Quatre prévenus d’un même dossier comparaissaient, mardi 27 septembre, pour diverses infractions à la législation sur les stupéfiants courant 2008.
Au centre de l’affaire, 0,76 gramme de cocaïne et autour, quatre protagonistes. Le dossier est passé en correctionnelle, mardi 27 septembre. S’ils s’apparentent à des infractions à la législation sur les stupéfiants, les faits reprochés au quatuor de prévenus sont différents selon les rôles de chacun. Dans cette affaire, il y a d’abord Wayne, le consommateur de la cocaïne. Résident monégasque de 54 ans, il devait répondre d’acquisition, cession, détention et usage de cocaïne. Tout comme l’exécutrice de la demande, Lamia, 28 ans, de qui part l’affaire. Complétant le banc des accusés, Olivier, gérant de mini-golf, et Alain, fonctionnaire à Monaco, étaient suspectés d’être respectivement intermédiaire et fournisseur de la drogue dans cette affaire. Ils comparaissaient pour cession et usage de stupéfiants.
L’histoire remonte à la nuit du 8 au 9 décembre 2008. Vers 3 heures du matin, Lamia porte plainte pour viol contre Wayne auprès de la Sûreté publique. Dans sa déposition aux policiers, elle indique que Wayne l’a violée dans son appartement et qu’elle lui a fourni de la cocaïne, au moins à deux reprises. La plainte pour viol sera classée mais les dires de la jeune femme sur la drogue intéressent les policiers. Une perquisition est effectuée au domicile de Wayne où une bonbonne de 0,76 gramme de cocaïne est retrouvée ainsi que des résidus de la poudre blanche dans le salon et dans le coffre-fort. Wayne ne nie pas les faits. Il affirme être un consommateur de cocaïne, admet en avoir acheté auprès de Lamia et aussi en avoir cédé auprès d’un tiers. A la barre, Lamia s’est défendue?: « J’ai fourni de la cocaïne à Wayne mais je n’ai jamais consommé ». « Comment se fait-il qu’il ait fait appel à vous pour avoir de la cocaïne?? », a demandé le président du tribunal, Marcel Tastevin. « Je sortais souvent à Monaco la nuit, je connaissais du monde », a-t-elle répondu. Questionné sur l’origine de la drogue durant son interrogatoire, Lamia met les enquêteurs sur la piste d’un intermédiaire, Olivier, à l’époque gérant d’un snack en principauté, et d’un fournisseur, Alain, fonctionnaire monégasque.
« L’homme qui a vu l’homme qui n’a pas vu l’ours »
Lamia indique qu’elle a notamment eu un rendez-vous au Jardin exotique avec les deux hommes pour régler l’achat de cocaïne demandé par Wayne. L’intermédiaire, Olivier, est mis sur écoute. Une conversation est interceptée avec un homme originaire de Perpignan, qui le fournit en résine de cannabis. Ce dernier est entendu par la Sûreté et déclare avoir fumé un joint avec Olivier sur le port de Monaco. Sur ce point, Olivier a démenti à la barre. « J’avais une consommation occasionnelle de cannabis à l’époque mais je n’ai jamais acquis ou fumé du cannabis sur le territoire monégasque », a-t-il clamé. Concernant le rendez-vous évoqué par Lamia, Olivier l’a reconnu « sous la pression des autorités », selon lui. Alain, le fournisseur de cocaïne présumé, a nié en bloc les accusations qui étaient portées contre lui. « Cette histoire est une pure invention », a-t-il répété, tout en concédant qu’à l’époque, il faisait usage de stupéfiants. L’homme avait déjà été condamné pour complicité de viol en 2001.
L’avocat d’Alain, Me Georges Blot, a relevé qu’« aucun élément matériel explicite » ne pouvait mettre en cause son client. « Il n’est pas dit qu’il a sorti de la cocaïne de sa poche. De plus, la perquisition du domicile de mon client n’a rien donné. Il n’y avait pas une poussière de cocaïne chez lui. Cette histoire, c’est l’homme qui a vu l’homme qui n’a pas vu l’ours », a plaidé Me Blot, demandant la relaxe. Le défenseur d’Olivier a, lui, pointé du doigt « un dossier dans lequel il n’y a que des témoignages sujets à caution, des auditions et beaucoup de rumeurs ». Le parquet, représenté par Michaël Bonnet, a requis de la prison ferme pour les quatre prévenus. Deux mois pour Wayne, trois mois pour Lamia, cinq mois pour Olivier et huit mois pour Alain. L’affaire a été mise en délibéré. La décision sera rendue le 11 octobre.




