Un couple, qui dirigeait les Etablissements Vinicoles de la Condamine entre 1998 et 2002, comparaissait mardi devant le tribunal correctionnel, soupçonné d’en avoir escroqué un autre.
Ce n’est pas l’alcool au volant mais l’alcool dans les affaires qui était jugée, mardi 3 mai, au tribunal correctionnel. A la barre, Jean-Michel et son épouse franco-danoise Bettina M., anciens propriétaires et dirigeants des Etablissements Vinicoles de la Condamine (EVDC). Ils étaient soupçonnés d’avoir escroqué, à Monaco en 2000 et 2001, un couple danois résidant en principauté?: Niels Peter, homme d’affaires reconnu au Danemark et Ina. Tout commence en 1998, date à laquelle Jean-Michel, ex-cadre de Renault V.I., et Bettina, avocate de profession, rachètent EVDC, une entreprise de distribution de vin et de spiritueux en dépôt de bilan, et le commerce qui s’y rattache, baptisé L’Abondance, pour la somme d’1,8 million de francs. Les époux voient en la société, un énorme potentiel leur « permettant de développer un projet ». Ce projet, « rentable en dix ans », est le suivant?: créer de nouvelles marques et parvenir à obtenir 1 % du marché des vins et spiritueux avec ces produits aux prix compétitifs. Avec une cotation boursière à la clé. Les époux veulent s’associer à une grande marque indépendante du whisky, Inver House Distillers, dont ils deviennent le distributeur exclusif sur le marché français.
Jean-Michel et Bettina, en quête d’investisseurs, évoquent le projet avec Niels Peter, qui est intéressé. Le businessman et sa compagne investissent 7,3 millions de francs en trois fois (mai 2000, octobre 2000 et novembre 2001). Fin 2000, les époux commandent un rapport à une société d’audit de Monaco sur les perspectives d’avenir d’EVDC. Le futur de l’entreprise s’annonce bien, avec d’importants profits à l’horizon 2010 mais le cabinet souligne que l’étude est fictive et ne peut être utilisée. Mais pour l’heure, la société a du mal à décoller. Les déficits se creusent d’année en année, les charges étant supérieures aux ventes.
Non-lieu requis
En 2001, ça se gâte. Inver House Distillers est racheté par le leader des vins et spiritueux sur le marché asiatique. Le nouveau repreneur ne souhaite pas entrer au capital d’EVDC. Suite à cela, la banque qui soutenait le projet se retire à son tour. Les époux doivent chercher un nouveau partenaire. En novembre 2001, Niels Peter continue d’investir mais exige une caution qui lui permettrait de récupérer sa mise si l’entreprise tournait mal. Les époux lui concèdent.
En 2002, le groupe Boisset se porte acquéreur de 100 % du capital des Etablissements Vinicoles De la Condamine mais Niels Peter refuse de vendre ses actions. L’opération capote et EVDC dépose le bilan. « Il se savait protégé par la caution et voulait que l’entreprise dépose bilan », a déclaré Jean-Michel. Deux principaux faits étaient reprochés à Jean-Michel et Bettina. La franco-danoise se serait servi de sa qualité d’avocate pour influencer les investissements du couple. Les époux se seraient aussi appuyés sur le rapport « fictif » du cabinet d’audit pour tromper les actionnaires. La partie civile représentée par Me De Gubernatis a demandé en réparation les sommes d’1?200?000 euros pour Niels Peter et de 450?000 euros pour Ina., soit les investissements réalisés dans EVDC. La substitute du procureur, Cyrielle Colle, a requis le non-lieu. Défendant les prévenus, Me Zabaldano et Me Baudoux ont plaidé la relaxe. Escroquerie ou mauvaise affaire?? Décision le 21 juin.




