Tout comme l’Union européenne, Monaco pourrait bien geler des fonds tunisiens. Verdict le 31 janvier.
L’Elysée avait lancé le mouvement, en annonçant, dès le 15 janvier, que la France avait pris « les dispositions nécessaires pour que les mouvements financiers suspects concernant des avoirs tunisiens en France soient bloqués administrativement. » Contre toute attente, la Suisse, place financière réputée pour sa discrétion autant que pour sa neutralité, est allée plus loin. C’est la présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey elle même qui a délivré le message en conférence de presse?: « La Suisse a décidé de bloquer avec effet immédiat d’éventuels fonds en Suisse de l’ex-président tunisien Ben Ali et de son entourage ». Mais pas seulement. Ce blocage préventif est en effet élargi aux avoirs éventuels du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo. Objectif de ces mesures?: éviter que « d’éventuels avoirs acquis illicitement ne soient transférés à l’étranger avant que la Tunisie et la Côte d’Ivoire n’aient la possibilité de demander une entraide judiciaire en matière pénale pour obtenir la restitution de ces avoirs ».
Arrêté ministériel
S’agissant de la Tunisie, Monaco ne devrait pas rester en retrait du mouvement. Les autorités attendent le feu vert des instances européennes. En effet, selon le département des finances, « les services compétents ont adopté les mesures conservatoires qui s’imposent et celles de prévention qui sont traditionnellement appliquées dans ce cas de figure. Les listes relatives aux gels de fonds qui seront publiées par les autorités européennes seront prises en compte par les autorités monégasques dès leur parution et feront l’objet d’un arrêté ministériel précisant les personnes physiques et morales concernées ». Or, si les pays européens sont tombés d’accord le 20 janvier sur l’idée d’un gel des avoirs du président tunisien déchu et de ses proches – lors d’une réunion des experts des 27 pays de l’UE sur le Maghreb -, cet accord de principe doit être encore formalisé. Ce qui devrait être acté lors de la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères des 27. Soit le 31 janvier.




