dimanche 19 avril 2026
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Maison diocésaine : « On espère pouvoir l’inaugurer en 2017 »

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Projet de maison diocésaine, nouvelle communication, attentats… L’archevêque de Monaco, Mgr Bernard Barsi, balaie l’actualité. Interview.

 

Pourquoi vouloir construire une maison diocésaine ?

Pour permettre la synergie des moyens et des personnes. A Monaco, il manquait cet outil pastoral. Après deux tentatives, la troisième est la bonne. Elle permettra de se retrouver. Nous voulons créer à la fois un lieu de travail, d’accueil et d’ouverture sur le monde et la société.

 

Comment s’est débloquée la situation ?

L’opportunité a été trouvée grâce à des religieuses installées rue Bellevue depuis plus de 100 ans. Elles ne sont plus assez nombreuses pour continuer. Mais elles veulent que le bâtiment reste au service de Dieu.

 

A quoi ressemblera cette maison diocésaine ?

La maison des sœurs va être démolie pour créer un espace de 1 670 m2 sur 9 étages dont 2 sous-sols pour des parkings et une accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Nous espérons déposer le permis de construire en mai et que les travaux débutent un an plus tard. On espère pouvoir l’inaugurer en 2017. On y trouvera une bibliothèque, un petit oratoire, des salles de réunion et quelques bureaux polyvalents.

 

Quel est le budget de cette opération ?

Le coût de l’opération est de 15 millions d’euros, dont 3 millions pour l’achat du terrain. On fait appel à la générosité de tous les chrétiens pour que ce soit la maison du peuple chrétien de Monaco. Mais si nous en avons vraiment besoin, le gouvernement nous aidera. Le prince Albert II nous a apporté ses encouragements. La souscription a débuté le dimanche de Pâques.

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Votre organisation interne évolue aussi ?

J’ai nommé un nouveau vicaire général pour remplacer au 1er septembre Mgr René Juliano atteint par la limite d’âge. C’est le père Guillaume Paris, 44 ans, qui prendra cette fonction. Il s’agit du collaborateur le plus immédiat de l’évêque qui aide dans le gouvernement du diocèse. D’autre part, un nouveau prêtre sera ordonné le 14 juin prochain.

 

Pourquoi est-ce que l’archevêché a décidé de lancer une nouvelle communication ?

Pour être plus lisible, pour favoriser la circulation des informations entre nous, pour que l’on se sente davantage solidaire l’un de l’autre et puis pour qu’on fasse connaître ce qui se fait. C’est aussi une manière d’aller vers les périphéries dont a parlé le pape François…

 

Concrètement, qu’est-ce qui va changer ?

D’abord on va mettre en place un intranet performant, puis un portail d’accès public pour diffuser l’information le mieux possible. Et ensuite, on ira sur les réseaux sociaux, comme Facebook et Twitter, dans le courant de l’année prochaine.

 

Vos objectifs ?

Favoriser la communication interne et renforcer les actions concrètes dans les quartiers grâce aux paroisses. Mais aussi actualiser l’image de l’Eglise à Monaco et l’ouvrir à tous les sujets de société. Tous ces objectifs sont unis les uns aux autres. C’est un exemple de tolérance à ce monde qui en manque beaucoup.

 

Quoi d’autre ?

Nous avons un nouveau logo et une nouvelle charte graphique. Et le bulletin diocésain, tiré à 3 500 exemplaires, devra aussi être repensé pour être plus attractif.

 

A Monaco, combien de baptêmes d’adultes en moyenne par an ?

Entre 5 et 10. Cette année, 4 baptêmes d’adultes ont été célébrés dans la nuit de Pâques à l’église Sainte-Dévote, un autre le lendemain à l’église Saint-Charles lors de la messe célébrée en anglais. Dans la primitive église, on ne baptisait que pour Pâques. Ils ont tous fait une préparation de 2 ans. Même après le baptême, on continue à les accompagner pour les aider à trouver leur place au sein de la communauté chrétienne.

 

Il y a combien de chrétiens en Principauté ?

Il n’y a pas de statistique. Pour avoir une idée, j’ai juste questionné les entreprises de pompes funèbres de Monaco qui m’ont dit que 97 % des enterrements se faisaient à l’église. Alors quand le Saint-Siège me pose la question, j’estime à 90 % la population chrétienne à Monaco.

 

Quelles sont les autres religions représentées à Monaco ?

Au sein de l’église chrétienne, il y a des protestants, des anglicans, des communautés orthodoxes grecques et roumaines à qui nous prêtons certaines chapelles car elles n’ont pas d’église à Monaco. Il y a également une communauté évangélique qui est très proche des protestants. Enfin, nous entretenons de très bonnes relations avec la communauté juive et le rabbin de Monaco. Mais il n’y a pas de communauté musulmane en Principauté.

 

Les religions sont de plus en plus liées à l’actualité : comment avez-vous vécu les deux attentats qui ont frappé Charlie Hebdo et une supérette Hyper Cacher en janvier dernier ?

Nous nous sommes tous retrouvés lors de la manifestation sur la place d’Armes. Nous étions ensemble avec le pasteur, le prêtre anglican, le rabbin et moi-même pour montrer que nous étions unis et que nous n’acceptions pas un terrorisme qui se réclame de Dieu. C’est un non-sens. Ça ne peut pas exister. Un Dieu d’amour ne peut pas semer la mort.

 

Vous avez abordé ce sujet devant vos fidèles ?

Nous avons prié pour les victimes et pour tout ceux qui ont apporté leur collaboration. Ce qui a bouleversé les gens, c’est qu’on commette des crimes au nom de Dieu. Ça, c’est impossible. Il faut que ces rassemblements, au-delà de l’émotion, puissent se prolonger. Et que nous ayons d’autres occasions pour échanger et dialoguer. Il est très important que les chefs religieux se rencontrent. C’est de l’ordre du signe. A Monaco, les relations sont très cordiales dans le respect de ce que chacun est. Il faut apprendre la tolérance et le respect de l’autre.

 

Vous sentez-vous Charlie ?

Moi, je ne me suis pas senti Charlie. Mais j’ai bien aimé ce qu’a dit l’archevêque d’Aix-en-Provence : « Je ne suis pas Charlie mais je suis le frère de Charlie. »

 

Il a voulu dire quoi ?

Il a voulu dire : « Je ne peux pas accepter ce qu’on a fait à Charlie. » J’aime bien cette expression, parce que je ne suis pas toujours d’accord avec ce que dit Charlie Hebdo, mais ce titre a bien sûr le droit de vivre.

 

Pourquoi ce positionnement ?

On a le droit de critiquer, de se moquer ou de faire de l’ironie. Mais ma liberté s’arrête là où commence celle de l’autre. Ce n’est pas bien vu de le dire, mais je pense qu’on ne peut pas tout dire. Il faut savoir s’arrêter pour ne pas blesser l’autre. On ne peut quand même pas tuer pour des idées… Mais il faut que ceux qui manipulent aient une responsabilité qu’ils doivent s’imposer à eux-mêmes. Il faut arriver à dire les choses comme on les pense, mais avec respect et délicatesse.

 

Que pensez-vous du pape François ?

C’est un homme extraordinaire ! Je l’ai déjà rencontré plusieurs fois à Rome. Il veut vraiment porter l’Evangile. Il emploie souvent l’image des périphéries en disant qu’il faut annoncer à ceux qui sont là, mais aussi à ceux qui sont loin. Tout en étant attentif à toutes les personnes qui sont dans la pauvreté et dans la souffrance. Le pape François pose des actes symboliques qui invitent toute l’Eglise à aller dans ce sens.

 

Comment suivre ses préceptes ?

On a réfléchi pour que toute l’église de Monaco soit engagée dans la mission d’évangélisation vers les plus lointains. Tout ça se fait petit à petit. Par exemple pour les chrétiens d’Orient et les minorités religieuses dans le monde, il y a une souffrance énorme. Prier n’est pas suffisant, il faut aussi agir pour eux.

 

Comment ?

Par une prise de conscience des pouvoirs publics internationaux. Avec peut-être une zone dédiée pour eux. Car ils sont obligés de tout abandonner, c’est lamentable de voir ça. Et dans la mesure de nos moyens, les aider matériellement. Si on peut accueillir quelques familles…

 

Qu’est-ce qui sera fait à Monaco ?

Un collectif d’aide aux chrétiens réfugiés d’Irak ou de Syrie est en train d’être créé. A Monaco, 2 familles sont accueillies pour l’instant. Des personnes qui ne parlent pas le français qu’il faut accompagner pour trouver un travail. En parallèle, 20 à 30 personnes sont accueillies à Beausoleil. C’est une goutte d’eau, mais si chacun fait ça, les petites gouttes d’eau feront de grandes rivières. J’en suis persuadé.

 

Et pour les baptêmes princiers ?

Tout est déjà prêt de notre côté…

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