Le braquage du Café de Paris en plein jour, par un homme seul, c’est une première. La police recherche toujours le suspect.
Un braquage éclair en plein cœur du Carré d’Or. La scène s’est déroulée en pleine journée, le 4 janvier, au Café de Paris, propriété de la Société des bains de mer. La recette du drugstore et de la boutique de l’établissement, évaluée à 35?000 euros, a été dérobée, au cours d’un vol à main armée visant le responsable de ces commerces. Vers 15h20, le cadre de la SBM s’est retiré dans son bureau, situé au premier étage, pour y faire les comptes. Peu après, un homme s’est introduit dans l’office, revolver au poing. Opérant à visage découvert, le malfrat a exigé du responsable qu’il lui remette le butin, exclusivement constitué d’espèces. Le malfaiteur est reparti avec la recette, ni vu ni connu de l’établissement. Le directeur des commerces, « choqué », n’a pas été blessé.
L’auteur du vol serait de type asiatique, de forte corpulence, et aurait entre 30 et 40 ans, selon la description faite par le cadre aux enquêteurs de la police judiciaire. Profitant d’une présence touristique accrue sur la place du Casino, il s’est éclipsé avant le quadrillage des lieux par la police monégasque. Le braqueur n’est apparu distinctement sur aucune des 500 caméras de vidéosurveillance que compte la principauté. Le directeur général Bernard Lambert a qualifié ce braquage de « première ». Interrogée sur un éventuel renforcement des conditions de sécurité dans ses établissements, la SBM a indiqué n’avoir « aucun commentaire à faire ».
Le malfrat est aujourd’hui toujours recherché par la police judiciaire monégasque. Les circonstances du vol laissent penser que l’individu, bien renseigné, avait planifié son coup. Rien n’a permis, pour l’heure, d’accréditer la thèse d’un éventuel complice.
La marche à pied, un mode de fuite prisé
Lorsque les autorités ont été alertées d’un braquage, les frontières du territoire monégasque ont été cadenassées et leur surveillance renforcée. Mais les récents événements survenus en principauté ont, semble-t-il, révélé une tendance gênante. Leurs méfaits accomplis à Monaco, les malfaiteurs repartent à pied. Le braqueur du Café de Paris ne paraît pas avoir échappé à la règle. « Il est probablement reparti en marchant », indique une source proche de l’enquête. La France n’est qu’à six minutes de marche de la place du Casino. En avril 2010, lors du vol par ruse commis au Crédit Foncier de Monaco, les malfaiteurs avaient d’abord quitté la Condamine en voiture, avant de laisser leur véhicule sur le boulevard du Larvotto. Devant le Floridian Palace, au croisement de deux escaliers, l’un permettant de rallier Beausoleil en quelques minutes et l’autre menant à l’avenue Princesse Grace. Quant aux trois Pink Panthers arrêtés en juin 2009, ils chronométraient leurs parcours de fuite, à pied, en empruntant différents itinéraires depuis la bijouterie Chopard, durant leurs repérages.




