50 danseurs internationaux et 30 directeurs de compagnie se sont réunis au Grimaldi forum du 12 au 18 février pour l’édition 2011 du Tremplin jeunes ballets organisée par le Monaco Dance forum (MDF). Pour ces jeunes, un seul objectif?: décrocher une bourse ou un premier contrat professionnel.
La silhouette est filiforme. Le chignon tiré à quatre épingles. Et le sourire résolument vissé aux lèvres. Lisa Lanteri, petit bout de femme âgée de 18 ans, est l’une des recrues du Tremplin jeunes ballets à avoir décroché un contrat professionnel. Formée à l’Académie de danse princesse Grace pendant plus de 10 ans, la jeune danseuse a touché du doigt un de ses rêves?: intégrer une compagnie professionnelle. Son employeur sera le National ballet du Canada. Comme elle, ils sont 50 danseurs âgés de 17 à 24 ans à avoir montré pendant une semaine leur savoir-faire sur la scène du Grimaldi forum. Venus de Pékin, de Washington, de Boston, de Cannes ou encore de Monaco, tous ont enchaîné les auditions pour capter l’attention de la trentaine de directeurs de compagnie venus spécialement à Monaco pour recruter un nouvel élément qui intégrera leur corps de ballet. « Ce sont des conditions optimales pour repérer les meilleurs éléments. Car on les voit évoluer aussi bien dans des interprétations contemporaines, que dans des variations classiques. Mais aussi dans des compositions individuelles où l’on peut bien cerner leur personnalité et leur créativité », explique Dany Lévêque, choréologue – expert en notation du mouvement – au ballet Preljocaj à Aix-en-Provence. Essai de 3 ou 6 mois dans une compagnie, contrat à durée déterminée de 1 à 3 ans ou proposition de stages avec bourse à la clé, les contrats proposés à ces jeunes constituent pour la majorité d’entre eux une première embauche. Très difficile, en temps normal à décrocher, après plusieurs années passées dans des écoles privées, au coût souvent prohibitif.
Manque de budget
Une réalité qui a poussé Jean-Christophe Maillot, directeur-chorégraphe du Monaco Dance Forum à donner un coup de pouce à ces graines de danseur via cette formule, unique au monde, lancée en 2006. Ce tremplin constitue donc la voie royale pour ces jeunes, sélectionnés en amont par leurs écoles. « Il y a de plus en plus de jeunes qui sortent de formation. Mais par manque de budget, de moins en moins de compagnies professionnelles peuvent les accueillir. D’autant qu’aujourd’hui, émergent de plus en plus de micro compagnies composées seulement de 3 ou 4 danseurs. Un phénomène notamment très répandu dans la danse contemporaine, explique Monique Lourdières, ancienne directrice de l’école de danse de Cannes et membre de l’équipe pédagogique sur ce tremplin. Les étudiants en fin de cursus n’ont d’ailleurs, pour la plupart, pas assez de moyens financiers pour aller à Vienne, à Berlin ou à Boston passer des castings. Les déplacements leur coûtent très chers. Ici tout leur est financé ». Autre avantage pour ces jeunes?: si la compétition au Tremplin jeunes ballets se joue entre 50 danseurs, dans les auditions publiques classiques, les candidats qui postulent peuvent vite se chiffrer à 200… Au final, pour cette édition 2011, 10 bourses de 10?000 euros ont été octroyées et une trentaine de contrats ont été proposés à ces jeunes.