mercredi 22 avril 2026
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Alerte rouge pour le thon

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Peche de Thon rouge
Si les Etats-Unis ont plaidé pour une réduction des quotas de pêche, le Japon, qui absorbe près de 80 % des thons rouges, a réclamé des contrôles sévères pour enrayer la pêche illégale et le marché noir. © Photo Brian J. Skerry : National Geographic Stock : WWF.

Alors que jusqu’au 27 novembre, la CICTA se réunit à l’institut océanographique à Paris pour fixer les quotas de pêche 2011 du thon rouge, Monaco milite pour une prise de conscience des consommateurs.

Par Noémie Montalbano.

En avril 2009, WWF pronostiquait la fin du thon rouge d’ici deux ans. Réputée pour sa chair tendre et goûteuse, cette espèce serait tout bonnement victime de son succès. A la fin des années 80, les stocks de thon rouge du sud s’étant effondrés, les pêcheurs ont opté pour celui d’Atlantique, qui se reproduit en Méditerranée. Mettant alors en danger cette espèce considérée comme étant aujourd’hui en voie de disparition. C’est pourquoi WWF réclame, avec trois autres ONG internationales (Oceana, Greenpeace et PEW, partenaire de la Fondation Albert II), l’interdiction de la pêche dans les zones de frai et une réduction du quota de 13?500 tonnes à un maximum de 6?000 tonnes. Une demande qui a été débattue lors du colloque organisé le 17 novembre, à l’institut océanographique de Paris. Soit juste avant la 17ème réunion de la commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (CICTA), qui doit déterminer d’ici le 27 novembre les droits de pêche 2011.

A Paris, la négociation est tendue au vu des positions étatiques divergentes, y compris au sein de l’Union européenne. Ainsi, si les Etats-Unis ont plaidé pour une réduction des quotas de pêche, le Japon, qui absorbe près de 80 % des thons rouges, a réclamé quant à lui simplement des contrôles sévères pour enrayer la pêche illégale et le marché noir. Tandis que le comité scientifique de la CICTA estime qu’un maintien à 13?500 tonnes par an engendrerait une probabilité de 60 % d’arriver à une reconstitution, à un niveau acceptable, des stocks d’ici 2012.

« Pour des zones sanctuarisées »

Monaco a donné sa position par la voix du Prince Albert, qui a répété se battre « pour l’arrêt de la surpêche industrielle du thon rouge ». Avant de prôner le développement des aires marines protégées?: « Pour le thon rouge la création de zones sanctuarisées notamment celles qui peuvent être identifiées comme des zones de reproduction paraît essentielle. » Le but étant de suivre l’engagement pris à Nagoya, en octobre dernier, d’augmenter la superficie de ces aires de 15 %. Pour le chef d’Etat monégasque, il est temps « de penser différemment nos intérêts immédiats au-delà des choix économiques, du confort, des habitudes et des égoïsmes nationaux. » Tout en étant conscient que sans la mobilisation de l’opinion publique, rien n’est vraiment possible?: « Malgré les difficultés rencontrées par les gouvernements et les acteurs économiques, les consommateurs ont un rôle capital à jouer », rappelle ainsi Albert II. Libre à chacun de consommer ou non cet animal. Dans cette nouvelle intervention pour la préservation du thon rouge, il est en tout cas clair, pour ceux qui en doutaient encore, que Monaco persiste et signe. A noter que cet engagement fait d’ailleurs partie de la nouvelle campagne de communication monégasque (www.unroleapartdanslemonde.mc), qui a démarré le 16 novembre.

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