La majorité Horizon Monaco a fait front commun et réélu à l’unanimité Laurent Nouvion. Le président du conseil national ne s’est pas privé de décocher quelques flèches.
Le suspense (s’il y en eut vraiment un…) n’aura pas duré longtemps. Le 2 avril, Laurent Nouvion a été réélu président du conseil national à une large majorité. Les 19 conseillers nationaux Horizon Monaco ont adoubé leur leader en votant comme un seul homme. Face à son prédécesseur Jean-François Robillon (Union monégasque), qui ne récoltait que les 3 voix du groupe minoritaire.
Reprenant son fauteuil au “perchoir”, Laurent Nouvion remerciait immédiatement ses « compagnons de route » pour leur vote de confiance et la « confirmation du pacte majoritaire ». Mais cette ouverture de session de printemps représentait surtout l’occasion de distiller quelques messages. Pour conforter l’action de la nouvelle majorité, il s’agissait de blâmer le comportement de celle d’hier « rejetée massivement il y a 13 mois ». « Force est de constater que la minorité d’aujourd’hui n’a jamais eu autant de droits. Et pourtant… Il semble que sa stratégie soit animée de ressentiment, que les méthodes soient toujours aussi douteuses, que le dénigrement de tout serve de socle programmatique. Je ne laisserai personne prendre en otage le bon fonctionnement du conseil national basé sur des principes démocratiques et légaux », a tempêté Laurent Nouvion. Avant de rappeler la légitimité de sa majorité issue des urnes… en février 2013.

Reproches en pagaille
Après avoir décoché ses flèches à l’opposition, le président de l’assemblée s’en prenait surtout à l’exécutif. « J’ai le sentiment très net qu’après la période de respiration institutionnelle du premier trimestre, où nous avons néanmoins mené beaucoup de réunions, vous êtes en train de mettre en place une stratégie pour gagner du temps sur les grands dossiers, indiquait Laurent Nouvion, en s’adressant au ministre d’Etat. Mais votre temps n’est pas le même que celui de la représentation nationale. Il est pour nous très précieux, et nous n’avons pas les moyens, vous et nous, de perdre de temps. » Et le président du conseil national d’égrener une longue liste de reproches. Le Grand Ida ? « Le dossier traîne en longueur. » Les lois de désaffectation ? « Laissées en souffrance… » Quant au « projet, pourtant essentiel, de l’îlot Pasteur, (il) semble être remis en cause ! » Bref, pour l’élu, c’en est trop. La goutte de trop s’appelle SBM. « Nous vous attendons toujours sur le plan de financement du projet du Sporting d’Hiver et ses conditions, le projet de loi de désaffectation de ce même Sporting, le plan jeux, la création d’une école de jeux pour la fin 2014 à la SBM », etc.
Le discours n’était pas plus clément au sujet de la gestion du dossier logement qui, visiblement, est loin d’être satisfaisante. « Souhaiteriez-vous mettre le conseil national dans l’embarras en retardant la livraison de ces précieux appartements dans les temps ? », se risquait-il. Avant de menacer clairement le ministre sur les prochains votes budgétaires du conseil national : « Avec notre majorité, il faut être transparent sinon vous aurez des mois difficiles en prévision des budgets rectificatifs d’abord, et primitif ensuite ! »
La réponse du berger à la bergère
Sans surprise, au fil de ce discours incisif, le visage de Michel Roger se fermait toujours un peu plus. Logique alors qu’à peine les sermons terminés, le ministre ait immédiatement calmé les ardeurs de son voisin : « La confiance est incompatible avec les procès d’intention. Je déplore vos propos sur la forme et sur le fond », a-t-il ainsi commenté sèchement, en liminaire. Le renvoyant dans ses cordes point par point. Sur l’îlot Pasteur, qui doit abriter à terme le futur collège ainsi que des bureaux et un hôtel 3 étoiles, Michel Roger ironisait : « C’est seulement dans vos cauchemars que vous avez pu envisager une remise en cause du projet ! » Listant lui aussi l’ensemble des prochaines réunions mixtes d’information sur l’usine d’incinération, la SBM ou la clôture des comptes du budget 2013, le ministre d’Etat avertissait clairement Nouvion de ne pas sortir des clous et d’éviter de tenir ces propos intolérables. « Je prends acte de votre réaction un peu vive, sans doute en raison de la surprise », se radoucissait alors quelque peu Laurent Nouvion, qui dans son discours présidentiel, avait pourtant été très clair : « Le mandat qui m’a été confié doit être utile. Pas pour parler mais pour faire. Pas pour bavarder mais pour agir… »



