Pour que le climat reste apaisé au stade Louis II, y compris pendant le match ASM-PSG de dimanche, la police monégasque mise sur un dispositif spécial de sécurité.
Huit blessés, un stade flambant neuf dégradé et une triste image du supportérisme. C’est le bilan qui résultait, le 24 novembre dernier, des jets de sièges entre supporters survenus avant le match Nice-Saint Etienne dans la tribune visiteurs de l’Allianz Riviera. Le comportement virulent d’ultras venait éclipser la performance sportive, suscitant les condamnations unanimes des deux camps, l’émoi des politiques et l’emballement médiatique. Frédéric Thiriez, président de la Ligue de football professionnel, y voyait l’expression de « quelques crétins qui s’intitulent supporters (et) ne se rendent pas compte qu’ils ruinent l’image du football », présentant « la répression » comme « la seule solution » à même d’endiguer le phénomène. Comment réprimer ces dérives ? La question a fait partie de celles abordées, cette semaine en principauté, lors du colloque des correspondants hooliganisme. Ce point d’étape annuel, chapeauté par la division nationale de lutte contre le hooliganisme, a permis d’évaluer les troubles observés en tribunes (bagarres, jets de projectiles, discriminations…) durant la première partie de saison et d’échanger pour les éviter jusqu’à la fin du championnat.
Sécurité renforcée
A Monaco, la Sûreté publique dispose d’un référent hooliganisme depuis 2010 au sein de la division de police urbaine. Si l’AS Monaco en sa qualité d’organisateur, est responsable de la sécurité du public et des rencontres, le département de l’Intérieur, et par extension la police monégasque, garde la main sur les directives à prendre en la matière. Il fixe notamment le niveau des risques potentiels des matchs en prenant en compte l’enjeu sportif, le comportement des supporters des équipes en présence et le nombre de spectateurs attendus. Par exemple, le match Monaco-Paris de dimanche est évidemment classé comme sensible. La présence policière, monégasque et française (les soirs de matchs à risques), sera accrue dans l’enceinte et aux abords du stade. Elle dissuade d’éventuels débordements qui pourraient survenir. « En cas d’incident, on adopte une logique d’interpellation et de répression qui est suivie par une réponse rapide et adaptée des services judiciaires de la principauté », explique le commandant Fabien Vachetta, correspondant hooliganisme de Monaco et adjoint au directeur de la police urbaine, Richard Marangoni.
Monaco n’est pas à l’abri des débordements. Le 30 janvier 2010, près de 200 supporters niçois avaient envahi la pelouse lors du derby, donnant lieu à des rixes entre forces de l’ordre et fanatiques. Ceux de l’ASM avaient aussi foulé la pelouse à la fin du match de la remontée en Ligue 1, Monaco-Le Mans, le 17 mai 2013. Il s’agit là de lointains souvenirs. De par son « nouveau » statut de grand club et les enjeux médiatiques qui en découlent, l’AS Monaco a pris les mesures adéquates à l’été 2013. Le nombre de stadiers est passé de 220 contre 100 la saison dernière. Les personnels ont suivi un cycle de formation poussé. « Deux systèmes efficaces ont également été mis en place : le premier pour éviter le croisement des flux de supporters et d’éventuels « fights » (bagarres en français), le second pour écarter tout risque d’un envahissement du terrain », précise Fabien Vachetta. Enfin, la Sûreté collabore avec de nombreuses instances françaises (police, gendarmerie, SDIG (ex-RG)…) et use de la prévention auprès des groupes de supporters adverses en amont des matchs.
Louis-II, stade serein
Les résultats escomptés sont au rendez-vous. Aucun fait de violence n’a été recensé depuis le début de la saison. Seule l’utilisation de deux fumigènes est à déplorer. Quatre personnes demeurent tout de même actuellement interdites de stade. Cinq autres rejoindront prochainement la liste. Motifs invoqués : violences devant la billetterie et sur le parvis, utilisation d’engins pyrotechniques (bombes agricoles) aux abords du stade, état d’ivresse à l’intérieur du stade. « On affiche un bilan très satisfaisant. Le climat est apaisé, serein au Louis-II », note encore Fabien Vachetta.



