple, l’année dernière, la joëlette est partie un mois à Morzine pour un enfant handicapé.
Vous êtes beaucoup sollicité par les associations ?
Non, car nous n’avons pas l’opportunité de faire beaucoup de publicités. C’est surtout nous qui faisons la démarche car pour l’instant, les gens ne nous connaissent pas vraiment. Plus nous serons vus, mieux ce sera pour prêter du matériel. Nous essayons aussi de prêter la joëlette à des organismes de la principauté tels que le Yacht Club ou à ceux qui veulent participer par exemple au U Giru de Natale. Nous essayons d’en faire profiter le plus grand nombre de personnes et d’infrastructures.
Quels sont vos futurs projets ?
L’hiver arrive. Nous voulions acheter une joëlette de ski pour Isola, car ils n’ont pas encore beaucoup d’infrastructures. Auron est bien équipé, mais Isola n’a pas grand-chose. Nous avons à cœur de leur acheter une joëlette, pour qu’ils puissent la prêter à tous.
Quoi d’autres ?
Je suis allé voir le Yacht Club en disant que la joëlette était à disposition. Ils sont en train de voir si des membres peuvent être intéressés. Nous commençons à faire notre petit bonhomme de chemin. Le Larvotto étant terminé, nous aimerions aussi pouvoir mettre à disposition un paddle arrangé pour l’été prochain.
Comment rassemblez-vous les fonds ?
C’est très lent car nous vendons des casquettes, des tee-shirts, des tenues de vélo… tout un tas de produits qui sont sur notre page Facebook. Nous ne prenons pas beaucoup de bénéfices car l’objectif, ce n’est pas de « saigner » les gens. Nous mettons l’argent sur un compte et lorsque nous avons assez d’argent pour acheter du matériel, nous le faisons. Nous sommes une petite structure, nous n’en sommes qu’au commencement, mais nous ne voulons pas devenir une société. Nous voulons vraiment rester dans l’esprit « famille », et faire plaisir aux gens tout en les motivant à faire du sport.
Vous venez également de créer une section “mountaineering” : de quoi s’agit-il ?
Nous faisons régulièrement des randonnées en haute montagne. Nous avons, par exemple, gravi le Kilimandjaro l’année dernière, nous avons aussi fait quelques sommets dans les Alpes. Désormais, nous nous lançons à la conquête de l’Aconcagua, qui est un sommet situé à 7 000 mètres d’altitude en Argentine. L’objectif est de faire connaître un peu plus l’association, pour justement intégrer plus de personnes encore dans le mouvement sportif et mettre de plus en plus les gens au sport.
Combien ça coûte de gravir l’Aconcagua ?
Entre l’achat du matériel spécifique, sans compter les trajets, il faut compter environ 5 000 euros par personne. Ce n’est pas l’association qui paie, c’est nous qui payons nous-mêmes, nous sommes six à partir. Nous avons aussi des sociétés monégasques qui nous suivent telles que le Before Monaco, Acqua Mavra, le Thirty Nine, Telis Groupe, la Costa Properties, Miells Christies ou encore And Bank et Art Com. Notre association va aussi certainement conclure un partenariat avec Monaco Disease Power très prochainement.
« Nous aimerions gravir, à plus ou moins long terme, les Seven Summits [les sept sommets les plus élevés des sept continents — NDLR]. Nous avons déjà fait le Kilimandjaro, nous allons faire l’Aconcagua »
Quelle est l’idée derrière ce projet ?
Nous aimerions gravir, à plus ou moins long terme, les Seven Summits [les sept sommets les plus élevés des sept continents — NDLR]. Nous avons déjà fait le Kilimandjaro, nous allons faire l’Aconcagua. Normalement en 2025, nous allons nous attaquer au McKinley en Alaska. Ce sont des projets alpinisme mais nous sommes partenaires de beaucoup d’événements. Nous avons par exemple relancé avec une association un trail qui a lieu à Castagniers tous les ans. Ce trail historique avait été arrêté mais nous l’avons relancé l’année dernière et il continue cette année. Nous essayons d’aider le plus grand nombre d’associations qui font des événements dans la région en fournissant des bénévoles… Nous sommes vraiment dans le partage, dans le plaisir et dans le sport.
Espérez-vous un jour franchir un sommet avec une personne en situation de handicap ?
Si un jour nous pouvons le faire, nous le ferons bien volontiers. Pour l’instant, nous n’y avons pas encore pensé, parce que l’altitude est très délicate à gérer. Il faudrait être encadré, et cela demande des lourds moyens, car il faut quand même pouvoir être réactif si la personne fait une réaction au mal des montagnes ou autres. Après, si nous avons des demandes, nous ferons tout pour y répondre. Mais je ne pense pas avoir encore les épaules assez larges pour dire : « Oui, c’est ce que je veux faire bientôt ». Aujourd’hui, ça me paraît trop lourd en termes d’organisation.
Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site Internet de l’association www.wolfpacksportsteam.eu/ et sur les réseaux sociaux : Facebook, Instagram et Twitter.



