
Analyser la montée de l’intolérance et de la discrimination en Europe, c’est la mission confiée par le secrétaire général du conseil de l’Europe, Thorbjørn Jagland, à neuf personnalités indépendantes, dont Martin Hirsh, ancien haut-commissaire aux solidarités actives et Emma Bonino, vice-présidente du Sénat italien. Un rapport baptisé « Vivre ensemble. Conjuguer diverser et liberté dans l’Europe du XXIème siècle ». Selon les membres de ce groupe, c’est en priorité à l’encontre des Roms, et des personnes de deuxième génération issues de l’immigration, qui « souvent, sont traitées comme des étrangers, même dans des pays où elles sont nées et dont elles sont ressortissantes » que la discrimination est la plus exacerbée. Le groupe a identifié huit risques spécifiques menaçant les « valeurs du Conseil de l’Europe » : le soutien de plus en plus affirmé que recueillent les partis xénophobes et populistes, la présence d’une population de migrants sans documents d’identité, ou encore l’extrémisme islamiste. Dans ce rapport, le groupe a également voulu s’imposer comme une force de proposition en exhortant les Etats à « étendre la totalité des droits et obligations civiques, y compris le droit de vote, au nombre le plus large possible de leur population résidente » et, donner à tous les résidents étrangers le droit de voter aux élections locales. Une proposition qui fait d’ailleurs écho aux recommandations des membres de l’ECRI (1) dans leur dernier rapport sur Monaco publié en février 2011. Les experts mandatés par le conseil de l’Europe demandaient alors aux autorités monégasques de développer, en l’absence de droit de vote des étrangers, « une participation active de la population étrangère à la vie et au développement du pays au sein d’un organe de représentation. » Les membres de ce groupe indépendant invitent également les Etats à corriger « les informations trompeuses et les stéréotypes sur la migration », et à donner à leurs citoyens « une image plus réaliste de la situation des migrants, ainsi que des besoins actuels et futurs de l’Europe en matière d’immigration ». Le rapport poursuit en identifiant les principaux acteurs pouvant servir de catalyseur pour amener les changements nécessaires dans les mentalités publiques?: les éducateurs, les mass media, les employeurs et les syndicats, la société civile, les Églises et les groupes religieux, ou encore les institutions européennes et internationales.



