
Promenades au grand air et canicule augmentent les risques de chute des personnes âgées à l’approche de l’été. En France comme en principauté, les dispositifs se multiplient pour prévenir les accidents.
Que l’on soit chez soi ou à l’extérieur, les mauvaises chutes sont vite arrivées avec le retour des fortes chaleurs. Insolation ou éblouissements font le jeu des mauvaises glissades avec des conséquences qui peuvent se révéler dramatiques pour les personnes âgées : fémurs cassés, hanches ou épaules fragilisées et à la clé des hospitalisations, invalidités ou mises en institution. Chaque année, 12 000 décès et 450 000 hospitalisations en France chez les plus de 65 ans sont imputables aux chutes. Plus grave : l’accident de marche est la première cause d’entrée en dépendance (40 % des personnes âgées se voient obligées d’entrer en institution dans l’année qui suit leur chute). De plus en plus de solutions existent pourtant pour prévenir les risques.
Un domicile mieux sécurisé
C’est la priorité d’action, car plus de la moitié des chutes ont encore lieu au domicile. Le gouvernement français vient de lancer au printemps un vaste programme de sécurisation des domiciles, en partenariat avec la CSC (Commission de sécurité des consommateurs). Il vise à promouvoir des aménagements simples et peu coûteux — susceptibles de réduire par trois le risque de chute selon les études. Au menu : entourer les interrupteurs de ruban adhésif, éviter parquets cirés et sols glissants, fixer les fils aux murs, vérifier le bon éclairage,… Les outils de diagnostic sont téléchargeables en ligne (www.e-securisation.com) et les aménagements peuvent bénéficier de déductions fiscales. A Monaco, les résidents peuvent profiter en prime d’un système de téléalarme particulièrement avancé qui prévient en cas de chute. Il bénéficie à plus de 5 000 résidents.
Une marche mieux contrôlée au quotidien
Les études montrent que l’on peut diagnostiquer les risques de chute dès la cinquantaine. De plus en plus d’hôpitaux et centres de prévention proposent des tests (avec tapis de marche) pour détecter les risques. Les techniques se multiplient aussi pour aider à améliorer sa souplesse et mieux gérer ses déplacements. De nombreuses caisses de retraite proposent des ateliers autour de l’équilibre combinant conseils pratiques et exercices à faire en groupe ou chez soi (on y apprend notamment à bien se relever). En principauté, des programmes « prévention des chutes » pour les seniors sont menés depuis peu par le club Le Temps de Vivre. « Ces ateliers servent aussi bien aux personnes qui ont des appréhensions qu’aux « chuteurs », qui ont souvent tendance à se confiner après un premier accident », explique Anne Saint-Laurent, directrice de l’action sociale chez Agirc-Arrco, pionnier des ateliers de prévention.
Des facteurs de risque mieux connus
Derrière les chutes à répétition, il y a souvent des facteurs de risque associés : problèmes orthopédiques, obésité ou interactions médicamenteuses (les médicaments les plus à risque sont liés au traitement de l’anxiété, de l’hypertension ou du diabète). « Pour être vraiment efficace, la prévention doit être globale et coordonnée, depuis la consultation du médecin jusqu’aux ateliers collectifs. A l’heure où l’on s’interroge sur la prise en charge future de la dépendance, il s’agit d’un enjeu crucial », confirme Anne Saint-Laurent.



