Deux femmes ont comparu devant le tribunal correctionnel, mardi 11 février. La première pour avoir voyagé aux frais des autres et la seconde pour avoir gratté des tickets de jeux sans rien débourser et empocher les mises dans le tabac-presse qui l’employait.
A la barre, ce mardi 11 février, il y a Cynthia, 26 ans, mère de cinq enfants nés de quatre pères différents et venue de Guadeloupe juste pour l’audience. « Pas une bonne mère », soupire celle qui confesse au tribunal avoir « agi comme une gamine ». Entre janvier et mars 2011, Cynthia, alors employée d’une agence de location de voitures en région parisienne, « cède à la tentation » d’utiliser les coordonnées bancaires qui passent entre ses mains. La jeune femme s’est offert 7 voyages avec ses enfants, ses conjoints et ses amis. « Une part de rêve dans ce monde de grisaille », dira son avocat, Me Rémy Brugnetti. Ces escapades à l’œil, elle les a réservées via le site internet d’un croisiériste implanté en principauté et financées avec les cartes de crédit appartenant à des établissements bancaires d’Italie, de Suisse, de Russie ou encore de Suède. Cynthia a vogué au large des Caraïbes, de la Méditerranée et des Etats-Unis. Elle s’était aussi programmée un Tour du Monde pour janvier 2012, échappée belle à 26 000 euros, avant de l’annuler et d’avoir le culot de demander le remboursement de cette somme en deux chèques.
Déjà condamnée en 2008
Coïncidence, quelques jours avant l’annulation, la jeune femme s’était vue notifier sa condamnation en 2008 par le tribunal de Pointe-à-Pitre pour abus de confiance (3 mois avec sursis et interdiction d’exercer pendant cinq ans la profession d’agent commercial). Le croisiériste, alerté par certains rejets de paiement et intrigué par l’utilisation de tant de cartes, a fini par mettre au jour l’escroquerie. Le préjudice, d’abord estimé à 51 697 euros, a ensuite été ramené à 13 398 euros. « Qu’on ne nous plaide pas la nécessité. S’il est bien quelque chose qui n’est pas nécessaire, ce sont les voyages de luxe », a affirmé l’avocate générale Aline Brousse, requérant 4 mois de prison à l’encontre de la prévenue. Cynthia a finalement été condamnée à dix mois de prison avec sursis et devra dédommager le croisiériste à hauteur de 18 000 euros.
Mauvais tickets
Maria, elle, n’a pas assisté à son procès. Son ancienne patronne, si. La Roumaine de 43 ans qui travaillait courant 2013 pour le compte d’une exploitante d’un tabac-presse en principauté se voyait reprocher un abus de confiance. Préjudice estimé : quelques tickets de jeux à gratter, pris gratuitement dans la vitrine et auto-rétribués immédiatement lorsqu’ils étaient gagnants. En août 2013, 2 500 euros manquaient selon la buraliste, pour qui son ancienne salariée « se servait dans la caisse », « volait aussi des cigarettes, des objets » et « puait l’alcool. » Maria, qui s’estimait « mal payée », a indiqué à la Sûreté n’avoir pris que 150 euros. Impossible toutefois d’évaluer avec exactitude le montant de ces gains illégaux, la gérante ne tenant pas la comptabilité des jeux à gratter. En outre, le bruit du scan des tickets sur les bandes de vidéo-surveillance demeure la seule preuve du méfait, avec les aveux de la quadra. Le parquet a taclé « les estimations au doigt mouillé » des deux parties. Maria a écopé d’un mois de prison avec sursis et devra rembourser 500 euros à son ex-patronne. Une condamnation qui ne doit rien au hasard.



