mercredi 29 avril 2026
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Plan de mobilité : le gouvernement s’attaque aux bouchons, dans la limite du raisonnable

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Le gouvernement monégasque a présenté son plan national de mobilité à la presse le 9 février 2024. Objectif : faciliter l’accès à la principauté dans les années à venir. De nombreux projets y sont inscrits, choisis car « réalisables, finançables et efficaces ». Les autres, qui ne respectent pas ce triptyque, semblent jetés aux oubliettes.

Rares sont les sujets qui cristallisent à ce point les attentes, et les espérances. Mais bon nombre de salariés pendulaires n’en peuvent plus, tout comme les résidents : les bouchons, vers Monaco et dans Monaco, posent un réel problème pour l’attractivité de la principauté, et le gouvernement monégasque était attendu au tournant pour apporter des solutions de mobilité à court, à moyen, et à long terme. C’est chose faite avec ce plan mobilité, qui a été présenté à la presse monégasque vendredi 9 février 2024 par le ministre d’État, Pierre Dartout, et par la ministre de l’équipement, de l’environnement et de l’urbanisme, Céline Caron-Dagioni. Trois adjectifs caractérisent ce plan, qui doit être « réalisable, finançable et efficace », selon eux, à l’aide de mesures « techniquement faisables », mais de nature différente. « De l’ambition, mais pas du rêve », précise même Pierre Dartout, anticipant les réactions de celles et ceux qui en auraient voulu plus, ou différemment, notamment les élus du Conseil national [à ce sujet, lire notre encadré par ailleurs — NDLR]. Fruit d’une concertation de deux ans entre les différents services de l’État, ce plan propose une complémentarité de solutions. En commençant par un premier constat : la situation ne serait pas aussi critique qu’elle semble l’être.

Gouvernement Monaco Plan Mobilité
Céline Caron-Dagioni et Pierre Dartout, lors de la conférence de presse du 9 février 2024. © Photo Manuel Vitali / Direction de la Communication

Le gouvernement monégasque estime ainsi que 11,5 millions de voyageurs pourraient opter pour le train à l’avenir, alors qu’un pic à 7,8 millions de voyageurs en gare de Monaco a été atteint en 2023, dépassant celui de 7,5 millions en 2019, avant la pandémie de Covid-19

Moins d’engorgements qu’avant

De prime abord, cela peut paraître surprenant. Il y aurait moins de bouchons, ou plutôt moins d’entrées et de sorties que par le passé. Selon les chiffres du gouvernement, présentés à l’entame de ce plan de mobilité, il y a bien une forte tension sur tous les modes de transport, tant en interne que depuis l’extérieur. Mais le trafic routier aux frontières aurait diminué d’environ 7 % depuis 2015, passant de 107 738 entrées et sorties journalières à 98 392 en 2023. Cette baisse est flagrante depuis la crise Covid de 2020, et le niveau reste globalement bien plus bas qu’avant la pandémie. Même à partir de 2022 et le retour « à la normale », les entrées et sorties culminaient à peine au-dessus des 100 000, alors qu’elles dépassaient les 104 000 en 2019. A contrario, la fréquentation des transports en commun urbain, notamment le réseau de la compagnie d’autobus de Monaco (CAM) a augmenté de + 6 % en 2022, pour retrouver son niveau de 2019. « Ce constat est contre-intuitif, car on voit que les entrées et sorties sont en retrait, explique Céline Caron-Dagioni. Pour autant, il y a un sentiment d’engorgement qui peut s’expliquer par deux éléments. L’impact de la situation post-Covid premièrement, avec le retour à une circulation plus forte, qui a été plus difficile à supporter. C’est un point qui peut être partagé, ou contesté, selon les avis. Aussi, on se rend compte par le constat que saturation s’explique par le report de la circulation des entrées et sorties vers le côté ouest, qui est la rançon du succès du tunnel descendant. » Un report des véhicules a en effet été observé par le gouvernement sur l’entrée de la moyenne corniche depuis l’ouverture du tunnel Albert II. À partir de ce constat, plusieurs solutions s’offrent au gouvernement pour alléger la circulation et « renaturer » le pays.

« Nous avons fléché ce que nous voulons voir sur le travail du réseau SNCF, notamment la station de maintenance des wagons, pour qu’elle soit à Nice et plus à Marseille, ce qui explique pourquoi certains de nos wagons s’y retrouvaient »

Céline Caron-Dagioni. Conseillère-ministre pour l’équipement, l’environnement et l’urbanisme

Développer le train

« La vraie et seule solution efficace et décarbonée, et qui draine un nombre important de voyageurs, c’est celle du TER. Il ne faut pas se voiler la face, explique Céline Caron-Dagioni. Le report modal des véhicules vers le TER est l’une des clés indispensables à la gestion de notre trafic transfrontalier. On y travaille beaucoup. » Le potentiel du train est certain, et le gouvernement compte bien l’exploiter, comme l’a fait son gouvernement « cousin » du Luxembourg dans son plan national de mobilité, pour en faire le mode de transport numéro un à horizon 2035.

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Le gouvernement monégasque estime ainsi que 11,5 millions de voyageurs pourraient opter pour le train à l’avenir, alors qu’un pic à 7,8 millions de voyageurs en gare de Monaco a été atteint en 2023, dépassant celui de 7,5 millions en 2019, avant la pandémie de Covid-19. La gare de Monaco est d’ailleurs la troisième gare la plus importante de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), avec 8 % du trafic régional enregistré en 2022 (10,3 % en 2019), et 92 passages de TER chaque jour. Mais il faut augmenter la cadence, ce qui est plus facile à dire qu’à faire. À l’heure actuelle, [Monaco Hebdo bouclait ce numéro le mardi 13 février 2024 — NDLR] les trains sont bondés en heures de pointe en gare de Monaco, et vers Monaco, principalement depuis Nice. Cette situation provoque un ras-le-bol et menace même la sécurité des usagers. Le gouvernement a donc inscrit un investissement de 11 millions d’euros dans son budget 2024 pour développer, avec la France, le système European rail traffic management systems (ERTMS), un système qui permet de réguler et d’améliorer le cadencement, et les fréquences, sur le réseau SNCF. Une fois cette étape franchie, Monaco pourra réellement racheter de nouvelles rames, comme elle l’a déjà fait en 2008, car la gare de Monaco peut accueillir, techniquement, plus de trains pour permettre aux usagers de respirer davantage.

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Mais, tant qu’il n’y a pas l’ERTMS, le réseau actuel ne pourra pas absorber plus de train. Or, ce système dépend de la région Paca et de l’État français. Interrogé le 7 décembre 2023 par 20 Minutes, Jean-Pierre Serrus, vice-président chargé des transports à la région Paca, a indiqué que ce chantier avait débuté pendant l’été 2022, et que ce système paneuropéen de signalisation ERTMS serait progressivement mis en place dans la région : il faudrait attendre 2027 pour les Alpes-Maritimes et 2030 pour les Bouches-du-Rhône.

Pour fluidifier les déplacements intérieurs, le gouvernement place aussi de grands espoirs dans le parking-relais des Salines, qui disposera de 1 820 places de stationnement en entrée de ville ouest, dans le quartier du Jardin exotique

ERTMS

« C’est bien d’avoir plus de rames, mais il faut un cadencement efficace. Il arrive encore que des doubles rames repartent vides, car elles n’arrivent pas de manière bien calibrées, ni au bon moment. Il y a donc un ajustement à faire, et Monaco investit massivement auprès de SNCF réseau, avec un avenant à la concession présenté au Conseil national le 8 février 2024, en commission des concessions », a indiqué Céline Caron-Dagioni. Objectif : proposer un TER toutes les 15 minutes vers Monaco, en dehors des heures de pointe. Le dernier achat de rames, qui est aussi le premier, remonte donc à 2008. Monaco avait alors financé l’achat de cinq rames de TER contre un chèque de 50 millions d’euros, mais le résultat n’est pas au rendez-vous, car ces rames ne sont pas toujours là où elles devraient être. En juillet 2015, un TER monégasque avait, par exemple, été vu en gare de Lyon Part Dieu, et la photo de cette rame avait alors fait le tour des réseaux sociaux. Pour ne plus en arriver là, Monaco a donc demandé à ce que la station de maintenance migre vers Nice : « Nous avons fléché ce que nous voulons voir sur le travail du réseau SNCF, notamment la station de maintenance des wagons, pour qu’elle soit à Nice et plus à Marseille, ce qui explique pourquoi certains de nos wagons s’y retrouvaient. » En pleine phase de renouvellement de son financement auprès de la SNCF, Monaco remet donc les choses à plat avec son partenaire français. Dans la soirée du 16 octobre 2023, à l’occasion des débats autour du budget rectificatif 2023, Céline Caron-Dagioni avait en effet estimé que le service rendu par la SNCF n’était « pas au niveau de ce que l’on paye », alors que l’Etat monégasque injecte chaque année 8 millions d’euros dans le rail. « Il a fallu la mobilisation du ministre d’État, qui a tapé du poing sur la table, et on a arrêté temporairement de payer, car nous étions mécontents du service de SNCF Voyageurs, explique Céline Caron-Dagioni. Mais, depuis novembre [2022 — NDLR], il y a eu un travail de fait sur les défauts, pour nous rendre le service pour lequel on paie. Il y avait notamment un problème de rames, car il fallait adapter les rames actuelles au futur réseau ERTMS. Or, cela prend du temps. Il y a eu moins de rames à Monaco pour cette raison, mais elles vont être rétablies. Et nous demanderons à augmenter le nombre de rames dans le prochain avenant qui sera proposé, avant l’ERTMS, pour l’inclure dans notre prochain budget. »

Nouvelle bretelle A8 : « On constate un report de la circulation à nouveau sur le coté ouest, en direction du Jardin exotique. Mais cela fait tout juste un mois. Il faut encore consolider les usages pour vraiment faire un diagnostic sur les points positifs et négatifs » a estimé Céline Caron-Dagioni

1 820 places au parking des Salines

Pour fluidifier les déplacements intérieurs, le gouvernement place aussi de grands espoirs dans le parking-relais des Salines, qui disposera de 1 820 places de stationnement en entrée de ville ouest, dans le quartier du Jardin exotique. Ce parking souterrain sera intégré à une opération plus globale baptisée Evos, pour « Entrée ville ouest supérieure », qui comptera la galerie des Salines, ainsi que des bureaux, des commerces, et un centre de tri postal pour les colis et la gestion coordonnée du dernier kilomètre. Il devrait être livré ce début d’année 2024, avant le Grand Prix de Monaco. Les salariés comme les touristes sont ciblés, avec deux offres de mobilité possibles pour se rendre sur leur lieu de travail ou dans le cœur de la ville : soit emprunter les bus de la CAM, soit emprunter la galerie des Salines qui, une fois finalisée, permettra de rejoindre à pied le Centre hospitalier princesse Grace (CHPG) et le quartier de Fontvieille depuis le Jardin exotique. Au sujet des bus, Céline Caron-Dagioni a d’ailleurs voulu rassurer : « Ces lignes ne s’arrêteront pas à tous les arrêts. L’objectif étant que le salarié se gare dans ce parking et qu’il ait rapidement accès à Monte-Carlo ou à La Condamine. On sera toujours en observation pour mesurer l’efficacité. Une politique publique n’est pas figée. Il faudra s’adapter au fil des usages. » Le tarif promet également d’être attractif, a promis le gouvernement, afin de convaincre les pendulaires de souscrire un abonnement au sein de ce parking-relais. Ces usagers pourraient s’attendre à une remise de quasiment 50 % par rapport à un abonnement traditionnel, comparable à un abonnement mensuel au parking-relais de la fac Saint-Antoine, qui leur coûte 51,50 euros par mois, après remise de 42 euros. Une tarification devrait également être destinée aux touristes, pour les inciter à s’y garer, en jumelant des tickets de la CAM pour permettre à chaque passager d’un véhicule de faire un aller-retour en bus depuis ce parking-relais.

« S’il faut une heure pour traverser la principauté, c’est déceptif. Nous allons tester des lignes directes, la première reliant Fontvieille au Larvotto par le bord de mer, avec peu d’arrêts sur le trajet », a annoncé Céline Caron-Dagioni

3 000 places au parking de la Brasca

Un autre parking de dissuasion, situé cette fois-ci en France, est dans les cartons du gouvernement pour faciliter l’accès à la principauté. Il s’agit du projet de parking de la Brasca, qui pourrait proposer 3 000 places sur une parcelle de 20 hectares située à Èze, le long de la moyenne corniche. Ce terrain a été acheté en avril 2017 par l’État monégasque, pour 20 millions d’euros. L’idée étant de fluidifier l’accès par l’ouest de la principauté, alors que près de 15 000 véhicules transitent quotidiennement à travers cette zone. Ce projet a déjà été dévoilé en octobre 2023 par Pierre Dartout, lors du budget rectificatif 2023.

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« Les bouchons se forment souvent en amont de la principauté, et les gens qui ne prennent pas le train sont souvent des gens venant de la vallée, pour lequel le maillage de mobilité n’est pas disponible. Dès qu’ils sont dans une voiture, il y a de fortes chances pour que nous les retrouvions sur l’autoroute. En conséquence, nous pouvons résorber ce point-là avec un parking et une liaison souterraine », décrit Céline Caron-Dagioni. Mais ce projet ne verra pas le jour à court-terme, puisqu’il nécessitera des accords français. Pierre Dartout a ainsi annoncé une rencontre prochaine avec le nouveau ministre français délégué transports, Patrice Vergriete, en remplacement de Clément Beaune. Le ministre d’État assure également que des études Faune Flore « quatre saisons » ont été lancées en anticipation, avant la réalisation d’éventuelles études de faisabilité. Il faudra aussi trouver une solution pour l’Automobile club de Monaco (ACM) qui stocke les installations du Grand-Prix sur ce terrain : « Nous nous sommes entrevus avec le président de l’ACM. Le problème se posera particulièrement pendant les travaux, mais nous nous sommes entendus pour trouver des solutions. » Et à Céline Caron-Dagioni d’ajouter : « Nous avons l’habitude de faire entrer des ronds dans des carrés. J’ai donc bon espoir que nous trouverons solution. Il n’est pas question que l’ACM ne puisse pas avoir ses besoins pour le Grand Prix. »

Douze nouveaux bus électriques Mercedes de 12 mètres vont s’ajouter à la cinquantaine de bus qui composent la flotte monégasque de la CAM. En 2025, tout le parc actif sera donc électrique. Les bus de réserve hybrides le seront, quant à eux, d’ici 2030

De meilleurs accès routiers

Toujours pour fluidifier les accès par la route, Monaco a financé un tiers de la nouvelle bretelle A8 baptisée « Monaco Est », en service depuis le 10 janvier 2024.

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Cette bretelle vise à soulager l’accès à Monaco par l’A500 et la Turbie. Elle est venue concrétiser de nombreuses années de dialogue avec les autorités françaises. Pour mesurer son efficacité, une phase d’observation et d’analyse de l’évolution des temps de parcours est nécessaire, car tout n’est pas encore parfait : « On constate un report de la circulation à nouveau sur le coté ouest, en direction du Jardin exotique. Mais cela fait tout juste un mois. Il faut encore consolider les usages pour vraiment faire un diagnostic sur les points positifs et négatifs à contrebalancer sur notre territoire, ou celui voisin. Il ne faut pas être dans la sur-réaction et provoquer un autre conflit d’usage. Il faudra répondre de la manière la plus adéquate. Car cette bretelle trouve déjà son public, et elle très bien fréquentée », assure Céline Caron-Dagioni.

Bretelle autoroute beausoleil
Pour fluidifier les accès par la route, Monaco a financé un tiers de la nouvelle bretelle A8
baptisée « Monaco Est ». Elle est en service depuis le 10 janvier 2024. © Photo VINCI Autoroutes / JP MOULET

Autre dossier : la trémie de Cap d’Ail dans les deux sens, et sur deux voies, à la sortie ouest de Monaco, et donc du tunnel Rainier III, dans le sens montant, en direction de Nice. Ce projet est porté par la Métropole Nice Côte d’Azur (MNCA), pour fluidifier le trafic en sortie du tunnel Rainier III et éviter sa fermeture trop régulière, qui provoquerait des bouchons dans Monaco. L’étude de faisabilité est achevée et une convention d’offre de concours a été signée en juin 2023. Elle prévoit une maîtrise d’ouvrage portée par MNCA et un financement à 80 % par la principauté, pour 8,8 millions d’euros. La fin des travaux est prévue pour le début d’année 2026, mais il faudra d’abord régler le contentieux avec le maire Les Républicains (LR) de Cap d’Ail, Xavier Beck. Celui-ci s’estime lésé par cette opération qui supprimerait des places de stationnements horodatées dans sa commune. Il a voté, avec sa majorité, un recours administratif en décembre 2023, qui met entre parenthèse ce chantier, considérant « une violation du code des collectivités ». Enfin, toujours en lien avec la France, une refonte de l’échangeur Saint Roman a été inscrite au budget primitif 2024 pour lancer les études. L’accès à Monaco, via ce giratoire, est en effet quotidiennement très fréquenté, ou saturé, aux heures de pointe, en raison d’un trafic important et en constante augmentation. Il est donc prévu la construction d’ouvrages séparés pour les sens descendant et montant, sans élargir l’emprise actuelle de l’échangeur. Avant de s’y attaquer, il fallait cependant attendre que les travaux sur les réseaux d’eau à proximité, à Roquebrune-Cap-Martin, soient terminés. La Communauté de la Riviera française (Carf) a de son côté confirmé au département des Alpes-Maritimes qu’ils seraient terminés avant le début des Masters de Monte-Carlo.

Du foncier à Carnolès

Autre solution avancée par le gouvernement monégasque pour fluidifier la circulation : loger des salariés à proximité de la principauté. C’est une des solutions régulièrement mis en avant par les syndicats monégasques, et particulièrement la Fédération des entreprises monégasques (Fedem) et son président Philippe Ortelli.

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La principauté s’engage en effet à acquérir un minimum de 90 logements et de 130 places de parking, réservés pour des actifs qui travaillent à Monaco. Ils se situent dans la ZAC dite « cœur de Carnolès » à Roquebrune-Cap-Martin. Avec la Carf, la commune y réalise une opération de 405 logements, avec également des commerces, des bureaux, des équipements publics, et 844 places de stationnement. « L’État porte intérêt à être acquéreur d’une partie de ces logements, car ils sont positionnés à deux minutes à pieds de la gare, explique Céline Caron-Dagioni. C’est l’une des solutions que nous pourrions proposer à nos travailleurs, en parallèle de la création d’un parking relais côté Menton, un projet qui est en train de se formaliser. Devenir partenaire de ce maillage du territoire côté Est est tout aussi important que celui côté Ouest. »

De nouvelles offres de bus

Pour faciliter la mobilité dans Monaco, le gouvernement va également miser sur le bus, avec un enrichissement de son offre actuelle. Mais, pour inciter les résidents et les pendulaires à ne pas systématiquement prendre leur véhicule pour passer d’un point A à un point B, encore faut-il ne pas se retrouver coincé dans un bus au milieu des bouchons, notamment sur la place du Casino, un secteur stratégique pour la CAM. Des lignes directes vont donc être expérimentées : « S’il faut une heure pour traverser la principauté, c’est déceptif. Nous allons tester des lignes directes, la première reliant Fontvieille au Larvotto par le bord de mer, avec peu d’arrêts sur le trajet », a annoncé Céline Caron-Dagioni. Un autre test de ligne directe sera également proposé en direction de Saint-Roman, via le boulevard du Larvotto. Cette expérimentation pourrait débuter avant la fin du premier trimestre 2024, alors que la CAM procède déjà au recrutement de nouveaux chauffeurs pour renforcer ses équipes. Le gouvernement va également proposer une offre de transport à la demande : « Cela se développe dans d’autres métropoles, et nous pouvons nous permettre de le faire à Monaco, notamment dans certains quartiers enclavés », a jugé la conseillère de gouvernement. Ce service pourrait être développé pour les quartiers Plati, des Fleurs et de l’Annonciade, où les bus ne passent pas systématiquement. Ce service de transport à la demande sera proposé via une application développée par un prestataire qui a déjà été choisi par le gouvernement : « Le but n’est pas d’aller partout dans Monaco, ce n’est pas une concurrence des taxis, puisque chacun a sa mission », a prévenu Céline Caron-Dagioni. Cette ligne de transport à la demande ira de pair avec le bus de nuit pendant un certain temps. Elle fonctionnera la nuit, puis, petit à petit, elle viendra se substituer au bus de nuit. « Nous ne l’arrêterons pas tout de suite, mais nous allons voir comment les usagers utilisent l’un ou l’autre. » Tous ces services ne donneront pas lieu à une augmentation des tarifs a assuré le gouvernement, cette politique étant soutenue par le budget de l’Etat. Enfin, 12 nouveaux bus électriques Mercedes de 12 mètres vont s’ajouter à la cinquantaine de bus qui composent la flotte monégasque de la CAM. En 2025, tout le parc actif sera donc électrique. Les bus de réserve hybrides le seront, quant à eux, d’ici 2030. Pour ce qui est de leur recharge, c’est le parking des Pêcheurs qui sera équipé en conséquence. Selon le gouvernement, le Monaco de demain passera aussi par une meilleure qualité de vie, en favorisant la mobilité douce. Le vélo, et le système électrique en libre-service MonaBike, après un véritable carton de +23 % entre 2022 et 2023 avec 602 680 trajets va continuer à se développer. Ainsi, la phase 3 du déploiement de MonaBike devrait s’enclencher en 2024, pour atteindre un total de 54 stations, 820 attaches, et 550 vélos. Le gouvernement prévoit également de « renaturer » Monaco, en reconnectant certains quartiers, notamment le Jardin exotique et le cœur de la Condamine à partir d’une continuité piétonne paysagée et d’une connectivité écologique entre le boulevard de Belgique et la promenade Honoré II. Cela devrait pouvoir offrir des points de vue sur le Rocher aux piétons grâce à la création d’un nouvel ouvrage, avec une large place prévue pour la végétation.

Le métro Nice-Monaco enterré, la navette maritime Nice-Monaco toujours en suspens ?

Ce n’est pas officiellement fini, mais c’est très largement sous-entendu. Le projet de ligne de métro reliant Nice à Monaco, porté ces dernières années par les élus de l’Union au Conseil national, ne fait pas partie de l’actuel plan de mobilité du gouvernement. Et il ne promet pas d’en faire partie demain non plus, à en croire les déclarations de Pierre Dartout : « Il faut être très clair là-dessus : nous portons un objectif qui est celui des parkings de dissuasion entre la Brasca et Monaco, probablement Charles III et Fontvieille. C’est déjà ambitieux, et cela coûtera de l’argent. Mais c’est indispensable pour assurer un bon accueil des salariés de Monaco. 

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