mardi 17 mai 2022
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Ségur de la santé : Monaco va continuer de s’aligner

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Dans la soirée du 9 décembre 2021, l’examen du budget primitif 2022 a été l’occasion pour la vice-présidente Priorité Monaco (Primo !) du Conseil national, Brigitte Boccone-Pagès, de questionner le gouvernement sur l’application en principauté du Ségur de la santé.

On se souvient que, le 13 juillet 2021, un plan de 8,1 milliards d’euros destiné à revaloriser les salaires et les carrières des personnels hospitaliers a été signé en France, dans le cadre des accords du Ségur de la santé. De son côté, le 9 décembre 2021, autour de 20 h 30, le gouvernement monégasque a rappelé devant le Conseil national qu’il s’était engagé à transposer en principauté « l’ensemble des mesures dont bénéficient les personnels de santé dans les pays voisins », et qu’il tiendra bien cette promesse, a rappelé le conseiller pour les affaires sociales et la santé, Didier Gamerdinger. La transposition du Ségur de la santé français est donc en cours à Monaco, au centre hospitalier princesse Grace (CHPG). Des discussions sont en cours entre la direction du CHPG et les salariés concernés. « Le Ségur de la santé a commencé à être mis en œuvre il y a un an et demi, maintenant. Dans ce cadre, en 2021, les autorités françaises ont décidé d’accorder une prime exceptionnelle, mais s’inscrivant dans la durée, pour les sages-femmes. Nous allons donc transposer cette disposition. Et nous restons à l’écoute des nouvelles mesures qui seront annoncées par la France », a ajouté le conseiller-ministre pour les affaires sociales et la santé.

Au-delà du vote de crédits, d’autres problèmes subsistent, notamment la pénurie de soignants. Dans un tel contexte, le volontarisme et l’ouverture de postes pourraient ne pas suffire à répondre à l’incertitude qui plane sur la capacité à pourvoir rapidement ces emplois

Qualité de vie

Concernant l’épineux sujet de la qualité de vie des salariés, la question des « horaires coupés », qui impacte en premier lieu les salariés qui n’habitent pas à Monaco, est étudiée par le gouvernement. L’application d’« horaires coupés » impose en effet à un salarié de venir travailler le matin, puis d’enchaîner par une pause de plusieurs heures, avant de reprendre le travail l’après-midi. « Souvent, le salarié ne peut pas revenir chez lui pendant cette pause, parce que son domicile est trop lointain. Donc, essayons de mettre fin à ces horaires coupés. Le gouvernement a demandé à la direction du CHPG de travailler dans ce sens », a indiqué Didier Gamerdinger. Pour y parvenir, il faudra donc revoir l’organisation du travail, et peut-être même créer des postes au CHPG. « Le gouvernement a indiqué à la direction du CHPG qu’il était prêt à examiner favorablement des créations de postes, qui permettraient la suppression progressive des horaires coupés », a ajouté le conseiller pour les affaires sociales et la santé, tout en estimant qu’il fallait continuer à travailler sur d’autres sujets, toujours liés à la qualité de vie des salariés médicaux. Notamment les conditions de travail, mais aussi le stationnement qui devrait être solutionné par la livraison « prochainement » des nouveaux parkings du CHPG, a estimé Didier Gamerdinger.

« Concernant l’aide du numérique pour le maintien à domicile, oui, il y a de bonnes initiatives. La mairie me dit qu’elle teste régulièrement un certain nombre d’équipements. Parfois, il y a des résultats intéressants, et parfois, c’est assez décevant » 

Didier Gamerdinger. Conseiller-ministre pour les affaires sociales et la santé

« Crédits »

À propos des salariés de la principauté qui souhaiteraient se rapprocher de Monaco pour éviter les bouchons à répétition qui frappent la principauté aux heures de pointe, des discussions sont en cours entre le ministre d’État, Pierre Dartout, et la France, à propos de la construction de bâtiments sociaux sur le territoire français financés par Monaco. Enfin, concernant l’évolution du personnel médical du CHPG, des discussions sont en cours depuis six mois entre la direction de l’hôpital et le syndicat des praticiens hospitaliers. « Des propositions ont été faites de part et d’autre, a révélé Didier Gamerdinger. J’ai indiqué au président du syndicat des praticiens hospitaliers que le chronomètre n’était pas arrêté, et que des crédits étaient disponibles. Comme vous avez voté des crédits, les mesures qui seront décidées rétroagiront au 1er janvier 2021. » Mais, au-delà du vote de crédits, d’autres problèmes subsistent, notamment la pénurie de soignants. Dans un tel contexte, le volontarisme et l’ouverture de postes pourraient ne pas suffire à répondre à l’incertitude qui plane sur la capacité à pourvoir rapidement ces emplois.

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