lundi 23 mai 2022
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« L’eau mérite une approche globale?»

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François Fillon et Albert II, ici aux côtés d'Idriss Déby
François Fillon et Albert II, ici aux côtés d'Idriss Déby, Président du Tchad, ont ouvert le 6ème Forum mondial de l'eau à Marseille. © Photo Gaetan Luci/Palais Princier

Au Forum mondial de l’eau, le prince Albert a plaidé pour une gestion multilatérale des ressources en eau.

Cela aurait du être le (dernier??) grand rendez-vous environnemental pour Nicolas Sarkozy. Finalement, c’est François Fillon qui a suppléé le président français à Marseille pour inaugurer le Forum mondial de l’eau le 12 mars. Un forum qui rassemble cette semaine 20?000 personnes (chefs d’Etat et de gouvernements, ONG, etc), afin de trouver des solutions concrètes aux menaces qui pèsent sur l’or bleu, ressource de plus en plus rare. Entre 1 et 4 milliards de personnes ne bénéficieraient pas d’un accès satisfaisant à une eau potable. Lors de la session d’ouverture, le prince Albert a réaffirmé ses positions pro-environnementales. En plaidant pour une gestion multilatérale de la question de l’eau?: « Elle mérite une approche globale, au niveau étatique et des instances multilatérales, ainsi bien sûr, que des différentes institutions régionales concernées. Non seulement parce que l’eau touche au développement, à la santé et à l’hygiène des populations, comme de plus en plus souvent à l’équilibre et à la paix de nombreuses régions, dont la Méditerranéenne. » Cette déclaration fait ainsi écho au discours du Premier ministre François Fillon qui a milité pour la création d’une Organisation mondiale de l’environnement (OME), laquelle « traitera de toutes les grandes problématiques, de manière plus transversale, plus intégrée et plus efficiente. Il n’y a aucune raison d’avoir une agence mondiale pour le commerce et qu’il n’y ait pas d’organisation mondiale de l’environnement. »

L’OME, enjeu de Rio +20
Ce 6ème Forum de l’eau est un avant-goût des débats qui animeront Rio +20. Du 20 au 22 juin, vingt ans après le premier Sommet de la Terre, la conférence des Nations Unies sur le développement verra peut-être enfin aboutir le projet d’une telle organisation internationale. Du moins on l’espère. Cela fait plus de 10 ans que la présidence française s’est prononcée en faveur de l’OME, relayée ensuite par ses partenaires européens… En attendant, « l’eau demeure le parent pauvre de la gouvernance internationale. Et c’est pourquoi la France propose qu’une réflexion s’engage à Rio en vue de construire une initiative pour la gestion durable de la ressource en eau », a lancé François Fillon.
Sur ce dossier, « Monaco et Paris marchent main dans la main, avance l’ambassadeur de France Hugues Moret, qui avait également fait le déplacement dans la cité phocéenne. Lors de la dernière réunion franco-monégasque, la préparation de Rio +20 a fait l’objet de nombreux échanges. Il y a une convergence très forte sur le droit universel de l’accès à l’eau, sur l’importance du thème des océans et de l’économie bleue?: la protection de la mer et des océans est le grand enjeu environnemental de l’avenir. Le dernier défi, enfin, c’est le renforcement du cadre multilatéral avec la proposition de création d’une organisation mondiale de l’environnement qui est soutenue par plus d’une centaine de pays. » C’est d’ailleurs la teneur du Message de Monaco, abordant la nécessité de « verdir l’économie bleue », qui sera porté à Rio +20. Et ce quelques soient les priorités actuelles des gouvernements, plus préoccupés par leur dette publique que par la protection de l’environnement. « Bien sûr, à l’heure où notre monde fait face à une crise économique et financière sans précédent, les questions environnementales paraissent souvent bien secondaires à des populations comme à des responsables confrontés à d’autres urgences. Mais pourtant c’est bien cette méconnaissance des enjeux de long terme, cette focalisation sur l’immédiat qui créent les déséquilibres si nombreux qui affectent notre monde. C’est pourquoi, en se souciant de l’environnement, en se préoccupant de préserver et d’améliorer nos ressources en eau, nous ne négligeons pas les populations, au contraire. En permettant à notre planète de préserver durablement ses équilibres, nous assurons un avenir à ceux qui la peuplent, et en particulier aux plus vulnérables », a ainsi rappelé Albert II à Marseille.
(1) Le 14 mars, le Prince devait également participer à un side
event, co-organisé par la Fondation Prince Albert II de Monaco.

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Monaco Hebdo