Près de 1 500 professionnels de santé ont participé à la 16ème biennale monégasque de cancérologie au Grimaldi Forum, du 23 au 26 janvier 2024. À cette occasion, la fondation Flavien a remis un chèque de 100 000 euros au centre scientifique de Monaco, pour financer la recherche et améliorer le soins de patients, notamment en pédiatrie.
C’est l’un des plus importants congrès en cancérologie d’Europe. Avec près de 1 500 professionnels de santé réunis à Monaco pour échanger sur tous les types de cancers, la biennale monégasque de cancérologie est une référence en matière de recherche. Pour la 16ème édition de ce congrès multidisciplinaire organisée du 23 au 26 janvier 2024 au Grimaldi Forum, les professionnels de santé ont échangé sur les évolutions et les progrès dans le traitement des différents cancers, en hématologie, et en pharmacie. Ces professionnels ont d’ailleurs pu soumettre leurs travaux originaux à un jury international d’experts, au cours de douze sessions académiques. Cet événement a toute son importance car, en matière de cancérologie, les chiffres sont toujours préoccupants. Les dernières données recueillies par l’Institut national du cancer (INCa) ont fait état de 433 136 nouveaux cas de cancer pour l’année 2023 en France métropolitaine : 245 610 chez l’homme et 187 526 chez la femme.
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Ce chiffre est en constante évolution depuis 30 ans, en partie du fait du vieillissement de la population, mais en partie aussi, et surtout, des progrès réalisés en matière de diagnostics. D’où l’importance de la recherche : « L’actualité en cancérologie a continué de se développer, tant au niveau de la recherche, que dans la prise en charge des patients et dans l’évolution des traitements », témoigne Xavier Pivot, président de cette 16ème biennale monégasque de cancérologie.
« Des enfants tombent encore à cause du cancer. On a le flingue pour combattre, mais il nous manque la cartouche »
Denis Maccario. Président de la fondation Flavien
100 000 euros pour le Centre scientifique de Monaco
Des grands noms de la science figuraient parmi les rangs des chercheurs de cette biennale 2024, comme le docteur Dan Karouby, pharmacien à l’Institut de cancérologie de Strasbourg, qui a reçu cette année le prix Jean Goirand pour sa solution innovante qui limite le temps de présence des patients à l’hôpital. Le professeur Gilles Pagès, directeur de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), spécialiste de la vascularisation des tumeurs, était également de la partie. Mais aussi le docteur Christopher Montemagno du centre scientifique de Monaco, le professeur André Baruchel de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), qui est l’un des spécialistes de la leucémie, ainsi que le docteur Matthias Schell, qui a parlé de la première étude en soins palliatifs pédiatriques. « C’était une réussite avant même de commencer, grâce à la présence de ces sommités scientifiques, parmi de l’élite de la pédiatrie et de l’oncologie », assure Denis Maccario, président-fondateur de la fondation Flavien, qui finance des travaux de recherche en cancérologie, dont certains figuraient parmi les invités de cette 16ème biennale. Depuis 2015, sa fondation a reversé presque 750 000 euros à la recherche, toujours motivé par la promesse faite à son fils défunt, Flavien, d’aider les autres enfants victimes d’un cancer. Cette année, sa fondation a reversé 100 000 euros au centre scientifique de Monaco, grâce aux dons récoltés auprès du gouvernement et d’institutions monégasques, mais aussi d’acteurs privés, dont des familles d’enfants disparus à cause d’un cancer. « Notre trésor de guerre permet de soutenir plusieurs projets et plusieurs équipes. Et notre travail de communication vis-à-vis du public médical permet de nous faire écouter, car des montants pareils interpellent, ajoute-t-il. Ces 100 000 euros vont servir à financer le poste d’une technicienne pour le centre scientifique de Monaco, et le nouveau projet dans la création d’organoïdes, dans le cadre des travaux du docteur Vincent Picot. Ces organoïdes sont des petits cerveaux pour mimer la vascularisation d’un vrai cerveau. On va créer ces organismes pour comprendre comment prolifère et évolue un cancer. Les travaux ont bien avancé, d’où l’intérêt de continuer à les financer. »
« Ces 100 000 euros vont servir à financer le poste d’une technicienne pour le centre scientifique de Monaco, et le nouveau projet dans la création d’organoïdes, dans le cadre des travaux du docteur Vincent Picot. Ces organoïdes sont des petits cerveaux pour mimer la vascularisation d’un vrai cerveau »
Denis Maccario. Président de la fondation Flavien
Essai clinique
Parmi ses actions, la fondation Flavien, œuvre également pour l’élaboration d’un essai clinique autour de la molécule Axitinib, une molécule qui pourrait, selon Denis Maccario, réduire les souffrances et les séquelles des enfants touchés par un cancer du cerveau, en permettant de cibler les cellules cancéreuses, sans détruire les cellules saines.
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« Les conventions médicales et financières ont été signées, il reste désormais le volet administratif à régler avec les autorités, Santé publique France, et l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, car un médecin ne peut inoculer qu’un médicament qui a été validé avec un protocole et des règles bien établies. Des échanges ont eu lieu, mais ce n’est pas assez rapide face à l’envergure du problème. Des enfants tombent encore à cause du cancer. On a le flingue pour combattre, mais il nous manque la cartouche. » Il va donc encore falloir s’armer de patience pour que ce projet aboutisse. Mais Denis Maccario et les membres de la fondation Flavien ne manquent pas de motivation. Présent lors de la remise de chèque pour le centre scientifique de Monaco, le prince Albert II a vanté « l’infatigable énergie et la détermination » de la fondation pour faire aboutir ces recherches et « arriver à un espoir ».



