Entre BorgWarner et le Columbus, les plans sociaux s’enchaînent. Celui de l’équipementier automobile a été signé le 8 avril.
A Fontvieille, le climat s’est durci. Fermeture du site BorgWarner Monaco en 2015 et restructuration du secteur restauration au Colombus impliquent au total près de 200 licenciements… Suite aux plans sociaux annoncés coup sur coup chez l’équipementier automobile et l’ancien établissement du pilote David Coulthard, les manifestations se sont multipliées dans le quartier industriel de Monaco. Devant les tensions ayant marqué les négociations entre direction et délégués du personnel, le gouvernement ne pouvait rester en dehors de la mêlée. « La Principauté, bien que préservée dans le contexte actuel, n’échappe pas totalement aux évolutions du tissu économique et doit faire face à des restructurations d’entreprises », a ainsi commenté le 3 avril Stéphane Valeri.
1,8 mois de salaire par année d’ancienneté
Le conseiller pour les Affaires sociales a dévoilé à la presse les modalités du plan social de BorgWarner Monaco, après les quatre semaines de délai réglementaire. « Le plan définitif contient des mesures favorables aux salariés, tant en matière d’indemnités de licenciement que de mesures concrètes en faveur de la réinsertion professionnelle des salariés. » A titre d’exemple, le conseiller a mentionné une indemnité de licenciement de 1,8 mois de salaire par année d’ancienneté, « soit près de 10 fois plus que l’obligation légale ». Ce qui représente, pour un salaire de 2000 euros mensuels et 20 ans d’ancienneté, 72 000 euros. Mais également la somme de 20 000 euros par salarié dédiée à la formation et la reconversion des personnes licenciées, ainsi qu’une cellule de reclassement pendant 12 mois, financée par l’employeur.
« Echec » au Columbus
Si le plan social a été signé le 8 avril chez BorgWarner, les tensions subsistent en revanche au Columbus. « Le gouvernement ne peut que constater avec regret l’échec des négociations liées à la mise en œuvre d’un plan de licenciement collectif », a d’ailleurs soupiré Stéphane Valeri.
Il faut dire que dans cet établissement appartenant aux Livingstone, les heurts entre les délégués du personnel et la direction sont monnaie courante. Bien avant l’annonce de la trentaine de licenciements (dont 11 délégués du personnel), « plusieurs médiations ont constaté une dégradation continue du dialogue social ».
La semaine dernière, le ministre d’Etat et son conseiller pour les affaires sociales ont donc reçu les délégués syndicaux de l’hôtel. « Nous les avons assuré de notre soutien, en permettant l’inscription, à titre dérogatoire, des personnels licenciés, non résidant en principauté ou dans les communes limitrophes, au service de l’Emploi », a indiqué StéphaneValeri qui doit prendre contact également, ces jours-ci, avec la direction et les actionnaires du Columbus. L’ancien président du conseil national n’a pas pu s’empêcher de lancer une pique à peine voilée à l’Union des syndicats. « Contrairement à ce qu’affirment faussement certains, le gouvernement ne se contente pas de parole et agit concrètement ». Pas sûr que ces paroles rassurent l’USM, qui dénonce le fait que les intérimaires et les CDD soient les grands oubliés du plan social. Le lendemain des déclarations de Stéphane Valeri, des responsables syndicaux tractaient dans la rue contre la multiplication des plans de licenciements et la précarité des employés « kleenex »…



