mardi 28 avril 2026
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Un abus de confiance
à plusieurs millions

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Instruite depuis l’été, l’enquête sur l’affaire dite de la banque Martin Maurel Sella s’annonce longue.

Cinq ans d’emprisonnement. Selon l’article 337 du code pénal monégasque, c’est la peine maximale encourue par Nadia Curti, si, à l’issue de l’instruction, elle est renvoyée devant le tribunal correctionnel pour l’abus de confiance dont elle est soupçonnée. L’enquête visant l’ancienne chargée de clientèle de l’entité Martin Maurel Sella Banque privée Monaco n’a cependant pas encore atteint ce stade. Et pour cause, elle n’a débuté qu’en juillet dernier et va prendre du temps. De multiples vérifications s’imposent quant aux agissements de l’ex-salariée de la banque. Celle-ci, placée en détention provisoire en août, nie les faits dans leur intégralité. Elle est suspectée d’avoir, de 2007 à 2012, voire sur une période plus étendue, abusé de la confiance d’une partie de la clientèle dont elle avait la charge. Pour l’instant, une dizaine de plaintes ont été déposées. D’autres pourraient suivre. Dans les faits, Nadia Curti se serait servie, pour son bénéfice personnel, dans les portefeuilles de clients, de nationalité italienne, avec lesquels elle avait noué une relation amicale. Courant juillet, ces derniers sont tombés de haut en recevant leurs relevés de comptes, qu’ils demandaient à la banque depuis plusieurs mois. L’un d’eux, pensant être créditeur de 900 000 euros, s’est retrouvé avec un découvert de 80 000 euros. Nadia Curti aurait contracté un crédit à son insu pour se couvrir et qu’il puisse disposer de liquidités. Parmi les irrégularités, les clients lésés ont identifié des virements et des transferts de titres boursiers effectués sur les comptes d’autres clients mais aussi des retraits d’espèces dont ils n’ont pas été les bénéficiaires. L’argent aurait servi, entre autres, à rénover des propriétés.

Un préjudice de sept à huit millions d’euros pour dix clients
L’ex-chargée de clientèle aurait également utilisé la peur de ces clients vis-à-vis du fisc transalpin. Nadia Curti se serait ainsi elle-même rendue en Italie auprès de certains d’entre eux pour recevoir en mains propres des espèces destinées à être déposées sur leurs comptes à Monaco. L’argent n’aurait jamais été déposé ou partiellement. L’ancienne salariée de la banque privée Martin Maurel Sella en principauté aurait également produit des relevés bancaires falsifiés témoignant de juteuses situations financières. Une hypothèse qui semble accréditée par la découverte de faux extraits de comptes bancaires personnalisés lors de perquisitions menées par la police monégasque. Nadia Curti aurait présenté ces relevés truqués aux clients et leur aurait conseillé de ne pas les emporter avec eux en Italie, au cas où ils se feraient prendre par la Guardia di Finanza.
Le préjudice reste pour le moment difficile à chiffrer avec exactitude. Cependant, pour dix clients qui ont déposé plainte, il atteindrait sept à huit millions d’euros. L’entité Martin Maurel Sella Banque privée Monaco a également déposé plainte contre son ancienne salariée. L’établissement indique avoir alerté les autorités gouvernementales et de tutelle dès juillet. En outre, la direction affirme être en contact avec les clients touchés depuis le début de l’affaire. Concernant le fond du dossier, elle parle « d’un cas isolé, conséquence d’une dérive strictement individuelle. » Pour l’heure, la présomption d’innocence fait foi.

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